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C'est
une chronique un peu particulière que nous publions cette
fois-ci puisque l'écrivain qui en fait l'objet vient de
nous quitter ! Vladimir Volkoff est mort il y a quelques semaines
à l'âge de 72 ans. Voilà donc une raison
supplémentaire pour écrire ces lignes, qui seront
en forme d'hommage. |
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Vladimir
Volkoff est un auteur que beaucoup d'entre nous ont lu et qui
a pu nous marquer par bien des livres. Il était avant
tout un maître du roman d'espionnage mais aussi un écrivain
aux préoccupations théologiques et fier de son
" antisoviétisme ". Né à Paris
en 1932, il est le fils d'émigrés russes et l'arrière-petit-neveu
du compositeur Tchaïkovsky. Docteur en philosophie, il était
polyvalent : traducteur, romancier, dramaturge, poète,
essayiste et biographe. Il est l'auteur de plus de quarante titres.
Beaucoup
de ses romans ont été remarqués par le grand
public et les critiques mais son livre central a probablement
été le roman d'espionnage "Le retournement"
qui lui a fait occupé une place particulièrement
importante dans des années 80, période au début
de laquelle on le qualifia souvent d'homme "allergique à
tous les conforts de la mode". Ce roman raconte une histoire
d'espionnage où s'affrontent services de renseignement
américains, français et soviétiques à
travers la vie d'un agent soviétique qui passe du côté
de l'Occident et rejoint l'église orthodoxe. Dédié
à Graham Greene, un de ses maîtres, ce roman a été
traduit en douze langues ! Pour ce livre, il fut vivement critiqué,
qualifié de " fasciste " et de " réac
". Mais il ne baissa jamais la garde en grand admirateur
d'Alexandre Soljenitsyne, clamant son attachement son antisoviétique,
mais aussi à la monarchie par exemple. Il affirmait d'ailleurs
que le communisme était pour lui "une épidémie
mentale", "le mensonge par excellence". |
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Passé
ce livre clef et outre les romans d'espionnage, il excelle aussi
dans la rédaction d'ouvrages plus politiques. Par exemple,
il est l'auteur de plusieurs livres sur le thème de la
désinformation : "La désinformation : arme
de guerre", "Désinformation : flagrant délit"
ou bien "Petite Histoire de la désinformation".
Pour lui, la désinformation est devenue "une façon
de vivre" : "il ne semble pas que le monde ait jamais
connu un politiquement correct aussi omniprésent, aussi
insidieux, aussi triomphant que le nôtre", disait-il
par exemple, marquant son opposition aux monde moderne. C'est
dans cet esprit qu'il écrivit son "Manuel du politiquement
correct" en 2001 ou bien encore "Pourquoi je suis moyennement
démocrate" et "Pourquoi je sera plutôt
aristocrate" plus récemment. De même, il a
pu écrire sur l'insécurité des grandes métropoles
avec "Le Bouclage" en 1990. |
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C'était
donc un homme de conviction et d'action (il s'est engagé
dans l'armée française pendant la guerre d'Algérie,
où il a été officier du renseignement) mais
aussi un homme de foi puisqu'il affirmait que la foi orthodoxe
était pour lui "cardinale". Pour autant, et
malgré ses idéaux, il a toujours fait l'objet d'une
reconnaissance constante du grand public et des milieux littéraires.
Par exemple, il a reçu Le Grand prix Jean-Giono pour l'ensemble
de son oeuvre en 1995 et précédemment en 1982 le
prix du roman de l'Académie française avec "Le
montage". Il est alors encore plus marquant de voir le ministre
de la culture, organe d'un gouvernement qu'on ne peut que rejeter
avoir ces mots : avec Vladimir Volkoff, disparaît un "grand
personnage de la scène littéraire française
et internationale", auteur d'une "oeuvre considérable",
"inventif, prolixe et virtuose, Vladimir Volkoff portait
sur notre société un regard empreint d'ironie qui
faisait de chacun de ses livres un événement politico-littéraire
apprécié du public comme de la critique".
Son dernier livre devrait sortir fin 2005. Il sera intitulé
"Le tortionnaire". Alors le plus bel hommage que l'on
puisse rendre à cet homme de conviction est de le lire
et de le relire, encore et toujours, afin de faire vivre ses
lignes à jamais ! |
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