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Libres cosaques Tête rasée, barbe au vent Les cosaques Ils chevauchent dans la steppe Insouciants, riants, chantants Les cosaques Par les taillis des forêts, Hurle la horde indomptée Que jamais nul ne soumet Pourvus des fusils du Tsar, affranchis de ses lois, Poudre à canon, vodka, nagaïka, les cosaques sont rois Netchaï ! L'astre danse dans leurs yeux Les cosaques Ils rêvent au clair de lune, De rivages merveilleux Les cosaques Veille un soldat seul La nuit luit Lui veut chasser mais sommeille Le gibier passe sans bruit. Le retour du croisé D'une allure si fière, O héros inconnu, Masqué par la poussière ? Tes éperons dorés, Tes gants argentés brillent Tu es de blanc armé Mais vêtu de guenilles Qui reviens de croisade Seul désormais au vent Me donne l'estocade Seul désormais le vent Ecoute ma ballade, Le chant du Roi des Francs Qui reviens de croisade Qui marche sur la plage ? Tu vas sans écuyer N'as-tu point d'équipage ? Ton écu pend, brisé, Près d'une arme invaincue, A ton côté blessé D'une large plaie nue Je rentre en mes domaines Y pleurer mes amis Et saluer ma reine J'ai vaincu l'ennemi, Mais le cur bien en peine, Je m'en vais au pays, Je rentre en mes domaines. Thésée contre le Minotaure Tu graves ton empreinte Sur le sable du sol de l'étrange labyrinthe La chasse est ouverte Le corps en alerte, Tu cherches la bête le long des allées désertes Etreint le fil d'Ariane, fille qui tremble et qui t'aime Voûtes colossales, Au pied des colonnes, ton pas claque sur les dalles Le meuglement de rage Du monstre anthropophage Soudain ébranle les murs de marbre Tu marches avec courage Ogre, mi homme, mi taureau Tu fonds ta force et tes efforts dans un ultime corps à corps Tu ignores quel en sera le sort Ce sera sa mort ou ta mort Coup de cornes et coup de dents, coup du glaive, coule le sang L'appel des bois Jamais il n'avait vu la nuit, Totale et pure Il s'enfuit un soir sans lune L'appel des bois, Sauvage enchanteur, De son Echo ravit les curs Il court, il crie et la terreur le grise La brise l'enivre et le soulève Las, il pleure, larme éternelle et brève Dans une claire clairière, Au petit jour Le petit pousse la lourde porte Il entre, Et tombe à genoux aux pieds de la Vierge Marie D'un rayon de lumière, effleure l'enfant charmé Et, depuis cet instant, tel lutin des bosquets, Il court, il court encore. Il danse en la forêt. Calioppe La vigne vierge et l'orpin, bleus Voici qu'un voile, Calioppe, Vacille au gré de tes cheveux Casque muet, masque d'effroi Flotte la bannière secrète Qui dissimule ton émoi Glisse invisible sur le drap, Blanche arène, lice fleurie De lys et de larmes déjà Tonne, timide carillon A son timbre sourd, tu t'inclines Tu amènes ton pavillon. Faire front Contre tous les affronts Il faut dire " non " Non aux compromissions ! Jeunesse au cur de lion Fronde et insurrection : Voix d'une génération Contre tous les affronts Tiens bon Et nous vaincrons ! Résistant gaélique Et le désarroi qui règne en pays d'Irlande, Terre d'émeraude baignée de lacs et de rivières, Où un vent de désespoir souffle sur la lande Un coin du continent survit dans la misère La terreur et la mort qui planent sur cette île, Ne font pas reculer les acteurs de la guerre Des gamins en haillons, les yeux remplis de haine, Font face à des soldats dont les armes contrastent Avec les cailloux des jeunes insoumis qui traînent S'effondre un pauvre gars que la mort vient d'absoudre Soulevant les quartiers populaires catholiques La brise venue du large porte une odeur de poudre Quand tes combattants ôteront leurs noires cagoules, Puissions-nous enfin le jour de la Saint-Patrick, Lever nos bières sans plus songer au sang qui coule Lever nos bières sans plus songer au sang qui coule. Après la mort l'éternité Du temps qui reste et du temps qui passe, Aux liens que rien n'efface Tu chasses l'image d'une danse macabre Sache que s'y cache un sage message : La mort n'est qu'un passage Après la mort l'éternité ! Quand l'au-delà appelle, Quand la terre se tait, Quand notre âme immortelle Se tend vers les sommets, Attendre de partir, Entendre son soupir, Ultime renaissance Pour une autre existence Tu songes qu'à chacun son heure, Sonne la saison, approche la moisson Par la faux, la fenaison Nos horizons, nos raisons, nos passions sont balayés Montent les oraisons, de pleurs et de pardon, Fécondent nos haillons Carnis resurrectionem Vitam aeternam. De près comme de loin fils du poète Charles d'Orléans et Roi de France. Guère n'en ris. Naguère, guerre Menant ses lansquenets Ses canons outremonts Là, dessus le pont Le roi Louis s'en va en guerre, Guère n'en ris car guerre est amère Porter en Milanais Son drapel et son nom Là, dessus le pont Hérisse son pourpoint Rien ne l'épeure point. Il pique De près comme de loin. Anne, duchesse de Bretagne L'hermine a le teint blanc, Et le genou mignon Là, sous le jupon Louis épouse la duchesse Anne Doulce dame, gente compagne Nantes carillonnant A Blois, ils s'aimeront Là, sous le jupon Hérisse son pourpoint Rien ne l'épeure point. Il pique De près comme de loin. La fin des temps modernes Saturne s'apprête à tourner son sablier Le vieillard laissait entrevoir bien des chimères Mais les temps modernes ne nous font plus rêver Mégalopolis, la nuit masque ta dérive : Foyers de lumière, illusion sur ton sort, Subterfuge habile dont le matin te prive On fait le commerce de la chair et de la chance Chaque jour de nouveaux désuvrés font la manche, Dorment dans des cartons et mendient leur pitance Happés par le tourbillon du siècle qui sombre, Qu'avez-vous fait de tous ces pauvres citadins ? Sans valeur, sans racine, ils courent après leur ombre. Aurore Etendue dans l'herbe, les paupières closes, Rubis sur ta peau blanche, ta bouche immense et rouge, Attend le baiser qui t'éveillera Printemps de Castille et d'Italie, Petite fleur de Wallonie Voici la rosée du matin. |
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