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Héligoland Le bleu du grand large dans les yeux Les atlantes quittent Basiléia Leur capitale majestueuse Accompagne le chant des sirènes A la mémoire d'Héligoland Fierté du peuple de la mer Soufflent en rafale les vents du nord Les proues à tête de dragon Pourfendent l'océan déchaîné Le cap fixé sur l'horizon Inondent les colonnes d'Hercule Au grand émoi des guerriers phères Partis en route vers l'aventure Vers les riches cités achéennes Ces merveilleuses citadelles De Rhodes et du Péloponnèse Boucliers rond et casques à cornes Ils partent souper à la table De leurs dieux farouches du grand nord Fragile, citadelle sans fondations Traqué, l'homme moderne a perdu la mémoire Sur quoi tu reposes Hier pour toi tes ancêtres Ont fait de grandes choses Impossible de les renier Tu portes leur marque Ta peau n'est pas une arnaque Fils de la mémoire C'est un même sang Qui irrigue tour à tour Parents et enfants Depuis toujours, c'est le même Instinct qui nous guide Son oubli est un suicide Sur quoi tu reposes Mais à présent, c'est ton tour Il faut que tu oses Ne pas culpabiliser Pour ton visage pâle Partir en quête du Graal La joie partout Seul à prêcher dans le désert Lorsque je vois le désarroi Les autres voient un fait divers De passer pour un chieur ou un con De voir dans le regard d'autrui Comme un soupçon de dérision Ne soyons jamais satisfaits D'une vie étriquée, Incomplète D'un destin morne de prisonnier Devant la servilité Car qui veut être un homme libre Devra un jour se décider Ce monde de la consommation Réduire à un pousse-caddie L'être humain et sa condition Plutôt qu'un humble citoyen ? Est-ce que je suis un vendeur Avant même d'être un croyant Ma vie est remplie d'une passion Et je laisse à mes détracteurs Leurs complexes, leurs frustrations Moi je prends l'authentique bonheur J'oppose la profondeur A l'hypocrisie en dentelle La droiture et ses lourdeurs. Excalibur La lame plantée dans un rocher impénétrable Elle attend prisonnière l'heure de sa délivrance Figée dans sa gangue de granit jusqu'à la garde L'arrache insolemment de sa geôle de pierre Et dresse Excalibur, dure foudre invincible Ferment de l'unité du roi et de sa terre Des chevaliers perdus errent dans la forêt Ils cherchent le chemin qui les mènera au Graal Eprouvés, fatigués par leur quête éternelle Le temps d'un corps à corps, ils terrassent les spectres Tombant sous le charme de créatures enchanteresses Envoûtés par leurs innombrables sortilèges Un vieil homme sauvage dont le nom est Merlin A percé les secrets du souffle du dragon Enchante l'avenir et lit dans le destin L'ombre du vieux démiurge plane sur Brocéliande Cathédrales de chênes aux étendues immenses Menacée par les hommes et leurs égarements Qui prétendent ignorer la mémoire éternelle Ne pourront profaner le royaume des légendes Car l'esprit de Merlin enchante Brocéliande. La Commune Les Parisiens sont humiliés Par la défaite et la colère Se lit dans leurs yeux fatigués Les députés ont foutu l'camp Car pour ces courageux notables La France est toujours négociable Aujourd'hui s'est soulevé Les politiciens ont trahi Pas question de capituler Partout dans la capitale On dresse des barricades On met en batterie les canons Partout c'est l'insurrection La Patrie est leur seul bien Ils crèvent pour te rappeler L'esprit de communauté Il n'y a plus de gouvernement Mais la Commune est proclamée C'est le retour du printemps On oublie le pouvoir central On rêve de justice sociale On chante le temps des cerises Fallait faire taire la populace Saigner ces bonnes femmes hystériques Fusiller ces gueux dans leur crasse L'invasion C'est le peuple qui se dresse Versaillais Trahison ! Tu as peur pour tes richesses ! Près du cimetière du Père Lachaise N'oublie pas d'aller faire un tour Au pied du Mur des Fédérés Ont fredonné leur dernier chant Et leurs corps noyés dans le sang Ont jonché les fosses communes Depuis ce joli moi de mai La république des bâtards Est née du sang des communards. La justice Les esprits dorment la conscience tranquille Leur porte blindée est bien fermée Ils peuvent enfin se reposer On entend le cri des âmes pleureuses On entend les pas de son armée Les pas de l'armée des outragés Car je suis le maître de la fête Je suis la balance et le glaive Je suis l'armure pour les faibles N'espérez pas être protégés Son souffle viendra vous faire douter Car elle n'est pas la justice des hommes Elle les empêchera d'oublier Et tous ceux qui auront renié Porteront le fardeau du remords Justice, pour le père trahi par son fils Justice, pour la terre vendue par son maître Justice, pour le Dieu trompé par son prêtre Ce soir Et pourtant ce soir, je meurs tout seul On m'avait dit que j'étais courageux, que j'avais l'âme d'un battant Et pourtant ce soir, je meurs terrassé par une aiguille On m'avait dit que j'étais intelligent, que j'avais l'âme d'un artiste Et pourtant ce soir, je meurs la tête vide Alors peut être qu'on m'a menti, j'ai voulu croire à ces mensonges J'ai senti mon corps s'enliser et mon esprit s'évaporer En me débattant dans ce bourbier, sans même une racine pour m'agripper J'entendais là-haut gazouiller des mots comme tolérance Mais moi c'qui m'fallait c'était pas des belles phrases Mais moi c'qui m'fallait c'était pas des pleurs sur mon sort Ni une belle tape dans le dos avec un " j't'ai compris p'tit gars " J'avais besoin de choses solides et concrètes J'voulais qu'on me parle de mes racines J'voulais qu'on me dise d'où je viens et où aller Qu'on me nourrisse de valeurs saines et d'idées fortes Qui toute la journée, me présentait des ratés sous les traits de héros L'homme viril était haïssable, le jeune blanc couvert de tares On m'a éduqué dans la phobie du macho et du raciste On m'a enseigné sans relâche Ce que je ne devais pas penser Mais on a oublié de me dire qui j'étais Alors j'ai cru ce qu'on m'a dit, j'ai obéi comme un mouton Mais je me suis trouvé dans l'impasse d'une vie sans passion Pour échapper à cette voie sans issue, j'avais le choix entre la corde ou la poudre J'ai choisi la mort la plus douce, je me suis achevé à coup de seringue Mais ce soir je meurs plein de honte répandu sur le trottoir Et dire que ces belles consciences et tout l'univers de ma jeunesse M'ont offert comme destin la mort sur le bitume Et ce soir la gueule contre le trottoir Je les imagine au Fouquets Entrain de boire et de manger, c'est moi qui paye l'addition Alors souriez derrière vos caméras, paradez tels des pitres Mais vos beaux esprits n'y feront rien, ce soir je meurs Allez-y, bavez dans vos micros, accompagnez de vos chants de sirènes L'accouchement sanglant d'une société de mort. Sébastien Et tu vivais en banlieue Dans ces endroits que l'on dit tristes Là-bas, loin des ministères Et tu aimais la vie Ton boulot, ta famille Rire avec tes amis Une poussière pour le pouvoir Pour les médias, pour les médiocres Jeune français sans histoires Jeunesse au cur de feu qui porte La flamme de la révolte Tu n'étais pas un casseur Mais il fallait payer Juste pour tes idées Pour ce peuple soumis Des idées pour lesquelles Tu es mort aujourd'hui Ton prénom n'évoque rien Pour le gratin médiatique Il faut s'appeler Malik Jusqu'au bout les chacals Toi qui osais défier Le nouvel ordre mondial Montmartre Quelques huttes sur un petit domaine Perdu au milieu des forêts Un chemin nous entraîne Au nord, une colline s'élance Les druides y enseignent leur croyance Face aux légions romaines Ils s'inclinent Voici venu le temps des idoles latines Par Mercure et par Saint-Denis Montmartre, colline où souffle l'esprit Tu es l'âme de Paris Qui prêche au péril de sa vie Dans les catacombes est capturé Sa tête est tranchée Aux yeux de ses bourreaux ébahis Ramassant sa tête Saint Denis S'en va debout suivi par la foule Descend la colline vers le nord et puis s'écroule De Montmartre jusqu'à Saint-Denis Les rares fils des Celtes et des Latins Ne croient plus en rien Les peuples qui se sont installés Au pied de la montagne sacrée Sont fidèles aux versets du Coran La lune sur le Sacré-Cur forme un croissant Le vin Gaulois Le vieux vin gaulois Chêne, feu, rouge soleil Tan, tan, glaive clair Flots de sang vermeil Mieux vaut vin gaulois ! C'est le sang gaulois ! Sang et vin gaulois ! Glaive, honneur à toi ! C'est le glaive roi ! Comme l'arc en ciel ! |
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