La première
écoute de vos différents morceaux révèle
un album chanté entièrement en français,
contrairement au précédent. Voulez-vous affirmer
par là vos racines françaises et vous démarquer
définitivement des influences anglophones qui ont pu vous
toucher ?
Déjà à l'époque
de l'enregistrement de l'album "À travers le temps",
on n'avait cessé de composer des titres en anglais. On
a tout de même voulu enregistrer ces morceaux anglais qui
avait marqué nos débuts. On a même traduit
la chanson "I don't need", figurant sur la démo,
pour qu'elle devienne "Non Merci". Ce qui est clair,
c'est que l'on a maintenant choisi de chanter dans la langue
de nos ancêtres. |
Parmi
les différents thèmes que vous abordez dans vos
chansons, la menace américaine, autant politique que culturelle
est très présente. Politiquement, vous la résumez
par la formule qui fait votre titre "Pax Americana",
qu'y a t-il plus précisément derrière cette
notion ?
La Pax Americana est le concept qui englobe
tout les éléments permettant la réalisation
d'une "fausse paix universelle", au profit de quelques
hauts-dignitaires. Le principal aboutissement de la Pax Americana
est l'uniformisation des identités nationales, et cela
autant d'un point de vue social, culturel ou politique.
Lorsque,
dans votre chanson Américanisés, vous parlez
de l'impérialisme culturel et marchand des Etats-Unis,
on sent une forte touche de pessimisme, comme s'il était
déjà trop tard, le combat n'est-il plus possible
au Québec ?
Au
contraire, s'il était trop tard, nous ne serions pas là
pour le revendiquer. Ce côté pessimiste est là
pour réveiller ceux qui se sont "ramolis" au
fil des années, croyant que le peuple québécois
n'est plus menacé. C'est une formule qui a souvent été
utilisée face à l'impérialisme britannique.
A la différence du premier album,
on sent une certaine présence de Dieu et de la Religion
dans vos chansons (L'Ordre tragique, Rock contre l'impérialisme...),
avez vous (re)trouvé la Foi ?
Je ne crois pas que nous ayons
trouvé ou retrouvé la foi. Nous n'avons jamais
caché nos croyances religieuses, que ce soit dans la démo
ou le premier album. On peut se référer aux chansons
"1534" et "1608". Disons qu'elles étaient
peut être abordées différemment. Il serait
peut être intéressant de mentionner qu'à
l'époque de la conquête (1759-1763), après
la défaite de nos armées, les élites retournèrent
en France. Il ne resta que le clergé, qui fut beaucoup
pour la sauvegarde de notre identité et de notre culture,
dans un territoire passé au mains des Britanniques. |
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Dans le
Péril Vert, vous abordez la question de la destruction
de l'écosystème par l'Homme, il y a t-il selon
vous la place pour un écologisme national face à
celui cosmopolite et décadent ?
Nous croyons que chaque personne
se souciant de ses intérêts nationaux se doit d'être,
en quelques sortes, "écologiste". On
ne se bat pas pour une terre, sans se soucier de son état. Le combat contre le péril vert ne doit pas
rester qu'au niveau national ; certains problèmes peuvent
toucher plusieurs nations, voire d'importants territoire. |
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Tout au
long de vos chansons se manifeste l'importance que vous attachez
au passé de votre Patrie (L'Insurrection) mais
aussi à celui de la France (Un bon exemple), quels
sont pour vous les liens qui unissent nos deux pays ?
Nous pouvons tout d'abord mentionner
l'histoire (donc, tout ce qu'elle comporte), qui est la même
jusqu'à l'époque du peuplement en terre d'Amérique,
ainsi que notre langue, la langue française.
Je
crois d'ailleurs savoir que vous avez fait une série de
concerts en France dernièrement, comment cela s'est-il
organisé ?
Nous avons effectivent fait 2 concerts en France
(un à Paris et l'autre dans le Nord) et un en Belgique
(Brugge). Notre premier concert, à Paris, a été
annulé la veille, mais grâce à des gens dévoués,
il a eu lieu à un autre endroit accueillant plus de 150
personnes. L'ambiance fut très excellente et très
chaleureuse. Le second eut lieu dans un petit
bar au nord de la France. Malgré l'arrêt forcée
à la mi-temps, par faute de bruit pour les voisins, on
a pu terminer sans problèmes. Ce fut un autre bon souvenir
en compagnie des gens venu au concert et de nos copains nous
accompagnant pour les concerts. Le dernier eut
lieu à Brugges où des gens de partout en France,
Belgique, Hollande et Allemagne se sont déplacés
pour venir nous voire. Le pub était rempli et s'est très
bien déroulé, sans aucun inconvénient. Nous remercions tous ceux qui ont fait en sorte que
les concerts aient lieu et tous ceux qui sont venu nous voir,
parfois même aux trois concerts. |
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Deux symboles
sont très présents dans la mise en page de votre
album : un écusson avec un homme armé d'un fusil
en son centre et le drapeau Vert, Blanc, Rouge, quelles en sont
les significations historiques ?
L'homme armé
représente les "patriotes" de 1837-1837 qui
se sont levé, dans un contexte social et national, contre
le pouvoir instauré (l'empire britannique). Il reste encore
aujourd'hui, un symbole de résistance pour beaucoup de
Québécois. Le vert-blanc-rouge représente
le drapeau que ces "patriotes" arboraient un peu avant
et pendant leurs insurrections. Une seule fut remportée,
mais le tout se résolu en échec. Pour ce qui est
de notre logo, nous avons placé l'homme armé sur
la croix banche sur fond bleu (représentant le drapeau
québécois, sans ses quatre lys). |
L'album
sorti, la tournée faite, que peut-on attendre maintenant
des Trouble Makers ?
Nous commencerons à
travailler sur de nouveaux titres, dans le but d'en arriver à
peut être faire un troisième album. Nous sortirons
possiblement un deuxième t-shirt et participerons peut
être à quelques compilations dont une saveure indépendantiste
québécoise, avec des groupes de diverses tendances.
Le mot de la fin ?
Nous adressons un salut
fraternel à tous nos amis et tous les gens que nous avons
rencontré en Europe. Un grand merci à tous ceux
qui nous supportent et surtout à notre ami le Coq Gaulois
pour cet entretien avec le groupe. |
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