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"Abandonnons
l'Afrique, tournons-nous vers l'Occident" Aujourd'hui la France se taraude de tout, son histoire, son modèle, son avenir. Dans ces pérégrinations intellectuelles que nul ne veut prendre réellement à bras le corps, nos clercs sont justes bons à jouer les demi habiles pascaliens. On n'éprouve plus les faits, ni les motivations, on condamne au nom de la morale auto-flagélatrice et on s'érige censeur, la rétrospective aidant. C'est comme cela qu'on fait vaciller un pays, en s'attaquant à ses mythes fondateurs et en créant des illusions destructrices sous couvert de vérités salvatrices. L'une de ces illusions est celle qui veut que la France soit coupable de la misère de l'Afrique et quelle doit rembourser. Il convient alors de juger à l'aune des faits la réalité de l'histoire africaine de la France, son rôle aujourd'hui et comment rendre à la France un rôle internationale car conformément à son " génie " dirait Jaurès la France est condamné à la grandeur, aux grands desseins. Nation des idées elle ne peut vivre pleinement sans horizon. La première idée destructrice est que la France aurait pillée ses colonies. Propagée par les chevelus de 68 et autres révolutionnaires de la place des Vosges, cette idée que Bruckner exprimait comme les sanglots de l'homme blanc se heurte malheureusement aux faits. Il convient, à cette étape du raisonnement, de rappeler les raisons de la colonisation. Fille des Lumières elle voulait amener le règne de la raison et de la prospérité, nullement une domination économique sinon comment Jules Ferry père de l'école républicaine, Léon Blum ami du peuple et des humbles ou Victor Hugo qui croquait sous sa plume les nantis qui faisaient travailler les enfants ainsi que ceux qui étaient à ces yeux les exploiteurs de la classe ouvrière, y auraient souscris. Le rêve de la colonisation fut d'envoyer vers d'autres cieux des gens humbles pour qu'ils créent par la science et le progrès une dynamique de bien être pour eux et pour les populations locales. Certes il y avait également des motifs strictement matériels et c'est normal car qui veut de l'altruisme dans la raison d'Etat commence Saint Dominique et finit Savonarole. Ici l'Occident des faits doit être séparé de ses idées. On voulait que les colonies soient source de matières premières et de débouchés. La réalité fut autre, seule 9% des exportations européennes étaient à destination des colonies, et il apparaît que l'occident ne dépendaient de ses colonies que pour certains produits : caoutchouc, cuivre, phosphates naturels (Paul Bairoch : Mythes et paradoxes de l'histoire économique), alors qu'avant la première guerre mondiale 100% de l'énergie consommée dans les pays développés venait des pays développés tous comme 80% des matières textiles et 98% des minerais métalliques. Dans le même temps la France lègue aux Etats africains un personnel administratifs qu'elle a formé et des infrastructures considérables : 2 000 dispensaires, 600 maternités, 40 hôpitaux, 18 000 kilomètres de voies ferrées, 215 000 de pistes principales, 50 000 kilomètres de route bitumées, 63 ports, 196 aérodromes, 16 000 écoles primaires et 350 collèges et lycées. Certes seuls 15% des élèves étaient scolarisés mais vu le nombre il nous aurait été difficile surtout avec nos affaires intérieures et militaires de concilier budgétairement tous ces impératifs. Et puis 15% d'une population d'environ 50 millions de personnes ce n'est pas rien. On le voit la France a donné et elle continue a donner, Jean-Paul Gérouvitch estimait en 1997 que la France dépensait pour l'Afrique environ 700 francs par an et par habitants (L'Afrique, le Fric, la France). Soyons clairs, je ne défends pas la colonisation, pour moi, elle fut désastreuse pour les colonies, excédent démographique, destruction des élites traditionnelles, mais encore plus pour nous car nous avons envoyé mourir par dizaines de milliers les meilleurs des nôtres pour ces pays et nous n'avons même pas su rendre hommage à ces hommes en écrivant leur histoire, pas plus que nous avons rendu justice aux chrétiens du Tonkin, aux harkis que beaucoup d'écrivent encore comme des profiteurs eux qui étaient pour beaucoup des commerçants et des petits artisans et aux pieds-noirs que certains décrivent encore aujourd'hui comme des esclavagistes arriérés alors qu'ils avaient des résultats aux examens nationaux supérieurs à la France métropolitaine et qu'ils ont donné deux prix Nobel à la France. Je veux juste montrer que la France n'est coupable de rien et que si elle n'a pas réalisé ces objectifs altruistes ce n'est pas faute de moyen ou de détermination. La France à prie le risque d'une cause, d'un combat et comme tout combat, d'une ambiguïté. Il en va de même quand on dit que la France ne chercha pas à connaître la culture de l'Afrique et des autres colonies. A vrai dire c'est à cette époque que nous avons le mieux cerné la culture de l'Afrique car nous la reconnaissions. En effet des hommes comme le maréchal Lyautey ont reconnu à l'Afrique une culture singulière, une emprise sur le réel, c'est tout de même flatteur par rapport à aujourd'hui. En effet nos anthropologues du CNRS (qu'on appelle au passage petits blancs) considèrent pour beaucoup les africains comme des européens pauvres à la peau noire. Et c'est la que le raisonnement devient vicieux. La stigmatisation de la France voit renaître, pour cause de culpabilité, des réflexes paternalistes dont l'Afrique elle-même n'a pas besoin. Cela nous amène à la situation actuelle. La France est aujourd'hui le plus gros donateur en Afrique après les Etats-Unis : plus des deux tiers de son aide humanitaire lui son consacré. De plus elle garantit la stabilité monétaire des quinze pays utilisant le franc CFA. Enfin la France à 14700 hommes prépositionnés dans cinq bases à travers le continent ainsi qu'une présence navale permanente dans le golfe de Guinée. On le voit la France veille encore sur l'Afrique. Mais l'Afrique en a-t-elle besoin ? Le continent jouit d'environ 6% de croissance par an, les investissements chinois et américains se multiplient. Il ne faut pas oublier que les autorités américaines entendent tirer du golfe de Guinée 25% de leurs ressources pétrolières d'ici quinze ans. Alors que faire pour que la France retrouve sa place et que l'Afrique en trouve une. En ce qui concerne l'Afrique l'aider à développer une zone économique de libre échange parait indispensable ne serait ce que pour éviter la déferlante migratoire et préparer l'Afrique aux défis environnementaux qu'elle va devoir affronter, la protection de sa forêt et la désertification. Réformer les mesures d'aides s'impose également. Au delà de leurs modalités, il convient surtout d'en définir la contre partie. En effet le don n'est jamais désintéressé, surtout pas en politique où le don implique le plus souvent une mise sous tutelle. La meilleure condition à l'aide serait un contrôle drastique des naissances. L'aide devra être proportionnée au caractère radical et effectif des réformes. Il est primordial pour l'Afrique de contrôler sa démographie rapidement, ne serait ce que pour limiter certaines de conséquences les plus dramatiques de l'inertie démographique. De plus il serait plus opportun de définir avec les grands groupes français une nouvelle stratégie économique avec l'Afrique. Mais pour rendre à la France sa place, il faut aller plus loin et rompre le cordon pour redéfinir la politique international de la France. A mon sens cette politique doit se réorienter en trois axes : premièrement redéfinir une véritable politique européenne, développer une alliance stratégique avec l'Amérique Latine, enfin inscrire sa politique dans un cadre occidentale. Redéfinir la politique européenne implique de prendre conscience des réalités, l'Europe jouit d'aires géopolitiques tournés vers l'atlantique, la méditerrané, la Russie, l'espace danubien et qui gravitent autour de l'espace noyau que constituent la France, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie et le Bénélux. Le rôle de la France est d'être le moteur avec l'Allemagne d'un équilibre entre ces différentes orientations. Cela impose des structures souples et réactives loin des administrateurs pontifiants qui traînent dans les couloirs de Bruxelles. Le deuxième axe relève d'une double prise de conscience. La force d'une nation se juge à sa jeunesse et à la protection quelle accorde à sa langue. Or, la sénescence nous guette. Il convient de donner une nouvelle impulsion à une politique sinon nataliste du moins de la famille. Détaxation des biens de puériculture, des structures d'entreprises à destination des familles (crèches d'entreprises), système d'incitation économique par revenus de transfert, mesures assurant l'emploi et la protection salariale des femmes Mais cela suffira t'il ? Il nous faudra faire appel à l'immigration. Laquelle ? L'Afrique au risque de tourner une partie de nos compatriotes vers l'extrême alors que nous nous doutons bien des raisons profondes de l'échec de cette intégration pour laquelle nous avons déjà dépensé 38 milliards d'euros. Pourquoi les italiens qui ont connu la haine meurtrière de ceux qui les appelés métèques, et les portugais qui aujourd'hui vivent encore dans les loges d'immeubles sont ils si bien intégrés ? C'est avant tous un problème culturel. Certaines cultures sont miscibles et d'autres non. Cela n'inclut en rien un rapport de supériorité mais un rapport de différence. Exemple : comment une République, qui ne peut intégrer que des individus, intègre t'elle des personnes dont c'est la culture de raisonner en terme de communauté ? Elle ne peut pas par refus d'intégration qui peut être aggravé dans notre cas par une non application du système républicain (conclusions qui ressort du dernier rapport de la Cour des comptes de l'aveu même de son président M. Philippe Séguin). Alors que l'Amérique Latine a énormément de points communs civilisationnels avec nous et une histoire d'affection avec la France qui même si elle est oublié ici ne l'ai pas la bas. Parlez de Claude Gay ou de Antoine de Tournens aux chiliens, demandez dans toutes l'Amérique centrale et Latine si le français est un gringo et vous verrez à la fois cette affection et ce sentiment de non prise en compte dont semble souffrir une partie de l'élite de ces pays. Cela nous permettrait si nous savons bien gérer les affaires de régler de multiples problèmes, démographie, francophonie, débouchés économiques, uvre de grandeur à la dimension de la France. Enfin, une inscription dans un cadre occidental implique de déterminer quelle sont les pays les plus proches de nous culturellement (cf : Philippe Nemo Qu'est ce que l'occident ?) afin de nous allier, voir de nous confédérer car la pseudo règle qui veut que les entités de plus de trois cent millions de personnes pourront survivre à la mondialisation semble aujourd'hui caduque. Il est vrai que mettre des nations aussi différentes que la Russie, le Japon, les Etats-Unis, l'Australie et d'autres d'accord ne sera pas une mince affaire (mais n'est ce pas une uvre à la mesure de la France) mais face aux grands ensembles qui se dessinent l'Europe apparaîtra vite comme une proie plutôt que comme un adversaire. Après tous si l'Afrique s'organise économiquement elle recouvrira près de un milliard d'êtres humains, l'Inde les a, la Chine également, le reste de l'Asie les aura. Pourquoi devrions rester en dehors de la course se qui nous conduirait à long terme à disparaître au lieu de prendre à bras le corps un projet ambitieux qui nous donnerait un horizon, ce que le morne présent ne saurait nous offrir ? Agathon |