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Censure
à peine voilée de la presse indépendante
au pays de Voltaire Deux publications de la presse indépendante se retrouvent surtaxées, pénalisées pour délit d'opinions subversives. La rétention d'information à ce sujet sera le prélude à un élargissement progressif de la censure voilée à l'ensemble de la presse dite alternative, indépendante des grands groupes de presse qui sont sous contrôle des multinationales. Cette attaque en règle initiée par la commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP) est expéditive. Frappées aux finances, " Pratiques de santé " et " Nexus " accusent le coup. Alexandre Imbert, responsable de la rédaction " Pratique de santé " s'insurge: " Nous venons en effet de recevoir un courrier de la Commission Paritaire des Publications et Agences de Presse - CPPAP - nous indiquant que nous ne bénéficions plus des avantages fiscaux et postaux qui sont habituellement accordés à l'ensemble de la presse française. Ce simple courrier administratif peut paraître anodin, mais il signifie, en fait, que nos frais postaux sont désormais multipliés par deux, au moins, et que la TVA affectée à votre abonnement passe de 2,10 % à 19,6 % ! Sans entrer dans les détails, cela nous coûtera environ 1 million d'euros par an " A la tête du comité de rédaction " Pratique de santé ", le docteur Jean-Pierre Willem est cofondateur de médecin sans frontière, fondateur de médecins aux pieds nus, président de la Faculté libre de Médecine Naturelle (FLMNE) et de l'Association Biologique Internationale (ABI). Il est indéniablement un très grand expert des remèdes naturels dont l'efficacité empirique a fait ses preuves pendant des millénaires chez les peuples indigènes de tous les continents. Efficacité qui n'est pas démentie par les industriels de la pharmacopée qui reprennent à leur compte les savoirs de l'ethno-médecine transmis oralement par les autochtones. Même réaction de David Dennery, directeur du journal Nexus : " Le 19 juillet dernier, nous apprenions le refus de l'administration de permettre à Nexus de continuer à bénéficier du taux de TVA à 2,10 %, comme c'est le cas de l'ensemble de la presse d'information. Après avoir accusé le coup porté aux finances de la revue, nous préférons y voir l'opportunité de nous libérer de toute tutelle, fusse-t-elle institutionnelle, et de continuer à jouer notre rôle de poil à gratter les dogmatiques. Malheureusement, cette liberté de vous offrir une information rare, parfois dérangeante, a un prix : celui de la hausse de TVA à 19,6 % occasionnée. " Un recours gracieux à cette décision de refus au vu de la forme et du fond du contenu de la publication " Nexus " est resté vain. Tout juste la publication a-t-elle reçu en octobre un courrier de rejet confirmant le premier refus dans les mêmes termes sans même que le CPPAP ait pris connaissance des motifs explicatifs constitués par la publication. Sylvie Simon, journaliste
médicale, commente dans " Votre santé "
: " en somme pour avoir droit à la commission paritaire
toute publication doit présenter un caractère d'intérêt
général. Mais quels sont les critères qui
permettent de définir cet intérêt pour des
censeurs qui n'ont aucune compétence scientifique ou médicale
? Comment la science pourrait-elle progresser si elle se limite
à ses acquis " incontestables " ? La presse
n'est-elle pas là pour informer objectivement et représenter
un contre pouvoir ? Doit-elle toujours abonder dans le sens autorisé
par les pouvoirs politiques et financiers ? Comment peut-il y
avoir débat d'idées si les opinions divergentes
n'ont plus le droit de s'exprimer ? Quant aux journaux qui sont
les porte-paroles de l'industrie pharmaceutique, certains ne
contenant que des publicités rédactionnelles, eux
ont droit aux faveurs administratives. Le paradoxe dans cette
affaire, c'est que le site officiel du CPPAP assure que "
la collectivité publique contribue à la liberté
d'expression en accordant un régime économique
spécifique à la presse ". En fait, sous couvert
de liberté d'expression, la commission est un organe administratif
qui agit sous tutelle du pouvoir politique et non pas une institution
indépendante. Le fonctionnement de la commission administrative
est régi par les dispositions de l'article 2 du décret
n° 97-1065 modifié du 20 novembre 1997. Nonobstant
que les journalistes ne sont pas représentés à
cette commission, Il en ressort que siègent à la
commission dix représentants de la haute administration
centrale et dix représentants des éditeurs de presse.
Dès lors le lobbying des multinationales de l'entreprise
s'exerce aisément. " Le journaliste scientifique
se doit donc, s'il veut être accessible sur un marché
très concurrentiel, d'être conforme à la
pensée officielle. Attaché à la liberté
d'expression, Nexus se voit obliger de répercuter sur
son prix de vente la hausse de la TVA au risque de ne plus être
compétitif avec les grands groupes de presse " rappelle
le directeur de " Nexus ". Il faut se rendre à
l'évidence, l'institution d'une telle commission suscite
faveurs et privilèges source d'abus. A quelle compromission
soumet-on ainsi les médias en les contraignant à
s'attirer les bonnes grasses de cette commission administrative
?
Eric Simon Paru dans
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