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Le
vote des étrangers : un cadeau fait aux extrêmes
! Il apparaît de bon ton aujourd'hui de se déclarer en faveur du vote des étrangers. Néanmoins devant la sage opposition de l'opinion, on peut s'interroger sur cette course à échalote que se livre l'UMP autant que le PS, monté d'un cran après le referendum "opéra bouffe" de Saint-Denis. Sur ce referendum quelques précisions s'imposent. D'une part il n'a connu qu'une participation de 30%, présentée comme un grand progrès car sur les listes spéciales dévolues aux étrangers pour la circonstance, elle atteindrait 70%. Une attitude radicale (au sens d'Alain) nous pousse au constat que cela embaume l'esbroufe. En effet imagine t'on un referendum censé donné un avantage à une minorité ne pas recevoir l'assentiment desdites minorités. D'autre part cette décision émane d'une mairie socialo-communiste ce qui en l'espèce est loin d'être innocent. Cela nous amène au sujet principal, les conséquences qu'une telle décision aurait sur l'avenir de notre pays. La tradition philosophique occidentale à toujours lié le vote est la citoyenneté, celle-ci est étant présenté comme l'honneur de participer à la direction des affaires publiques. Cela n'empêchait absolument pas les étrangers d'avoir des droits considérables dès l'antiquité (posséder, agir en justice...) alors qu'en terre d'Islam le statut de dhimmitude faisait que ces droits étaient proscrits aux non musulmans, ce qui perdure dans certains systèmes de droits par exemple le droit pakistanais où le seule fait pour un non musulman d'être accusé de certains délits par un musulman entraîne de facto une condamnation. Renoncer à ce fil conducteur équivaut à faire disparaître la notion de citoyen, et d'autant plus celle de nation. En effet l'accession à la citoyenneté équivaut à entrer dans la communauté des citoyens. Ce citoyen, optimales cicéronien est dans la tradition française construite autour de la nation, un être tourné vers le bien commun autant que faire ce peut (d'où la nécessité de l'éduquer). Il doit être dégagé de ce qui l'inverse de la nation, ethnie, la tribu (Cf. sur ce point Régis Debray, La République expliquée à ma fille). Or donner le droit de vote à des étrangers non encore assimilés et ayant dû le prouver par une démarche volontaire adhésion aux valeurs et à l'héritage culturel du pays d'accueil équivaut à ethnicisé le débat, a dressé les hommes les uns contre les autres par un système d'identification moi-peau, bien connu des sociologues. Pour voir ce donnerait concrètement une telle réforme nous nous fonderons à titre d'exemple sur ce qu'il est arrivé à Rotterdam. Aux élections municipales du 7 mars où pour la première fois les étrangers non communautaire résident au Pays-Bas depuis plus de cinq ans avaient le droit de vote. Les leçons du scrutin sont claires. Les partisans du processus pérorent sur l'augmentation de la participation, passant de 55% en 2002 à 58% cette année, la participation des étrangers a augmenté de moins de 40% en 2002 à 49% cette année. Mais cette participation apparaît au contraire comme le plus mauvais signe. En effet les quartiers à majorité blanche sont représentés par le Leefbaar Rotterdam (le parti du dirigeant assassiné Pim Fortuyn) et les arrondissements à majorité étrangère sont représenté par le PvdA (parti social-démocrate). C'est un vote d'opposition ethnique entre groupes sociaux sous les auspices d'un clientélisme larvé. Il n'y a aucune raison de douter que les même causes présentes dans les deux pays entraîneront les mêmes effets. C'est aux élus de prendre leurs responsabilités, de choisir entre les cimes et l'abyme.
Agathon |