Les chemins de l'évasion

Force est de constater que nombre d'entre nous vivons désormais dans des villes, attirés par les possibilités d'emploi. Nous sommes donc contraints et forcés de subir diverses nuisances urbaines : des maux comme la pollution, la sur-concentration d'individus de toutes origines dans des zones bétonnées, l'insécurité qui en découle, les embouteillages automobiles, le stress, nous poussent à chercher un peu d'évasion, pour s'octroyer une pause et pouvoir respirer à pleins poumons.

Partir à l'aventure, exalter tous nos sens, incite le groupe de rock "In Memoriam", dans une des chansons du dernier album.
Le retour même temporaire à la nature satisfait le besoin légitime de ressourcement, l'envie d'espace et de changement, notamment lorsqu'on l'associe à une activité physique. C'est ce que j'ai expérimenté, dans un contexte spirituel, lors d'un raid à pied, dans les Causses (Cévennes).
J'ai eu cette occasion inoubliable de vivre une semaine, hors des sentiers battus et de toutes les tentations souvent imposées par une société matérialiste et ultra-conformiste.

Oubliez votre téléphone mobile, votre montre, vos cigarettes et tout autre objet superflu pour partir le bagage (et l'esprit) le moins encombré possible. Sans le confort bourgeois, sans tous ces artifices qui nous emprisonnent, le "paraître" n'a plus d'importance, et vous laissez place à des rapports plus authentiques avec vos compagnons de route, en communion avec la nature.
Avec prés de 25 kilomètres parcourus quotidiennement, les participant surnommés "goums"* entreprennent de dépasser leurs propres limites, d'autant que deux simples collations par jour à base de riz, de lait, et du fruit des cueillettes suffiront à vous faire marcher parfois seul, parfois en groupe (une quinzaine maximum), en se fiant à l'aiguille de sa boussole. Soyez persuadé que le repos nocturne à la belle étoile est alors forcément récupérateur.
Une nourriture moins terrestre : celle de textes religieux (catholique) nous rassasie durant les sept jours, nous invitant à répondre à l'appel d'en haut.

Surprendre la nature au lever du soleil, humer les senteurs de la lande, se laisser bercer par les chants des oiseaux sont à chaque fois des instants savoureux. Ceci ne devrait pas faire de vous un écolo tendance hippie, mais vous initiera à la contemplation et au respect de ces sites semi-sauvages, dans des endroits reculés du continent.

Il n'est point besoin d'avoir un long passé de boy-scout, encore moins d'être masochiste, pour accepter les conditions très "simples" et rustiques du périple, duquel tout identitaire en quête du "vrai" sortira ému. Déconnecté de ses habitudes citadines, baigné dans un environnement naturel riche, cette expérience que l'on peut définir comme extrême, marque effectivement les caractères mais aussi les pieds.et vous apprend aussi l'humilité et le goût de l'effort.
Bon voyage !

* goums signifie tribu libre (d'origine moyen-orientale). plus d'informations sur le site http://www.goums.org


Thierry Landelin