Être et durer


Pour les mélomanes et les T.A.P, c'est un refrain sympathique. Pour les militants du MNJ, c'était la thématique de leur camp école annuel, qui s'est tenu à la mi-juillet dans les forêts franc-comtoise.

Derrière ces deux verbes coordonnés se cachent beaucoup d'efforts. Aux efforts de la connaissance, de la conscience et de l'identité doivent répondre sans cesse ceux de la volonté, du sacrifice et de la discipline.

Savoir qui l'on est contient déjà une première difficulté. Faire l'effort d'accéder à la connaissance, traverser la jungle des idées mortifères, débiles et utopiques, s'extraire sans dégâts des parcours sinueux, grotesques et pervers de l'Education nationale constitue le premier obstacle.

Durer est encore plus difficile, car suppose une action sur le monde. Durer ne signifie pas se préserver soi-même, encore que ce soit déjà bien ! Durer signifie créer les conditions de la pérennité de son existence en tant qu'individu, bien sûr, mais aussi en tant que membre d'une communauté vivante, charnelle, réelle, qui renvoie à un peuple, un héritage, une histoire, une culture, une langue, bref à tous les éléments constitutifs d'une civilisation originale.

Durer exige une autodiscipline sans faille. Celle qui privilégie l'action sur l'activisme, la construction sur le dénigrement, la persévérance sur la résignation, la noblesse d'âme sur la rancoeur amère.

Jamais, sans doute, dans nos consciences de jeunes européens marqués par les défis gigantesques de notre monde moderne, la lecture du monde qui s'offre à nous n'aura été aussi simple entre les ennemis de l'Europe, ses amis et ses alliés potentiels.

Pourtant, jamais il n'aura été aussi ingrat de militer, avouons-le sans détours, dans cette société de la consommation et du spectacle où, souvent, des hommes que l'on croyait de notre camp nous ont déçus et où la douce et criminelle indifférence de la majorité de nos compatriotes nous rend dingues.

Mais durer, c'est aussi être dur. Dur pour soi, dur pour les siens, dur pour l'ennemi. C'est cette dureté qui est la cohérence de notre combat, la légitimité de nos paroles et le guide de nos actions.

Au risque de choquer le lecteur par ce qu'il prendra pour de la prétention, je déclare que le camp MNJ a été à l'image de cette dureté. Parce que les éléments - particulièrement peu cléments il est vrai - et les deux journées de terrain ont montré que la formation doctrinale qui a suivi n'avait de sens qui pour ceux qui s'étaient fait violence, en serrant les coudes et les dents, pour y arriver.

Et pour y arriver, nul besoin d'être un athlète, un scout ou un militaire confirmés ! Ce que l'on demande à chacun, c'est juste de faire à cette occasion un peu plus que ce qu'il a en lui. Plus est en nous, disaient les Macédoniens !

Cette année, plusieurs de nos camarades, à Paris comme en province, se sont fait durement harceler par des allogènes déchaînés. Le temps n'est plus aux conférences, aux jérémiades, aux déchirements. Le temps ne sera jamais aux facilités de l'activisme, de la caricature ou du repli. Il faut des militants intelligents et durs, qui savent qui ils sont et qui peuvent durer.

Le nom de promo du camp école fut Charles Quint. Hommage à la Franche Comté, bien sûr, mais aussi rappel du dernier porteur de l'image impériale européenne.

A nous de durer au moins autant que cette image pour l'illustrer aujourd'hui et la porter demain face aux ennemis de l'Europe !



Philippe SCHLEITER
Directeur national du MNJ
www.mnjeunesse.com