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Abandon
On
a beaucoup parlé ces derniers mois de l'inquiétant
exode des "cerveaux" ou des "élites"
(l'utilisation de ces termes par les médias égalisateurs
étant d'ailleurs assez surprenante...) fuyant les rigueurs
du système fiscal français. L'invraisemblable émoi
provoqué par l'annonce de la vraie-fausse installation
de notre gloire national (chaque époque a les héroïnes
qu'elle mérite...), la plantureuse Laetitia Casta, à
Londres est notamment venu souligner (même si c'est de
façon caricaturale et un peu grotesque... on a presque
vu l'instant où, près à tout pour éviter
son départ pour la perfide Albion, les smicards allaient
se cotiser et payer les impôts de la belle, espérant
peut-être ainsi conserver des chances de la croiser au
camping de la Tranche-sur-mer lors de leurs prochaines vacances)
l'importance du phénomène et l'inquiétude
qu'il a fait naître, en partie à juste titre, dans
la population. Cette augmentation exponentielle
des départs de cadres et de haut-diplômés,
qui se poursuit maintenant depuis plusieurs années, met
en lumière bien évidemment l'échec du système
fiscal français et son poids intolérable sur l'économie
nationale mais, me semble-t-il, il est également révélateur
(ce qui a été moins souvent souligné) d'un
autre phénomène tout aussi important et fondamental
: la disparition et la désagrégation quasi-totale
de la conscience collective ainsi que des liens de solidarité
sociale et d'entraide et de soutien communautaire dans notre
société. En effet, s'il est incontestable que les
proportions prises par les taxes et les impôts sont aujourd'hui
invraisemblables et totalement émasculantes pour l'entreprise
et l'initiative privée, comment juger ces (plus ou moins)
jeunes gens qui, malgré tout, restent des ultras-privilégiés
et qui, pour gagner encore un peu plus ou obtenir leurs "stock-options"
dans de meilleures conditions, fuient leur patrie et abandonnent
leurs concitoyens modestes ou miséreux qui eux n'ont pas
d'alternative et doivent continuer à vivre de leur petit
salaire emputé par l'ogre fiscal dans leurs quartiers
livrés aux bandes ethniques et à l'insécurité
? En plus, si les "élites", comme
les rats, quittent le navire, ce sont encore les classes moyennes
et populaires qui vont être davantage pénalisées
afin de compenser le manque à gagner pour le système
! Il est évidemment nécessaire de
dénoncer et de combattre avec force et détermination
une organisation administrative et fiscale surdimensionnée
et métastasique, mais il faut également condamner
avec vigueur tous ces petits capitalistes assoiffés de
revenus et de privilèges, voulant toujours grappiller
un peu plus ("En Angleterre je pourrais me payer une mercédès
cabriolet alors qu'en France je suis obligé de rouler
en coupé ford... quelle horreur !"), dont les motivations
sont exclusivement et dramatiquement égoïstes et
égocentriques. Face à une situation étouffante
et préoccupante et une indispensable et vitale réforme
à accomplir, ils préfèrent s'enfuir à
l'étranger et laisser les lampistes et les sans-grades
se débrouiller... tout en ne manquant pas, une fois réfugiés
dans leurs bureaux de la City, de donner de grandes leçons
ainsi que de nombreux conseils... C'est le syndrome gaulliste
!
Xavier Eman |