Album "Idrovolante - Hydravion" 2006 (11 titres)

Traductions issues du livret de l'album.

 

Ricardo III (Richard III)

Bienvenus amis et frères
Bienvenus à notre rallye
Bienvenus à cette soirée privée
Visages souriants
Je vous vois contents
Je vous vois soulagés
Mais celles-ci sont des petits jeux de portiers
Oui en effet !
Sortons-les les casse-couilles habituels
Tous ces gens distingués (et même pas d'ailleurs)
Parce que ce soir c'est une fête pour nous
Ils veulent peut-être nous foutre la honte ?
Ont-ils quelque chose encore à nous expliquer ?
A la porte !
Il sera mieux de garder ces gens dehors
Parce qu'ici on respire un air différent
Un air déformé
Parce que c'est maintenant qu'on est seul
Sans les maîtres de vie
Avec les fausses expériences de faux bohémiens
Ou les fausses âmes pures
Les faux vieux sages et les faux conseillers
Non !
Nous, nous sommes vrais !
Vrais et nus
Débarrassons-nous de ces regards de durs
De ces regards perçants
Et assez de ces corps athlétiques
Ce soir nous sommes vrais
Vrais et nus
Sans ces os blindés
Ce soir seulement des âmes nues
Ecorchées
Ames suantes et dansantes
Finalement libres
De nos corps véritables
De ces corps luisants et tranchants comme des couteaux
Mortels comme des armes
Pourtant simplement des illusions
Des sacs de chair et de boue
Enveloppes de tatouages
A la porte !
A la porte des maîtres de vie
Avec leur savoir noué autour des doigts
Avec leurs jugements toujours prêts à tomber
Nous ne voulons pas les voir
Parce qu'ils sont déprimants
Ils sont les miroirs de ce que nous ne sommes pas
Les âmes droites que nous n'avons pas
Alors dansons
Regardons nos âmes nues et dansons
Nous sommes boiteux, cassés
Certains sont pliés à moitié, d'autres ne sont rien que des yeux
Nous sommes sourds, aveugles, muets
Voilà comme on est vraiment
Finalement on arrive à se voir
On se voit mais on s'en fout !
Dansons et n'ayons pas honte
Dansons libres et dansons légers
Voilà des âmes d'êtres humains
Dansons et foutons nous-en
Et peut-être ce soir
Nos corps réels
Nos corps idéaux
Nos corps banals
On les brûlera !

La legge (La loi)

Je n'avais pas compris
Je ne l'avais pas vu
Et pourtant ce secret n'était pas caché du tout
A la lumière du soleil, dans la lumière du soleil
Il était peut-être dans la mer
Ou peut-être caché dans le granit
Et j'ai du porter tellement de poids
Sans jamais me rendre compte que
Au contraire la raison était si légère
Et combien de sueur, combien de larmes
Chaque fois que j'ai échoué
Chaque fois que mon ombre dans le miroir me criait
Debout ! tu n'as pas fini !
Les règles sont faites en fer
La loi c'est de souffrir et la souffrance c'est la vie
La vie c'est l'effort de la volonté, la vie c'est l'effort de monter
Mais après tout j'étais mort
Mort fatigué de moi, fatigué de règles et de discipline
Mort dans l'obscurité, mort dans la lumière de midi
Mort assis fatigué et suant dans une voiture en regardant un panneau coloré qui me passait devant
Et j'ai entendu ma voix me parler du dedans
Pendant que j'étais éteint
J'ai entendu ma voix me dire
Ceci n'est que ton œil qui regarde
Et tout était plat sans matière
Ma voix m'a parlé clairement
Ceci n'est que ton œil qui regarde
Après toute cette violence
Après ces cauchemars de discipline
Mais alors la lumière qui me libérait était la lumière divine
Qui m'aurait secoué
Sans mots vides
Mon, même le vide me parle !
Même la plus petite connerie
Oublie l'aube !
Tout me parle, tout crie
C'est toi qui es libre
Tout crie et j'ai envie de rire
Parce qu'il me semble impossible
Que ce n'ait été que ça
Voilà la loi, il n'y a pas de loi.

Idrovolante (Hydravion)

Malgré le brouillard et vos opinions
J'ai allumé mes moteurs et j'ai largué mes amarrages
Toute la lagune à l'air de bouger
Mais je traîne encore
Ce poids est peut-être trop grand
J'y parviendrais peut-être mais je n'y crois pas encore
Il y a peut-être trop de poids sur mes ailes
Mes moteurs sont peut-être trop faibles
Je dois accélérer
Les hélices rugissent et se vissent dans l'air comme tous mes rêves
En dessous de moi je sens le vent, le vent et l'écume
Toute cette structure vibre
Je décolle
L'eau et la boue ne ma ralentissent plus
Ni les émotions ni les sentiments
Dans mon hydravion !
Et vous autres, vous pouvez tous rester les pieds au sol
Car je vous voie là-bas, avec vos petits drapeaux
" Il ne suit pas non plan de vol "
Je m'en fous de mon plan de vol
Et même si mes deux flotteurs sont encore mouillés
Des gouttes de peur et du sel des larmes
Je suis déjà loin
Et je regarde en avant
Hydravion.

Come mai (Pourquoi donc)

Quel beau monde de merde que vous vous êtes construits
Combien de compliments vous méritez
Donc te voilà assis les mains dans les cheveux
Et tu te demandes pourquoi même ceux que tu aimais tellement
Sont prêts à te trahir
Pourquoi même ici au centre de la ville malgré ton salaire
Celle-ci n'est plus la vie qu'on t'avait promis
Et les besoins et les droits qu'ils t'avaient concédés
Il ne reste que des cafards qui ne partiront jamais
Parce que la saleté d'où ils viennent s'est incrustée dans ta vie
Et regarde ton monde comme il perd et comme il se traîne
Avec tous ces capitaines d'un navire qui coule déjà
Voilà vos âmes dans l'enfer des pitres
Encore à chercher des ruses et des excuses
Vous vous demanderez pourquoi pourquoi pourquoi
C'est parce que vous avez renoncé à défendre le futur
De ce qui vous avez été donné
Et c'est pour ça que vos enfants ne vous respectent pas
Ils ne connaissent pas le respect
Ils n'ont rien à apprendre
Toujours contents et prêts à tout
A cinq heures du matin bourrés de pilules, junk food et cocaïne
Voilà vos jeunes qui devaient vous sauver
Ils sont allés s'éclater avec la voiture de papa
Voilà vos jeunes à qui vous aviez appris
Les valeurs de la paix et les erreurs du passé
Voilà vos jeunes démocratiques et sincères
Rendus imbéciles par les jeux vidéo
Les joujoux et les téléphones portables
Vous vous demanderez pourquoi pourquoi pourquoi
Pourquoi vos jeunes, votre seule espérance
Vous répètent les slogans de vous autres couillons des années soixante
Les clowns de Indymedia, les nouveaux révolutionnaires
Bla-black-Block les pacifistes de tout genre
C'est toujours la faute aux USA pour les nouveaux partisans
Mais après tout voilà leurs ennemis: une cannette et un hamburger
Et alors regarde comme ils pleurnichent à l'arrivée des flics
Gratte un peu tu verras que c'est eux les vrais Yankees
C'est eux qui sont les résultats du désastre nucléaire
C'est eux qui sont les vrais fils de cette paix sale et fausse
Avec la gueule de Guevara et leurs drapeaux arc-en-ciel
C'est eux qui sont les vrais fils du rêve américain
Vous vous demanderez pourquoi pourquoi pourquoi
Et en même temps en dehors de l'Europe
Comme les zombies de Romero
Voilà les masses sans travail et sans argent
De tous les continents que vous avez pillés
Bourrés de mensonges et de conneries et ensuite abandonnés
Les masses appauvries par les astuces
De ceux qui ont fait des règles du marché leur justice
Eux ils ne jouent certainement pas avec les vidéo-téléphones
Ils n'ont certainement pas de draps propres et parfumés
Ils n'ont pas maman qui lui prépare le café chaque matin
Avec son petit croissant et ses petites pantoufles
Avec papa anti-raciste qui promène son chien pendant qu'il se sert tranquillement des prostituées nigériennes
Plus de temps pour les enlèvements en Sardaigne et en Calabre
Plus de films des années soixante-dix avec des bandits et des fausses blondes
Ils ne parlent pas trop
Et même si la Ligue du Nord pense qu'elle est forte
Ces gens n'ont que leurs dents et ils vous les enfoncent dans les fesses
Vous vous demanderez pourquoi pourquoi pourquoi
Vous vous demanderez pourquoi mais nous ne vous répondrons pas
Venez-nous chercher, nous ne serons pas là
Voilà la fin de votre monde équitable
Et si cela était le bien, alors oui nous sommes le mal
Et si on parle de courage, c'est parce que nous nous sommes préparés
En combattant pour rien dans les rues et les stades
Dans un monde de ruine destiné à être ruiné
En mettant le feu aux barricades quand les blindés arrivent
Donc te voilà assis les mains dans les cheveux
Sans argent, sans histoire, sans enfants, sans terre
Il n'y a pas de point de retour dans ta malédiction
Il n'y a aucune connection, aucune solution
Cette fois-ci il n'y a pas de fin, pas d'arrivée des anglais,
Il n'y aura pas de bombe atomique à jeter aux japonais
C'est la fin de ton monde, mais nous n'y serons pas
Et ta triste et fausse histoire nous ne la verrons pas.

Lingua che non parlo (La langue que je ne parle pas)

C'est inutile que je fasse semblant
Je ne parle pas ta langue
Je ne la parle pas et je ne veux pas la parler
Ta langue me rend malade
Pourquoi devrais-je avoir honte
Si ta langue me fait peur
Pourquoi devrais-je l'apprendre
Si elle va contre ma propre nature
Ne me parle pas dans la langue que je ne parle pas
C'est la langue des faux regards
Je la connais parce que je l'ai parlée
C'est la langue des rencontres dans les toilettes
En fin de soirée
C'est la langue de la trahison
Qui se parle quand la lumière est basse
Petits signaux et fausses émotions
C'est une langue que je n'aime pas du tout
Ne me parle pas dans la langue que je ne connais pas
Je ne veux pas être avec toi dans ces salles
En jouant le jeu que tu joues
Je choisis par moi-même les danses qui me plaisent
Et je ne vends pas mon cœur juste pour tirer un coup
Et ne me parle pas dans la langue que je ne parle pas.

Libera (Libre)

Parce que tu es libre
Tu es belle parce que tu es pure
Et tu es pure parce que tu es belle
Tu bouges parce que tu vis
Et tu vis parce que tu bouges
Tu souris parce que je te veux
Et je te veux parce que tu souris
Tu es à moi parce que tu es libre
Et tu es libre parce ce que tu es à moi
Tu es pure parce que tu es vraie
Tu es belle parce que tu me vois
Et tu es libre parce que je te le jure
Tu es pure parce que tu es vivante
Et tu es vivante parce que tu bouges
Je t'aime parce que tu m'aimes
Et tu m'aimes parce que je t'aime
Tu me cherches parce que je te cherche
Et je te cherche parce que tu me cherches
Tu me touches parce je te touche
Je te touches parce tu me touches
Et je te regarde parce que tu me regardes
Et tu me regardes parce que je te regarde
Mes épaules touchent tes épaules
Tes épaules touchent mes épaules
Mes jambes ouvrent tes jambes
Et tes jambes ouvrent mes jambes
Parce que tu es vraie
Parce que tu me vois
Parce que tu te le jures
Parce que tu me crois.

Mediterraneo (Méditerranée)

Quand comme maintenant c'est l'été
Que le trafic est bouillant
Que la fumée des automobiles vibre et vole sur les moteurs
Je me demande
Les vieilles femmes dans la rue portent leurs cabas
Il n'y a presque personne, la chaleur tombe sur l'asphalte et sur la peau
Quand la lumière est si forte que tout semble plat et immobile
Et les gens qui passent ressemblent aux murs
Méditerranée
Et le Tibre est si bas que je ne le vois presque pas
Mais c'est alors que je sais qu'il est beaucoup plus proche de moi
Que la Tamise ou le Rhin
Les gens sur ses rivages ont la peau dure et n'ont peur de personne
Tu as peut-être raison, ceux-ci sont mes gens
Mais que tu le veuilles ou non, la méditerranée nous appartient.

Lampeggiante (Clignotant)

Voyez-vous cette lumière dans le ciel
Voyez-vous comme elle clignote dans le ciel
Certains d'entre nous ont choisi la voie de la motocyclette
D'autres le rude et risqué chemin du fantassin
Mais certains, comme moi, par choix solitaire
Ont quitté la lagune en hydravion
Oui je l'admets, j'ai connu des atterrissages en urgence
Il est tout aussi vrai que parfois mes coups n'atteignent pas la cible
Mais du ciel je peux vous dire ce qu'il y a devant vous
Et parfois je peux vous avertir de ce qui vous poursuit
J'ai volé mes instruments de bord à l'ennemi
Mais j'ai peint notre symbole sur les ailes
Et avec mon moteur je chante une chanson qui dit : je m'en fous !
Et parfois vous ne me voyez pas mais moi je vous vois
Voyez-vous ma lumière dans le ciel
Voyez-vous comment je vous salue du ciel.

Scacco matto (Echec et mat)

La vérité c'est que personne ne peut dire qu'à la fin on sera sauvés
Pas du tout
Combien de taureaux dans l'arène ont pensé qu'ils auraient pu s'en sortit
Convaincus
Au moins pendant quelques minutes
Mais deux-zero puis trois-sero, quatre-sero, cinq-zero, six, sept
Et puis on ne récupère plus
Richard III était convaincu qu'avec un cheval…
Un cheval vite ! on verra ensuite
Pour l'instant l'important, c'est de rester en vie, on verra ensuite
Mais désormais trop de sang dans le sable
L'énergie est faite comme cela, c'est un liquide, il suffit de faire un trou
Pointes, piques, obstacles de tous les côtés
Notre propre volonté ne suffit pas, il faut compter aussi sur celle des autres
Un taureau noir dans l'arène, le souffle commence à manquer, poudre, calcaire
Parce que le verbe est harceler
Ils serrent de près
Ceux qui l'ont subi le connaissent
Le rythme des sabots tout autour
Les blessures augmentent
Il semblait possible
Maintenant jamais plus
Echec en deux tours, facilement
Puis encore échec en deux tours facilement
Je ne m'y attendais pas
Ils ne semblaient pas si proches, si nombreux, si tranchants
Combien d'insectes, combien d'animaux chassés
Juste un instant pensaient pouvoir survivre, encore une ouverture, une voie ouverte
Combien de renards poursuivis par tous ces chiens
Combien de sangliers
Le troisième canard, le troisième soldat
Mais comment ! on se croyait déjà hors de danger
C'est pour ça qu'il n'est pas évident qu'on réussisse à s'en sortir
Mais en tout cas, il n'y a aucune dignité dans l'immobilité.

La canzone del mercenario (La chanson du mercenaire)

Je suis mort au Katanga, je venais de Lucera
J'avais quarante ans et un casier judiciaire
On dit que je me suis engagé chez les mercenaires
Seulement pour le butin et l'argent
Mais maintenant que je suis mort, regardez dans mon sac
Il n'y a qu'une bouteille vide et un paquet de tabac
C'est inutile que vous cherchiez de l'argent dans mon sac à dos
J'ai tout dépensé dans le whisky et les putes
J'aimais une femme congolaise
Mais je l'ai perdue en jouant aux dés avec Jimmy l'Irlandais
Si j'étais resté à Lucera
J'aurais une grosse femme, des enfants et un bide
Des dettes et une fiat 600
Un crédit, une télé, un salon et un double menton
Mais j'ai choisi de voyager dans le monde entier
Et maintenant me voilà en train de crever au Congo
Vive ma mort et la jeunesse
J'ai sauvé des moines et des nonnes du feu des rebelles
Mais le pape s'en fout si ma peau brûle
Si ma peau brûle dans ce taudis
Les Nations-Unies s'en foutent car je suis mercenaire
Les feux s'éteignent, la nuit tombe
Adieu vertes collines, adieu fille de joie
Adieu douces filles aux fleurs dans les cheveux
Jeunes femmes sans nom, rencontrées dans les bordels
J'ai fait un drapeau de sa guêpière
Portez-là à mes amis qui vieillissent à Lucera.

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