Album "Crociato - Croisé" 2000 (9 titres)

Traductions issues du livret et réalisées par Jack Marchal

 

Rosso Denso (Rouge Dense)

Il est tard déjà
J'ai bu du vin
Rouge
Dense dans mon verre
Qui sait comment il colore la paroi de mon estomac
Et j'ai mangé de la viande
Rouge
Et mon assiette était pleine de sang
Et l'air était plein de fumée
Maintenant que je me déshabille
Ma peau est encore jeune
Quelques poils blonds sur mes épaules
Je sais que ce ne sera pas ainsi pour toujours
Je le sais
Ma peau ne sera pas toujours jeune
Ma chair ne sera pas toujours jeune
Mais mon sang sera dense dans mon verre.


Orlando Furioso (Orlando Furieux)

Cette forêt ne finira-t-elle jamais
Cette douleur ne finira-t-elle jamais
Cette souffrance ne finira-t-elle jamais
Cette fureur ne finira-t-elle jamais
Elle est obscure et impénétrable sur ma tête
Elle est froide dans mon cœur
Et toutes mes maudites armes
Me font trébucher et tomber
Me voici encore avec le visage à terre
Et mon armure couverte de boue
Mais si je pouvais vraiment blesser ces arbres
Je serais un roi de sang
Et je m'en fiche des buissons et des épines
Et pendant que je cours, on ne voit pas
Les larmes que je verse dans mon casque
Vu de dehors, il a l'air cruel
Et je voudrais être vu
Mais mon drapeau vous fait peur
Et je voudrais donner mon amour
Mais dans mes mains je ne tiens qu'une lame
Et je voudrais qu'on m'écoute
Mais mon olifant ne sonne que la guerre
Je veux me dépouiller de cette ferraille
Je veux sentir les éclats dans mon cœur
Je veux m'arracher cette côte de mailles
Je veux passer le mur de la douleur
Je veux une croix.


La forza tranquilla (La Force Tranquille)

Chaque fois que j'ai perdu mon contrôle
J'ai brisé mes mains, j'ai été arrêté
J'ai détruit des choses auxquelles je tenais
J'ai dis des méchancetés que je pensais pas
Je ne veux plus de portes qui ne ferment plus
Je ne veux plus casser mes os et percer mes veines
Je ne veux plus hurler et je ne veux plus me saouler
Et je ne veux plus que ces gens me fassent enrager
Ces merdeux avec leurs visages faux
Avec leurs histoires sans valeur
Qui ne font que se complimenter
L'un l'autre de leur existence
Pour leur peur travestie en science
Pour leur faiblesse
Déguisés en homme, déguisés en femmes avec leurs jugements sans appel
Je veux la force tranquille
Mais ma rage ne fait mal qu'à moi-même
Elle leur donne raison et leur donne l'excuse
Elle leur donne l'arme du nombre et des langues coupantes
Et elle me marque du signe qui dénonce les violents
Et elle brûle dans ma poitrine une croix de feu
Qui écrase mon esprit et me vole le respect

Qui me court dans le ventre et me coupe le souffle
Qui me gonfle les tempes jusqu'à me faire crier
Je veux la force tranquille
Je veux creuser une tranchée entre moi et ma rage
Je veux le front serein même devant la menace
Je veux viser à la gorge et maintenir la distance
Je veux le temps précieux d'un pas de danse
Je veux le dos droit et la pose légère
Je veux la main ferme et la lame tranchante
Je veux que mon calme soit plein de joie et d'espérance
Et que ma fierté n'ait pas l'air d'arrogance
Je veux la force tranquille.


Crociato (Croisé)

Aujourd'hui, j'ai vaincu à l'ouest
Et sur ma main gauche, j'ai encore le parfum des femmes
Et sur mon ventre
La moiteur des humeurs et du sperme
Aujourd'hui, j'ai vaincu au nord
Et mes cheveux sentent encore l'encens
Et j'ai tenu l'aube entre mes doigts
En haut de la montagne
Aujourd'hui, j'ai vaincu à l'est
Et ma lame est agile et tranchante
Et ma main droite
Est encore couverte de sang
Aujourd'hui, j'ai vaincu au sud
Et je n'ai à mes pieds que des sujets fidèles
Et pierre après pierre
J'ai donné vie à une cité
Aujourd'hui, je suis debout devant ta croix
Et toi
Galiléen
Voici mon cœur
Aujourd'hui, je m'agenouille devant ta croix
Mais toi
Galiléen
Donne de la chaleur à mon cœur.


Sentinella (Sentinelle)

Je serai là pour te donner raison
Même quand on te dira que tu avais tort
Quand tu diras que tu avais raison
Je serai d'accord
Je serai d'accord avec ce que tu fais
Je serai d'accord avec ce que tu dis
Même quand tu ne m'entendras pas
Je serai le cauchemar de tes ennemis
Et je serai d'accord avec toi
Même quand tes nerfs craqueront
Quand tous ces braves gens
Seront prêts à te condamner
Quand ils seront prêts à t'envoyer à la potence
Quand ils maudiront tes réactions
Quand ils t'enfermeront dans une cage en papier
Je serai le miroir de tes meilleures intentions
Je serai toujours avec toi
Parce que nous voyons la même lumière
Parce que je souffre comme tu souffres
Parce que nous portons la même croix
On ne peut pas me faire taire, ceci est un enregistrement
Je serai la bande son de ton exaspération
Je serai ton marteau quand tu détruis
Je serai ton manche de pioche
Et quand tu passeras du mauvais côté
Je serai là pour te donner raison
Et je crierai toujours avec toi
Même quand tu n'auras plus de voix
Parce que je souffre comme tu souffres
Parce que nous portons la même croix.


Duomo di mettalo (Dôme de Métal)

Je ne pleure jamais
Et je ne suis pas ne train de faire le fanfaron
Je ne pleure pas et c'est tout
Et je ne m'en vante pas non plus
Même s'il est vrai que si j'avais l'habitude de pleurer, je n'en serais sûrement pas fier
Et ce n'est pas pour dire qu'il en sera toujours ainsi : un fait
Une caractéristique
Un trait
Et si je pleurais
Je l'admettrais
Les femmes m'ennuient quand elles pleurent
Et les hommes me mettent mal à l'aise
Je ne sais que dire ou que faire
Je me lève
Je vais chercher quelque chose
Ou je pose une question, en visant bien
Comme si d'un seul coup
Je pouvais concentrer leur attention
Sécher les larmes et les muqueuses
Et vider les veines
Hier soir dans ma maison
Seul
Dans ma chambre
Seul
J'ai massacré mes tympans, mes muscles, mes tendons et mes os
D'abord sur la machine à ramer
J'ai ramé comme un fou
J'ai été esprit, force, cœur
Souffle et sueur
Et les sons dans mes écouteurs étaient les plus violents que je pouvais trouver
Et les pensées dans mon crâne suant
Etaient les plus cruelles que je puisse éprouver
Puis j'ai pris le sabre
Sans même toucher les longs bâtons d'entraînement en chêne japonais
J'ai pris le sabre en acier
Et j'ai commencé les anciens mouvements
Et en faisant siffler mon esprit dans l'air
J'ai répété les formes que j'avais appris
L'une après l'autre
Et je les ai répétées
Et j'ai découpé l'air
Et je les ai répétées et j'ai découpé l'air et le monde aussi
Et autour de mon âme, j'ai construit pièce par pièce un tranchant dôme de métal
Tant pis pour vous
Et dans ma douche, j'ai gratté chaque centimètre de peau
Chaque poil, chaque pli de mon corps
Sous le savon et dans la vapeur
J'ai senti mes muscles devenir de plus en plus secs
Mes nerfs de plus en plus prêts
Chaque souffle plus profond
Et alors j'ai pleuré
Dans l'eau
Mon visage dans mes mains
Mes mains contre le mur
Il n'y a plus rien que je puisse faire pour toi.


Sul perimetro (Dans le périmètre)

Nous voici tous sur ce mur
Qui n'a ni commencement ni fin
Nous voici tous sur ce mur
Et nous regardons de l'autre côté
Même vous
Comme nous
Même nous
Comme vous
Vous aussi
Avec nous
Même toi
Si tu le veux
Nous avons tous été un peu violents
Mais nous sommes tous délicats
Nous avons tous été un peu abusifs
Mais nous sommes tous bien polis
Nous sommes tous des légionnaires
Sans ordres ni officiers
Nous sommes tous là et nous attendons
Nous avons peu de certitudes
Peu de règles à respecter
Une enseigne pour chacun
Une vie à conquérir.


Inno al sole (Hymne au Soleil)

Il n'y aura plus mille idéaux
Il n'y aura plus mille valeurs
Il n'y aura plus mille devoirs
Il n'y aura plus mille rancunes
Je n'aurai plus trois cents drapeaux
Je n'aurai plus trois cents tambours
Je n'aurai plus trois cents sacs de sable
A mettre devant trois cents murs
Je n'aurai plus deux cents compagnons
Je n'aurai plus deux cents camarades
Je n'aurai plus deux cents ennemis
A qui lancer deux cents pierres
Ce sera plus facile de laisser passer
Ce sera plus facile de pardonner
Ce sera plus facile de laisser le temps tout réparer
Ce sera plus facile d'oublier
Mais je ne perdrais jamais
Et je ne mourrai jamais
Tant que je regarderai le soleil.


Senza croci (Sans croix)

Me voici devant toi
En personne, à visage découvert
Mes mains sont vides pour une fois
Plus de cuirasse ni de bouclier de papier
Surprise ! non, je n'ai jamais tranché une tête
Et je n'ai jamais eu de jambe de bois
Je me tiens debout même sans béquilles
Et la croix n'était qu'un dessin
Là-bas, il y a mon drapeau
Comme tu vois, ce n'était qu'un torchon
Et même si je ne suis jamais enfui
Il se peut que ce n'ait pas été du courage
Me voici en chair et en os
Pourquoi ne m'as-tu pas reconnu ?
Et j'ai deux cicatrices à la jambe gauche
Et un tatouage à demi effacé
Voilà ce qu'était ma croisade
Même si on ne dirait pas maintenant
Mais l'idéal était bon quand même
Et le reste, c'est la merde de toujours
Donc je m' en fous de toi
De toutes façons, tu t'en fous.

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