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Jean
Raspail est connu par beaucoup d'entre nous pour son fameux roman
prémonitoire "Le Camp des Saints" publié
en 1973 dans lequel il chronique l'invasion par la mer de masses
venues du sud, submergeant notre pays. Mais il est aussi l'auteur
d'une vingtaine de livres et notamment de très grands
romans.
Il
serait trop long de traiter de l'ensemble des livres clefs qu'il
a pu écrire mais certains d'entre eux retiennent particulièrement
l'attention. Ainsi, "Moi, Antoine de Tounens,
roi de Patagonie" publié en 1981 est une uvre
d'une grande poésie qui célèbre l'aventure
et l'attachement à la Terre. Il raconte
l'histoire vraie d'un jeune inconnu qui un jour décida
de partir de son Périgord natal afin de s'embarquer pour
la Patagonie. Il s'en fera proclamé roi quelques années
plus tard après des combats épiques contre le Chili
et l'Argentine. Roman de destin et d'aventure,
Raspail dresse lui-même une parenté entre son livre
et celui de Saint-Loup "Le roi blanc des Patagons"
le présentant comme le nécessaire complément. Il faut l'avouer, il est assez rare de trouver des
écrivains connus affirmer l'existence de liens entre leur
oeuvre et celle de Saint-Loup, ce dernier subissant le plus souvent
un anathème qui lui ôte tout intérêt,
même uniquement littéraire, pour le grand public. |
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De la même
manière, Le Camp des Saints est un livre essentiel dans
l'uvre de Raspail.
Afin d'en comprendre
les enjeux, il suffit de lire la quatrième de couverture
d'une de ses éditions, ce texte étant suffisamment
éclairant : "Le sujet du Camp des
saints est grave. Il s'agit de rien moins que de la fin du monde
blanc, sous l'invasion des millions et des millions d'hommes
affamés, "sous-développé", qui
constituent les trois quarts de l'humanité.
Sujet grave et grand sujet, s'il en est. Sujet périlleux
pour son auteur, car il faut bien prendre parti. Jean Raspail
n'est pas homme à se dérober. Il prend parti, non
point contre ces foules de la misère qui, un beau jour,
ne peuvent résister à la tentation du " paradis
", mais contre ceux qui, dans nos sociétés,
publiquement ou en secret, consciemment ou inconsciemment, travaillent
à la décomposition, au désarmement moral
et spirituel de la civilisation.
Le Camp des Saints est de ces fictions fulgurantes qui surgissent
à l'heure pour éclairer le possible avenir." |
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Un autre
livre clef est "Les Royaumes de Borée" publié
en 2003. Il raconte l'histoire d'un jeune officier nommé
un beau jour en commandement au sein de ce qui est aujourd'hui
la Carélie, dans un bourg à la limite de forêts
où nul ne s'est jamais aventuré et d'où
nul homme n'est jamais sorti, en plein cur du royaume de
Borée. Dressé sur la forteresse qu'il a fait construire,
il surveille l'arrivée d'un hypothétique ennemi.
Un seul homme apparaît périodiquement, couleur d'écorce
et armé d'un arc. Il disparaîtra puis en reviendra
que des années plus tard face à son fils puis à
son petit-fils, toute sa descendance n'ayant de cesse de retrouver
ce mystérieux personnage. A travers cette histoire pleine
de légendes, dont la parenté avec le fameux "Désert
des Tartares" de Buzzati saute aux yeux, ce livre accuse
l'homme destructeur par les guerres, l'industrialisation, ou
les trahisons qui viennent troubler la paix de Borée,
pays mythique et inaccessible auquel aspire chacun de nous. |
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Outre les
romans, Raspail brille également dans l'exercice des nouvelles,
dont les principales sont regroupées dans "Le son
des tambours sur la neige". Quelques unes sont particulièrement
marquantes. Ainsi, dans "Les hussards de Katlinka",
décrit comment, avec un siècle et demi d'écart,
se réunissent spirituellement dans les froides contrées
de Russie les hussards de l'Armée napoléonienne
et les volontaires français de la Seconde Guerre Mondiale,
dans un même amour de leur sol et de la conquête.
Parallèlement à cette inclinaison poétique,
Raspail nous livre aussi des textes beaucoup plus politiques
où il aborde des sujets périlleux. Ainsi, traite-t-il
de l'après-colonisation et des tensions ethniques dans
"Une étrange exploration dans la forêt africaine
en l'an 2110", sur un ton volontairement léger et
à travers une histoire des plus imaginatives et des plus
piquantes. L'auteur est aussi à l'origine de textes symboliques
comme "Athaulf le Wisigoth". Il raconte l'histoire
d'une simple hache, transmise de père en fils depuis des
siècles, de génération en génération,
et qui est le modeste témoin de toute une lignée
d'hommes, d'une succession d'individus, tous du même sang
et voués au même destin : celui de le perpétuer.
Raspail nous montre alors l'importance de la mémoire de
son passé, de ses ancêtres au milieu desquels nous
ne sommes qu'un maillon d'une chaîne de vies et de destins
qui a débuté il y a des siècles et qu'il
est primordial de perpétuer malgré tous les évènements
et les obstacles. "Pour savoir qui l'on est, il faut
savoir d'où l'on vient et où l'on va
".
Grâce à la grande diversité de ses thèmes
et à leur richesse, Raspail nous fait voyager autant à
travers l'imaginaire de notre continent et laisse, à n'en
pas douter, certains lecteurs rêveurs, l'esprit lointain
mais bien présent
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Indépendamment
de ses livres, Jean Raspail se fait également remarquer
régulièrement par quelques unes de ses déclarations.
Se proclamant publiquement royaliste, il a pu affirmer dans une
entrevue accordée au Figaro Littéraire quelques
éléments intéressants : "Le royalisme
tel que je le conçois n'est pas une position politique.
C'est, au contraire, une attitude éthique, philosophique
et religieuse. Le royalisme est une idée belle et noble
qui satisfait ce que l'on a de meilleur en nous-même :
l'héroïsme, le sens du sacré et l'idéal.",
ou encore "L'idée royaliste ne sera jamais ringarde
car elle est permanente. Aujourd'hui, en France, personne n'incarne
la continuité de la nation. Je pense qu'on peut aimer
un roi, être fidèle à un roi... mais pas
à un président de la République !" |
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