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De
son vrai nom Eric Arthur Blair, George Orwell est connu de tous
pour des livres incontournables comme "1984" ou "La
ferme des animaux". Ecrivain anglais, il a pourtant mené
une existence plus mouvementée qu'on ne le croit souvent.
Ancien policier impérial aux Indes, il démissionne
et tente de vivre de son écriture. Sans succès,
il vit à Paris, clochard pendant un temps. Il en tirera
des livres sur la misère, comme "La Vache Enragée"
ou "Dans la dèche à Paris et à Londres"
en 1928 et 1934. Finalement rentré en Angleterre, il devient
instituteur puis employé de librairie.
Un fait de sa vie est par contre plus connu : son
engagement pendant la Guerre d'Espagne, dans les milices syndicales
de gauche, plus précisément dans le P.O.U.M. (Parti
Ouvrier d'Unification Marxiste), aux côtés des Républicains.
Il devra finalement fuir à cause du retournement des communistes
contre leurs alliés d'extrême-gauche et la chasse
aux anarchistes qu'ils mèneront. Il en tirera un livre
: "Hommage à la Catalogne" publié en
1938. |
Réformé
au moment de la Seconde Guerre Mondiale, il prend finalement
un poste de speaker à la BBC puis devient directeur d'un
hebdomadaire et envoyé spécial en France et en
Allemagne. C'est justement à la fin de la guerre qu'il
écrit "La ferme des animaux". L'histoire est
des plus intéressantes : un soir, M. Jones, un fermier,
rentre complètement saoul chez lui et oublie de nourrir
les animaux. Exaspérée par cette nième oubli,
la basse-cour décide de mener un putsch vis à vis
du tyran. Les cochons mènent la révolte, Jones
est chassé de sa ferme, et s'instaure une sorte de République
animalière basée sur l'égalité entre
tous les animaux. Aucun animal ne doit porter de vêtement,
dormir dans un lit, boire de l'alcool ou tuer un autre animal.
Hélas, ces beaux idéaux sont pervertis par ceux
qui les avaient énoncés : trahisons, procès
et assassinats politiques se succèdent. Chaque jour mène
davantage vers la tyrannie tant les dirigeants que sont devenus
les cochons ne pensent plus qu'à leur confort au mépris
des autres animaux. Ils finiront même par pactiser avec
les Hommes et mèneront la ferme comme Jones avant eux,
en pire.
"La Ferme des Animaux"
est une parodie de la Révolution Russe et à travers
elle, de toutes les grandes révolutions échouées.
Dans le contexte de l'après-guerre, Orwell y décrit
plus précisément, sous le couvert de la fable,
la façon dont les idées de Marx sont devenues un
prétexte au pouvoir absolu de Staline. Grandes déclarations
humanistes, élans communs des travailleurs : comme la
révolution bolchévique, la révolte des animaux
est un mouvement populaire qui part d'un vrai sentiment d'injustice
mais qui est dévoyée par la soif de pouvoir et
de domination. |
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Cet
esprit de dénonciation sera également le fil conducteur
de l'autre livre clef d'Orwell et qui constitue son chef-d'uvre
: "1984" (dont le titre est l'interversion de sa date
de rédaction : 1948). En 1984, Winston Smith travaille
au Commissariat aux Archives du Ministère de la Vérité.
Il réécrit les numéros des journaux déjà
parus pour corriger les erreurs du Parti ou de son leader, Big
Brother. Car le Parti ne se trompe jamais. Une fois l'Histoire
réécrite, il n'y a plus trace de l'erreur, car
elle n'a jamais existé. En parallèle, le Ministère
de la Paix mène depuis des années une guerre sans
fin au bout du monde tandis que le Ministère de l'Amour
torture les opposants et détruit jusqu'à la mémoire
de leur existence. L'administration met au point la Novlangue,
langue destinée à réduire le domaine de
la pensée en restreignant de plus en plus le nombre de
mots et des slogans totalitaires s'affichent sur tous les murs.
Malgré cette soumission au régime en place, Winston
réalise au fur et à mesure ce qu'est ce monde et
va finalement se retourner contre le pouvoir qu'il servait. |
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George
Orwell décrit ici la société la plus totalitaire
que l'on puisse imaginer, un véritable cauchemar. Tout
y est : négation de l'individu, personnalisation du pouvoir,
propagande, télésurveillance, lavage de cerveaux,
réécriture du passé, manipulation de la
pensée par le vocabulaire, constituant une source importante
pour certains d'entre nous dans la critique de la société
actuelle et son totalitarisme. "1984" a été
adapté au cinéma sous le même titre et a
inspiré à Terry Gilliam son fameux "Brazil".
Il mourra peu de temps après la rédaction de "1984",
en 1950, de la tuberculose.
Auteur
engagé, Orwell n'est pas seulement un écrivain
de science-fiction mais avant tout un écrivain aux satires
violentes et directement politiques. Il constitue une référence
essentielle dans la dénonciation du totalitarisme et des
idéologies dominantes.
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