Album "Apologia - Apologie" 1999 (7 titres)

Traductions réalisées par le camarade "Edgir" ! Un grand merci à lui !!!

 

APOLOGIA
(APOLOGIE)

En farfouillant dans les pages arrachées de l'histoire,
On en trouve quelques-unes qui conservent le souvenir
Des années obscurcies par une couverture de mensonges,
D'hommes trahis et debout au milieu des ruines de la honte,
D'un second serment prêté au nom de l'Honneur,
De femmes et d'enfants bombardés par les libérateurs,
D'embuscades et de guet-apens couvrant de gloire les vainqueurs
De tas d'ossements déterrés par la vantardise des fossoyeurs (1)

Refrain
Apologie, c'est ma faute si je n'ai pas oublié
Apologie, c'est ma faute si je n'ai pas déserté
Apologie, c'est ma faute si chaque jour je me suis souvenu,
Apologie, c'est ma faute si je n'ai pas renoncé !

Il y a une longue trace de sang qui nous relie à cette histoire,
Le sang d'hommes et de garçons qui ont payé le souvenir :
Des fleurs éparpillées sur le pavé de notre terre ingrate
Et le ciel déchiré par les barreaux d'une grille ;
Pleins de rêves et d'espérances mais incapables d'attendre,
Nous nous trouvâmes seuls à chevaucher un tigre
Les hurlements et les mensonges des lâches, le vent les disperse.

Si la fraternité d'armes ne fût qu'un bref printemps
Le rêve qui la soutint n'est sûrement pas une chimère ;
Et si sur les places ne brûlent plus de barricades
Je rêve encore de voir mes ennemis les mains levées ;
Il y a trop de sang et trop de morts que je ne peux oublier,
Mais durant de sombres années une lueur continua de briller ;
Et si aujourd'hui n'a guère d'analogie avec ces années
J'entends résonner à nouveau dans mille cœurs cette mélodie…

(1) Infoibatori : ceux qui mettent dans les foibe, c'est-à-dire les fosses où furent jetés des milliers d'italiens. Elles évoquent le génocide programmé des Italiens de l'Istrie, de la Dalmatie de la Vénétie Giulia ainsi que la "purification politique de la zone du Frioul qui devait devenir la 7e République fédérée de Yougoslavie, selon le dessein poursuivi non seulement par les partisans slaves de Tito mais également par les partisans italiens garibaldiens qui avaient rejoint avec armes et bagages le IXe corps slovène. Les foibe furent ouvertes immédiatement après le 8 septembre 1943. Des hordes de partisans slavo-communistes s'acharnèrent sur des hommes et des femmes sans défense. Les atrocités se poursuivirent jusqu'en 1947, ne touchant pas uniquement les fascistes ou les combattants de la RSI mais quiconque était susceptible de représenter un danger pour le projet d'annexion de cette partie de l'Italie à la Yougoslavie.


CANZONE DEGLI ANELLI
(LA CHANSON DES ANNEAUX)

Trois Anneaux pour les Rois Elfes sous le ciel qui resplendit,
Sept pour les Seigneurs Nains dans leurs demeures de pierre,
Neuf pour les Hommes Mortels destinés au trépas,
Un pour le Seigneur des Ténèbres sur son sombre trône
Dans le Pays de Mordor où s'étendent les Ombres.
Un Anneau pour les gouverner tous. Un Anneau pour les trouver,
Un Anneau pour les amener tous et dans les ténèbres les lier
Vont Frodon et Aragorn au Pays de Mordor,
Par des chemins divers combattre le Seigneur des Ténèbres ;
Si ta terre s'assombrit, tu ne dois pas avoir peur
Le salut réside dans un bras puissant et une âme pure.
Un Anneau pour les gouverner tous. Un Anneau pour les trouver,
Un Anneau pour les amener tous et dans les ténèbres les lier


VECCHI LUPI
(VIEUX LOUPS)

14 ans et j'ai commencé l'histoire
J'ai cherché déjà le sentier de la gloire,
Je voulais avoir une âme qui s'envole,
Dans la main un marteau ou un pistolet.
J'ai renoncé à tant de belles choses
En suivant des cieux nouveaux et de nouvelles étoiles,
J'ai trouvé des frères dans ces sombres années,
Nous avons formé une horde de jeunes loups.

Refrain
Les étoiles infinies scintillent,
Mille horizons qui brillent,
Les jeunes loups qui avancent
Et les chasseurs qui s'enfuient, qui s'enfuient au loin.

Nous avons flairé une odeur de lutte et de victoire
En jouant dans les prairies de l'histoire ;
Alors faisant fi de la prudence,
Nous sommes descendus dans une vallée de violence ;
Nous avons chassé les jeunes chiots de la bourgeoisie
Et nous n'avons pas eu peur de la police,
Trahis et tués en démocratie,
Nous nous sommes efforcés d'être l'aristocratie.

Les cieux de plomb s'assombrissent,
Des feux de mort qui flamboient,
Des loups égorgés et dispersés mais
Un hurlement dans la forêt, cette nuit s'entendra, encore.
Il est sale le sentier de la gloire,
Encombré par les détritus de l'histoire,
Fleuves de sang et morts raidis
Et vivants enfermés pour des années infinies ;
Ils nous ont brûlé les prairies de l'histoire,
Mais nous avons maintenu vivant le souvenir
Des luttes et d'un destin très dur,
Avons-nous été des exemples, c'est le futur qui le dira.


CHIARI NELL'AURORA
(DES CLARTÉS DANS L'AURORE)

Entre coupures de journaux et photos jaunies, il n'y a pas de place pour nos vieux ennuis,
Des flots de questions après tant d'années,
Des recoins de mon esprit pour me mettre à y repenser
Et un tapis de souvenir pour m'étendre et me reposer ;
Mais les souvenirs sont des amis durs et creux comme le tuf,
Ils ne guérissent pas le remord de qui a survécu.
Quand je ferme les yeux et que mon âme s'envole,
Je ne sais plus quel jour, quelle année nous sommes,
Et je revois ces silhouettes tracées sur la voie
Et ces douilles recueillies et comptées par la police.
Je pleure encore Diego et Enrico
Je pleure encore Diego et Enrico
Photos jaunies et coupures de journaux même après tant d'années,
Ça ne m'aide pas de vous imaginer libérés des ennuis ;
Poussière qui n'entend rien dans un tombeau gelé
Et les souvenirs n'éclairent pas mon cœur ténébreux.
Mais une vive clameur a déchiré le voile des tromperies,
Et une fraîche lumière vous illumine après tant d'années.
A présent je ferme les yeux et mon âme s'envole,
Je vous revois et je comprends que vous n'êtes jamais partis,
Vous marchez avec moi et vous me souriez comme alors ;
Une accolade avant de disparaître, clartés dans l'aurore ;
Je ne pleure plus Diego ni Enrico,
Je ne pleure plus Diego ni Enrico.


ANNI AZZURI
(LES ANNEES BLEUES)

Années grises, années de souvenirs amers. Nous ne savons pas encore qui a tué les si nombreux morts de ces années : les nôtres. Ça ne change pas grand-chose quand on sait qui les a tués. Ça ne change pas grand-chose quand on juge qui les a tués. Clémence pour les petites hyènes et les chacals en uniformes. Justice n'est toujours pas rendue à nos victimes.

Années grises, années bleues, années de plomb,
Moi je voulais simplement connaître le monde,
Années rouges de sang, blanches d'hypocrisie
Mais pour nous sans une tâche de lâcheté,
Années noires, années de lutte que je ne veux pas oublier,
Années dures et lâches qui ne doivent pas revenir,
Années tristes de fleurs écloses sur l'asphalte,
Années joyeuses d'un chant qui s'éleva haut
Des places illuminées de mille mains ouvertes,
De campements fraternels dans nos réserves
C'était un chant joyeux de froides pensées,
C'était le chant de cœurs qui n'étaient plus prisonniers
C'était un chant féroce qui s'élevait en gerbe de flammes
De canons brunis et de bouteilles lancées
Mais les chacals en uniforme et les hyènes de hier
N'étaient pas des ennemis dont on puisse être fiers.

Refrain
Années grises, années de plomb,
Lambeaux d'épitaphes
Nous nous vivions
Années grises, années bleues

Années grises, années bleues, années de plomb,
Et je n'ai pas réussi connaître le monde,
Une sale guerre née sans victoire
Mais la lutte fut belle et ne fut pas sans gloire,
Années folles de courses contre le destin,
De garçons à l'abattoir pour un nouveau matin ;
Ce matin a disparu mais il a duré suffisamment
Pour consacrer par les armes la fraternité
Pour comprendre et vouloir, apprendre et oser,
Pour détruire les chaînes et combattre le mal ;
Années candides et perdues dans les souvenirs
Etouffées dans le sang de qui ne fît pas l'histoire
Années solitaires et perdues dans de lointains cieux,
Années égales à l'éternité, peines de prison qui ne finissent jamais
Années ensevelies et perdues entre barreaux et cellules,
Années vivantes, années bleues pour des rebelles peu nombreux.


DALLA SBARRA DEGLI IMPUTATI
(DU BANC DES ACCUSÉS)

Du banc des accusés Monsieur le juge je veux parler,
Je ne lierai pas de communiqué, moi je ne me suis pas repenti ;
Je suis un homme peu loquace et je sais déjà que vous ne pourrez pas comprendre,
Mais je veux parler de toute façon et à présent vous devez m'écouter ;
Je viens de loin, de très loin, de la profondeur du temps,
Du seuil des valeurs au-delà de la frontière du mépris,
Je suis né du passé, je suis fils du sacrifice,
J'ai lutté dans le présent pour que le futur puisse encore exister.

Refrain
Mon idée, mon idée est le parfum, est la beauté,
Mon idée, mon idée est l'aube et le coucher de soleil,

Du banc des accusés, mon idée je veux lancer
C'est une dure garantie de lutte pour qui voudra l'accepter
J'ai vu l'espérance, mon cœur s'en est gonflé,
Mes veines l'ont accueilli, ma main s'en est saisie ;
Je n'ai pas eu peur à part d'échouer
Même si je n'ai pas encore l'âge de mourir,
Je n'ai jamais respecté, non ! les règles du jeu
Peu m'importe de quoi on m'accuse,
Peu m'importe si je suis ensuite condamné,
Peu m'importe ton mépris,
Ta loi et ta morale ;
J'ai lutté et lutté durant ces années,
Vous ne m'avez pas fait plier, vous ne m'avez pas brisé,
Vous ne m'avez pas fait taire, non !
Vous ne m'avez jamais acheté.

Parce que dans ma lutte il y a la haine, parce que dans ma lutte il y a le sang,
Parce que dans ma lutte il y a l'honneur, la fidélité et beaucoup d'amour ;
Oui, l'amour de ce qui a été, l'espérance pour ce qui sera,
Le mépris sacré et magnifique pour ta mesquinerie.

Entrevue Discographie Paroles

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