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Il
y a un peu plus de 35 ans, un écrivain mondialement connu
et reconnu se donnait la mort après avoir envahi le QG
de l'Armée en tentant un coup d'Etat nationaliste. Cet
auteur c'est Yukio Mishima. Quelle fut la vie de cet homme engagé,
parfaite incarnation de nobles idéaux mis en action ?
Né en 1925, Mishima est diplômé en droit.
Après s'être fait remarqué par son premier
roman publié en "Confessions d'un masque", qui
est un ouvrage autobiographique et un grand succès dans
lequel il raconte son enfance, Mishima bâtit une uvre
dense, variée et riche de valeurs essentielles.
Mishima
c'est d'abord le culte du corps, de la force et de la beauté
de celui-ci. Une part importante de ses ouvrages reflète
ce culte mais le romain probablement le plus révélateur
est "Le Soleil et l'Acier", roman dans lequel ressort
pleinement l'importance qu'il accorde à la force physique
! Culte qu'il ne se contentera pas d'énoncer mais qu'il
le mettra en pratique avec ardeur pour compenser sa faible constitution
initiale, travail par lequel à force de pratiquer la musculation
et les arts martiaux, il obtiendra dans ses dernières
années un parfait corps d'athlète. Mishima c'est
aussi l'adoration du Soleil. Toujours dans son livre "Le
Soleil et l'Acier", il précise l'importance qu'il
accorde à cet élément qu'il voit comme essentiel,
qui est celui qui tanne la peau et la fortifie, cet "observateur
tout puissant, témoin ardent de tous les évènements
terrestres". Mais Mishima c'est également l'homosexualité
qui caractérisera sa vie. Homosexualité qu'il vivra
constamment avec ambiguïté puisqu'il la revendiquera
indirectement dans ses livres mais luttera toujours contre elle
dans va vie publique, notamment en se mariant. |
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Malgré
cela, un des éléments les plus essentiels de la
vie et de l'uvre de Mishima c'est le culte de la Tradition
japonaises et de l'Empire. Il fut un grand admirateur de la tradition
japonaise classique et des vertus des samouraïs. Dans un
grand nombre de ses uvres (notamment "Le Japon
Moderne et l'Ethique Samuraï"), il a dénoncé
les excès du modernisme. Mais ses idéaux ne furent
en aucun cas confinés à son écriture puisqu'il
les mit en action et tenta de les faire aboutir au sacrifice
de sa vie. Il fonda en effet une milice personnelle, la Tate
no Kai, (littéralement "Société du
Bouclier") composée dans le but de défendre
l'esprit japonais. Avec trois de ses membres, il tentera un coup
d'Etat le 25 novembre 1970 en pénétrant dans le
QG de l'Armée de terre et en prenant un général
en otage. Le lieu était à l'époque symbolique
de l'abaissement du Japon voulu par les USA puisque c'est là
qu'avait siégé quelques années auparavant
le Tribunal militaire international de Tokyo, équivalant
du Tribunal de Nuremberg qui jugea, en 1946, comme "criminels
de guerre" les chefs militaires japonais. Il entendait protester
contre la corruption spirituelle de son pays et son inféodation
aux USA. Barricadé dans un bureau, Mishima lança
un appel aux soldats rassemblés à ses pieds. Il
les exhorta à se soulever pour changer la Constitution
pacifiste imposée par les Américains, afin de redonner
au Japon une Armée digne de ce nom et lui permettre de
retrouver sa grandeur. |
Face à
l'incompréhension et les huées des soldats, il
décida de se donner la mort selon la tradition des guerriers
japonais en réalisant un seppuku, c'est-à-dire
en s'ouvrant le ventre au couteau. Il le fit torse nu avec un
bandeau devise des samouraïs sur la tête : Shichishoh
Hohkoku ("Sers la nation durant sept existences").
Après plusieurs minutes d'efforts et d'agonie, et conformément
à sa volonté, il fut décapité d'un
coup de sabre par son compagnon de combat qui s'éventra
à son tour. Aujourd'hui, certains spécialistes
affirment : "Ce qu'il a fait peut paraître absurde
mais beaucoup de Japonais pensent qu'il avait raison et partagent
avec lui l'idée que le Japon a oublié l'esprit
de la nation" !
Grâce
à tout cela, Mishima est modèle d'action et de
pensée, un écrivain au style et aux réussites
variés. Il publia près de quarante romans pour
un total de presque cent ouvrages : essais, recueils de nouvelles,
pièces de théâtre
C'est un auteur mondialement
apprécié dont la rumeur raconte qu'il aurait refusé
le prix Nobel de littérature 1968 pour que le grand écrivain
et ami Yasunari Kawabata, qui était plus âgé,
l'obtienne. Beaucoup d'entre nous se réclament aujourd'hui
de son héritage et il constitue une source d'inspiration
importante, y compris pour certains chanteurs de musique alternative
comme l'Italien Skoll notamment
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