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Paris-Belgrade Une nation violée au coeur du monde occidental Méritait d'être soutenue par la jeunesse nationale C'est bien pour ça qu'on s'est envolé, en terre yougoslave Pendant ce temps, Paris se noie dans la spirale du mensonge L'Otan dicte sa loi, la propagande vous inonde Pendant ce temps Belgrade est la proie des bombes et des flammes Ce ne sont pas des soldats qu'ils massacrent, mais des enfants et des femmes. "US Go home !" c'est ce qu'ils scandaient sur les ponts De Belgrade à Novi Sad, le peuple serbe faisait front "NATO Go home !" c'est ce qu'ils criaient sur les ponts C'est solidaires de leurs souffrances que pour eux nous chantions. Des créatures de rêve nous font découvrir les lieux Soudain le cri des sirènes résonne au coeur de la ville Le climat s'alourdit, la peur se lit sur les regards Les yeux se lèvent vers le ciel, chargés de désespoir Belgrade résignée est plongée, noyée dans le noir Le terrorisme aveugle vient frapper des quartiers au hasard. Il est temps pour nous d'encourager à notre manière nos camarades Qu'est ce qu'on était fier de brandir devant eux le drapeau yougoslave Le soir c'est sur un pont que se poursuit notre combat musical Les avions de l'Otan entament leur triste carnaval Que vont-ils frapper cette fois une école, un hôpital? A Paris tout le monde s'en fout, c'est un dégât collatéral. Toi qui te complaisais à demeurer dans l'ignorance? Aujourd'hui, la Serbie, demain la Seine-Saint-Denis Un drapeau frappé d'un croissant flottera sur Paris. L'armée des ombres Te souviens-tu des visages de ceux qui pour nous n'avaient pas de nom, Ces vieillards aux figures pâles qui ne semblaient plus avoir leur raison? Ils n'avaient pour seul bien que le souvenir d'un bonheur lointain, Et pour seule espérance celle de mourir demain. Ils sont l'armée, l'armée, l'armée des ombres, Celle qui vit, qui gît, si près de toi, Ils sont l'armée, l'armée, l'armée des ombres, Si près de toi mais jamais tu ne la vois. Toujours un peu plus jeunes et toujours autant désemparés, Accablés par la misère, telle une armée ils hantent nos rues, Condamnés à faire la guerre au système qui les a déchus. Incapable de nourrir ses pauvres mais toujours prête à nourrir ceux des autres, {Ce sont nos frères qui crèvent la gueule ouverte dans la rue, Ce sont nos frères qui crèvent la gueule ouverte Hastings Trois léopards sur fond rouge comme étendard Telles étaient les couleurs des Normands du Bâtard, Duc de Normandie, futur roi d'Angleterre Comme leurs ancêtres venus des fjords en drakkar Toutes leurs batailles se changeaient en victoire, La plus célèbre fut Hastings, en 1066 Un grand conquérant était né HASTINGS TOMBEAU DES SAXONS HASTINGS LA MORT DES FELONS C'est sans montures qu'ils marchèrent vers leurs adversaires, Inférieurs en nombre, l'issue du combat semblait certaine Harold le félon lança ses chevaliers Et Guillaume répliqua par ses nombreux archers, La plaine d'Hastings fut noyée par le sang des Anglais Guillaume monta sur le trône, Harold fut tué L'Angleterre devint normande. Das kapital Le bloc de l'Est s'est effondré Le mur de Berlin est tombé L'oncle Sam peut enfin Commettre ses méfaits. Les politiques tous enchaînés L'esclavage moderne peut enfin se propager. L'économie se porte bien Le chômage est en régression On nous prend pour des cons. Au moins, ça remplit les cliniques L'avortement, c'est épatant Pourquoi s'faire chier pour des enfants. Les grandes multinationales Exploitent les gamins du tiers-monde Elles achètent tout ce qui peut se vendre Malthus doit se marrer dans sa tombe. Fait vraiment partout des ravages Les fonds de pension américains Gagnent peu à peu du terrain. Détiendra tous les monopoles Vos vies seront cotées à Wall Street Vous les enfants des stock-options. Qui finira par saturer Une bonne grosse guerre viendra sauver Le capitalisme en danger ! Mais licencient à tour de bras Pour satisfaire leurs actionnaires Vive le monde des affaires ! Ils détruisent notre écosystème Pour rendre le monde plus vide Pour rendre le monde plus blême Oui ce système se brisera Mais soyez assurés Que tout recommencera Que lorsque ce jour arrivera Nous serons enfin prêts Enfin nous serons là ! Résiste ! Dès ton plus jeune âge ils ont fait de toi un assisté, Ils t'ont mis dans une cage au barreaux dorés, Afin que jamais ne te vienne l'envie de t'échapper, Que jamais ne te vienne l'envie de t'évader. Pur produit du système et de la pensée unique, Le bilan de ta vie est vraiment catastrophique, Ils t'ont ôté toutes idées de libre entreprise, Ont volé ta liberté. Ils ont essayé sur toi leurs théories utopiques, Marxisme-léninisme, néocapitalisme, Et tu subis, aujourd'hui, leurs déboires politiques, Sur ton dos s'enrichissent ces gros apparatchiks. Mais ce qu'ils n'ont pas encore compris, C'est que nous ne baisserons pas les bras, Tant qu'il restera un peu de vie, Dans ce pays nous serons là, Un esprit sain dans un corps sain, Tous unis par le même destin, Et tous ensemble pour que demain Nos enfants ne se soucient de rien. De sortir de cette cage aux barreaux dorés, Afin de faire entendre ta juste colère, Le désarroi d'un peuple miné par la misère. Ils ont effacé ton nom, ont usurpé tes droits, Ils t'ont donné un matricule et promulgué des lois, Sans jamais te soucier de tes intérêts, Et du pays tout entier. Si tu aimes cette terre où tu as vu la vie, Qui tout au long des siècles ne t'a jamais trahi, Alors il est grand temps pour toi de te dresser, De préserver à tout jamais ton identité. Nos jeunes années Te souviens-tu de nos jeunes années, Celles où on passait toujours notre temps à s'éclater On ne trouvait jamais le temps de s'ennuyer Car de jour comme de nuit c'est à cent à l'heure que l'on vivait Une meute de jeunes loups dans la jungle urbaine Une bande de gamins livrés à eux-mêmes, Pour le pire et le meilleur Sans cesse en quête du bonheur Romance, violence, on aimait forcer la chance L'argent, le temps, n'avaient aucune importance Vengeance, défiance, on entrait en résistance Croyance, confiance, on vivait dans l'espérance. Aujourd'hui le temps s'est écoulé Dans nos mémoires demeure gravé notre serment d'amitié Toujours fidèles à nos valeurs à nos idées On a juste un peu changé notre manière de procéder On se souviendra toujours de ces années Qui nous ont bâtis, qui nous ont forgés Pour le pire et le meilleur On ne voulait rien voir ailleurs. Xavier Xavier s'en est allé si soudainement, Quel gâchis de se suicider quand on a 23 ans Désormais ses cendres se dispersent au gré du vent Et rien que d'y penser ça me glace, oui me glace le sang. Xavier était pour moi, plus qu'un ami Le jeune insouciant que j'étais de lui a tout appris Et si la faucheuse a emporté notre Xavier Un peu de son âme en nos coeurs reste encré Et si le sol est fait de nos morts, C'est pour qu'en le foulant on s'en souvienne encore Xavier, puisses-tu un jour me pardonner, De ne pas avoir pu te comprendre, de ne pas avoir su t'aider Xavier était un rêveur, un aventurier Un ami fidèle que jamais je n'oublierai. Quand j'entends le mot culture ! Où sont passés les écrivains qui nous faisaient rêver, Ces poètes dont les vers nous faisaient voyager ? A travers leurs mots une émotion naissait ; Eux seuls avaient le don de nous la faire partager. Ceux d'aujourd'hui ont la plume rougissante Mais leur visage est pâle, pâle comme leur âme. Où sont passés ces acteurs qui nous émerveillaient, Ceux qui avaient le talent de nous faire rire et pleurer, Qui nous donnaient envie de nous identifier Et qui d'une réplique dans nos fauteuils nous clouaient ? Ceux d'aujourd'hui ne savent plus que se pavaner à Cannes, Empocher leurs millions pour les changer en came. Y en a assez des ... et de leurs compères ! Assez des donneurs de leçons, des moralistes et des bouffons Des intellectuels de salon, destructeurs de nos traditions. Ces sculpteurs qui travaillaient si bien le bronze et l'argile? Sur leurs toiles, sur leurs tours naissaient des formes sublimes, Des visages austères comme des femmes libertines. Ceux d'aujourd'hui ne savent plus que peindre le néant. Adieu à la vertu, bienvenue aux décadents! Vivent les Baudelaire, les Ravel, Les Berlioz, les Maupassant, les Renoir et les Rembrandt Qui survivent malgré le temps ! Vivent les Céline, les Zola, Les Saint-Ex et les Degas, les Pascal et les Goya Dont on ne se lasse pas ! Vive la beauté, vive le charme ! Vive la force et vive le drame ! La vie est une symphonie Qui a tant besoin de magie Vive la joie et vive l'amour ! Vivent les émotions de toujours. La culture est une valeur sûre Qui n'laisse pas place aux impostures. 1812 Par un 26 novembre de l'année 1812, La Grande Armée franchissait un immense fleuve glacé, A sa tête se trouvait un général corse Qui n'avait pu tarir sa soif de dominer. {Harcelés par le vent, le froid et les cosaques, Il ne leur restait plus que le courage pour se battre L'armée de Bonaparte sur la Bérézina Essuya une défaite dont on se souviendra, L'armée de Bonaparte sur la Bérézina, La Grande Armée touchée au coeur jamais ne s'en relèvera. La glace sous leur poids engloutit leurs prières, L'expression des visages de tous ces malheureux Reflétait l'image de ce calvaire affreux. Accablés par la faim, la fatigue, la colère, Ces pauvres fantassins brandissaient leurs bannières. D'une armée affaiblie par l'hiver qui survint, Les canons de l'ennemi achevèrent les survivants, Qui poussaient des cris effroyables en mourant. De tous ceux qui partirent guerroyer en Russie, Beaucoup ne purent revenir, traumatisés à vie. Si tu veux y croire encore Si malgré tous leurs affronts et la répression, Tu y crois encore, Si tu penses toujours que ce qui ne te tue pas Te rend plus fort, Si en toi demeure cette volonté De ne pas baisser les bras, Si tu restes persuadé que rien Ne pourra ébranlé ta foi. Alors tout sera possible L'ennemi guette tes pas. Sache que ton look et ta gueule Te transforme en proie. Le temps des années 80 Est bien révolu. Aujourd'hui, crois-nous et fonds-toi dans la masse Pour tenir la rue. Atteindre les plus hauts sommets. Tous les moyens seront bons, Mais jamais nous ne devrons nous renier. Si par mégarde tu devais, un temps, Partir de ton côté, N'oublie pas cette chanson, Cet appel à t'engager. |
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