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Bon
alors dans quel état êtes-vous après le marathon
qu'à été la sortie de votre dernier album
? Pas trop crevés ?
Ce fut un effectivement
un petit marathon, mais on a bien récupéré
depuis, on a eu la chance de partir en vacances dans de très
belles régions française, et ça nous a fait
un bien fou.
En juillet on a repris les concerts et on a joué à
Barcelone et en septembre au Havre. Ces premiers concerts de
la rentrée ont été géniaux et très
bien organisés, du coup, on prend de plus en plus notre
pied en jouant, il y a comme un effet "boule de neige". |
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Quand
on découvre Persona non Grata, on est tout de suite marqué
par une innovation jamais vue dans le milieu RIF : un digipack
à la place du boîtier CD classique, avec une grosse
attention sur la qualité de la présentation globale.
Pourquoi avoir spécialement insisté sur la forme
cette fois ?
Justement parce qu'on
ne l'avait pas fait auparavant faute de moyens financiers. Aujourd'hui on peut se permettre de faire attention
au contenu comme au contenant et puis, c'est une marque de respect
pour notre public, on se doit de faire en sorte que chaque nouvel
album monte en puissance sur tous les plans. |
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Persona
non Grata est marqué par plusieurs fortes différences
par rapport aux autres albums, par exemple vous interprétez
deux chansons dans une langue étrangère ("La
colonne" en allemand et "I had a dream" en anglais),
pourquoi le choix de cette dimension européenne et internationale
?
Pour tout un tas de raisons.
D'abord parce qu'on y prend du plaisir (le jour où il
n'y aura plus de plaisir, il n'y aura plus de groupe), il y a
aussi le côté défi que l'on s'impose, mais
on se sent peut-être aussi plus Européen qu'avant
et l'idée de chanter dans une autre langue que sa langue
maternelle n'est pas si facile et ça nous intéressait.
En plus l'Europe aux cent drapeaux est une idée qui nous
plaît beaucoup, contrairement à l'internationalisme
que l'on abhorre, on préfère la synergie à
la dilution. Et puis tu sais, le public Européen non francophone
nous a toujours très bien reçu et chaleureusement
accueilli, alors on lui doit bien ça. |
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D'ailleurs,
quelle est l'origine de cette chanson traditionnelle allemande
?
C'est un chant de marche
que Xavier fredonnait quand il était scout randonneur,
je crois qu'il a été écrit par un chef scout
contemporain. |
Autre
différence, en plus des thèmes politiques et sociaux
primordiaux, vous abordez des thèmes plus à part
avec une réussite certaine d'ailleurs. Par exemple, vous
traitez de la question de la vieillesse et de la difficulté
de bien la vivre aujourd'hui (Au crépuscule) mais aussi
de l'amour (Rencontre), alors In Memoriam, un groupe de poètes
cachés ???
On a pas vocation a rédiger
à travers nos albums un programme politique il y a des
gens plus compétents que nous pour le faire, mais il y
a des valeurs que nous défendons fermement. Le respect
des anciens, comme la fidélité au sens large du
terme ou le sens de l'honneur sont des valeurs auxquelles nous
sommes très attachés. La dérive Jeuniste
de notre société et la multiplication des familles
monoparentales créent de sérieux troubles sociologiques.
Ne pas en parler et ne pas réagir est à terme suicidaire.
On ne se considère pas comme des Poètes ou des
artistes, ces mots ne signifient plus grand chose, on essaie
juste de faire partager des émotions et des valeurs que
l'on ressent à travers nos textes et nos musique. Tant
mieux si ça fonctionne. |
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Un
de vos morceaux (Spleen de Paris) bénéficie de
légères influences ska, que signifie pour vous
ce style de musique ? (d'ailleurs, c'est assez marrant car le
peu de fois où vos chansons sont ska, c'est pour dénoncer
sur une apparence festive des questions très graves, comme
avec "A l'aube de l'an 2000" sur votre premier album
)
C'est vrai qu'on utilise
cette musique gaie et entraînante pour parler de thèmes
ternes et maussades. C'est ce paradoxe qui nous plaît,
et le message passe mieux car il paraît moins chiant. Le
ska est pour nous une musique festive et dansante et on en a
beaucoup écouté et joué plus jeunes, mais
ça s'arrête là, une fois de temps en temps
ça ne fait pas de mal. Non ?
Dans la chanson
Mémoire vive notamment, vous utilisez le terme "Occident",
ne pensez-vous pas que ce mot soit ambigu et qu'il puisse être
perçu comme nous assimilant à des pays n'ayant
rien à voir avec l'Europe et défendant des valeurs
opposées à celles prônées par le camp
identitaire ?
L'occident est une civilisation,
la civilisation du couchant et de l'homme blanc et l'Europe en
est sa principale composantes, commencer à exclure tel
ou tel pays, telle ou telle nation parce qu'il n'a pas dans son
panier 100% des critères relève d'une science dont
seuls les apothicaires ont le secret, et nous ne sommes pas des
apothicaires. Mémoire vive parle du devoir de mémoire
de l'occident en général et du camp identitaire
en particulier. |
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Vous consacrez
une chanson entière au Péril Rouge (Rouge sang),
pensez vous que cette menace soit encore d'actualité ?
Oui
elle est toujours d'actualité, et peut-être même
plus qu'avant. Il y a eu comme une mutation chez
les gauchistes qui se regroupe en de nombreuses familles et sous
familles (les troskistes, les maoïstes, les Staliniens,
les Léninistes, les rouges et noirs, les anarchistes etc
). Ce n'est pas parce que le PCF se désagrège
que les idées du PCF et de ses siamois se désagrègent. Le succès de Laguiller et Besancenot aux dernières
élections présidentielles en sont de bons exemples. |
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La chanson
"Persona non Grata" est une critique de la ghettoïsation
et de l'exclusion que subissent les militants identitaires, ne
pensez-vous pas que les "évènements"
du 14 juillet vont avoir pour conséquence une grave accentuation
de cette répression ?
La répression post-14 juillet
est assez féroce, et on est bien placé pour s'en
rendre compte, d'autant plus que certains mouvements de type
rouges-bruns ou radicaux (qui n'avait avant cette date qu'un
très faible espace politique) ont récupéré
habilement l'affaire et ont fait de Brunerie un "martyr"
de circonstances. Par contre le reste de la "communauté"
s'en est pris plein la gueule, et elle n'avait vraiment pas besoin
de ça ! Les conséquences de cette affaire ont été
des plus fâcheuses et nous pensons que personnes à
terme n'en sortira grandi. Le fait nouveau qui en découle
est peut-être l'accentuation d'une alternative entre identitaires
"modernes" et "radicaux", on y voit un peu
plus clair.
Pour anecdote, on
se souvient que lors d'un meeting du front de la jeunesse il
y a trois ans salle des agriculteurs à Paris, un des responsable
de Réfléchir & agir de l'époque avait
mis en garde dans son discours les jeunes identitaires présent
dans l'assistance contre les mouvements ou les écoles
de "non-pensée" qui leur ouvrait grand les portes
des ANPE, des prisons ou des boites de sécu et de la voie
de garage. Cette affaire en est un bon exemple alors, avec tout
un tas d'associations communautaire représentatives, nous
avons envie de proposer une autre alternative aux jeunes, les
aider à se former, à se construire pour qu'ils
puissent maintenir leurs engagements dans la durée et
se multiplier. Nous avons perdu des milliers des nôtres
qui se sont éloignés, se sont oubliés à
cause de cette dérive inutile ou ces coup de sang sans
lendemain. Il est temps d'arrêter l'hémorragie et
d'entamer une mutation, de plus en plus de camarades y sont favorables,
c'est de bonne augure pour l'avenir. |
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Et maintenant,
après un repos bien mérité, quels sont vos
projets ? Des concerts ???
Plein de concerts pour aller à
la rencontre du public en France et à l'Etranger (à
Bordeaux, Paris, Bourges, Genève
), un nouvel album
en chantier pour ne pas perdre la main, et un album live aussi,
qu'on espère pour bientôt.
Un dernier mot
avant de se quitter ?
Ca va faire 7 ans qu'on joue et plus
le temps passe, plus on y prend du plaisir, alors un grand merci
à tout ceux qui par leur soutien ont permis, et permettent
à cette belle aventure de continuer. Longue vie au RIF
et longue vie au Coq Gaulois. |
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