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Français moyen Mais un honnête travailleur, Je vis mes joies et mes douleurs modestement, Comme tant des miens très tôt tout les matins, Je prends les transports en commun, Je prends le bus ou le métro jusqu'au boulot, Pas besoin d'intellectuels ni d'idéologie, Pour donner un sens à ma vie : Je suis un Français moyen ! Et ma grand-mère le breton, , Ont quitté leur terroir pour le béton C'est pourquoi je suis un banlieusard Mais la banlieue a une histoire, Lorsque ma mère a grandi Dans le nord de Paris, Le climat était sympa Il y avait une vie dans les quartiers, Je suis un Français moyen ! Gaulois au quotidien : Français moyen ! Non ! Je ne veux pas voir éliminé Notre seule égalité : La convivialité. Dans le désordre, divisés, mélangés Comme une espèce en voie de disparition, Il n'en est pas question ! De vedettes en maillot Menant leurs vies faciles Mais inutiles... À d'autres le déclin Le rêve américain Le vertige des drogues Des catalogues Alors, loin de l'impasse commerciale ; À contre-courant Nous menons un combat pour rester différents, Essayer l'impossible, sans cesse suivre l'étoile Donner ma jeunesse par amour Où les passions se vendent Comme la viande Nous préférons ce qui N'a jamais eu de prix Ni sur les magazines Ni en vitrine. Pourtant tu t'es heurté très tôt à un terrain hostile Tu comptais sur la liberté, tu connais aujourd'hui Le sentiment d'être exclu de ton propre pays Tu n'as aucun poids sur ton futur Tu ne trouves aucun moyen légal de t'en sortir Mais partout l'indifférence derrière les beaux sourires Impossible d'être autonome de l'ordre instauré Assisté, exploité. Il faut rompre cette fatalité ! Comme une victime, prisonnier de l'"élite" Les droits qu'ils accordent masquent le désespoir Pour toi le mépris, pour eux le pouvoir. Chacun est à son poste sur le canapé Spectateur d'une minorité qui devient difficile à supporter ! Journalistes, artistes et politiciens Se relaient à l'antenne et vous donnent la haine. Journalistes, artistes et politiciens Se relaient à l'antenne, c'est un cauchemar quotidien Tous voudraient faire croire aux travailleurs et aux chômeurs Qu'ils comprennent leurs problèmes, qu'ils rencontrent les mêmes Mais ils sont aux ordres des monopoles Et le peuple en colère n'a jamais la parole Il va s'exprimer spontanément dans un réflexe collectif Cassez vos télévisions ! Se relaient à l'antenne et vous donnent la haine De belles poupées et des bouffons intelligents Se relaient à l'antenne pour refléter le néant Les saints et les héros d'autrefois Qui se distinguaient en aidant les pauvres Ont été remplacé par des modèles plus confortables : Des idoles méprisables Vous n'en voulez pas ? Alors cassez vos télévisions Cauchemar quotidien Le rictus hypocrite, les bouclettes gominées Tout me déplaît chez ce présentateur parfumé D'origine contrôlée À force de raconter des mensonges son nez S'allonge Avez-vous remarqué son nez s'allonger ? T'iras pointer au chômage ! Remplacé par un outil qui travaille sans trêve Qui n'est jamais malade et qui ne fait pas la grève T'iras pointer au chômage ! Y'en a marre de la mécanisation ! Y'en a marre de la loi du pognon Qui finance les machines, qui vident les usines Nous plongeant dans un univers déshumanisé Au nom de la rentabilité, de l'efficacité Tu seras leur otage Un triste artisan sans ouvrage Et par l'intermédiaire d'un ordinateur Quelqu'un fixera à ta place les conditions de ton Bonheur T'iras pointer au chômage ! Entravé, désarmé, inoffensif T'iras pointer au chômage ! Archipel métallique sur la mer de Tolbiac Entend gronder les vagues de la marée humaine Ecoute les tam-tams dans la jungle urbaine Sur l'île de France Comme des épaves échouées Sur des plages de macadam Nous sommes les sauvages De l'île de France SOS indigène, besoin d'oxygène ! Nous cherchons d'autres rives Pour ancrer nos galères Nage jeune autochtone Pour sortir de la zone interdite Sur l'île de France Comme des trésors enfouis Sous des plages de macadam L'île lance un dernier message : SOS indigène, besoin d'oxygène ! Mineurs, laboureurs, marins-pêcheurs ou charretiers Aux mains calleuses et aux reins cassés. Notre unique héritage c'est leur sang de sédentaires Nous sommes les descendants d'ouvriers, de paysans Nous sommes les prolétaires héréditaires Et les champs de bataille de leur sang Toujours au premier rang, dans les tranchées Massacrés pour le sol sacré. Nous porter un message de délivrance, Nous enseigner la paix, la dignité de l'effort, La force des faibles fera notre unité. Qui nous ont légué leur sang de manants Nous sommes les descendants de paysannes et d'ouvrières Nous sommes les prolétaires héréditaires. Ton sourire médiatique passe bien à la télé. La règle du jeu t'attribue les meilleures cartes Pour nous séduire et nous induire en erreur. De chaque élection, A coup de mensonges, à coup de pognon, Tu sors vainqueur. Mais tu ne tiens jamais tes promesses Car tu ne t'intéresses qu'au fric et au pouvoir. Toi qui t'enrichis en détournant les fonds publics ? Issu de la grande bourgeoisie, Cesse un peu de jouer les prolos. Tu ne connais pas le prix du pain, Ni la couleur du ticket de métro ! Pas question de partager la responsabilité De tes basses politiques ! Les institutions servent à couvrir vos magouilles. Vous agissez dans l'ombre. La justice vous protège. Qui conçoit l'existence comme un grand carnaval, Tu es un rabat-joie, marginal et sinistre, Un rat pestiféré ; tu es un anormal ! Là où il s'enflamme, tu manques de sang-froid. Là où il se libère, tu te sens à l'étroit. Tu te tiens à l'écart des endroits où il va Oublier son honneur sans se demander pourquoi. Acharné, obstiné, face aux mêmes problèmes. Comment s'arracher au vice, à la tiédeur, Comment s'arracher pour devenir meilleur ? Et tu sais que demain sera comme aujourd'hui, Imparfait mais ouvert au pardon, à l'oubli, Même si tu es trahis par tes propres amis, Même si tu vois mourir ceux que tu as chéris. Tu verras des hommes et tu verras des porcs. Tu verras du sang et tu verras la mort. Tu verras la vieillesse s'emparer de ton corps. Et puis comme tout le monde, un jour tu vas crever. En un instant tu verras toute ta vie défiler : Le bien, le mal et le mauvais Tout ce que tu as fais sera pesé. D'une autre noblesse, Est-ce un céleste privilège qui te fait si belle, Te sacre majesté de simplicité ? S'il te plaît, couronne-moi, je serai roi de ton empire. Un ange gardien nous précèdera. Un ange gardien nous protégera de tous les dangers Ô princesse d'un royaume imaginaire. Souveraine de terres lointaines. Sans autre parure que l'éclat de ta peau Sous ta peau, J'entends battre un coeur de pauvre, Princesse accepte que je t'escorte, Et que je porte ton étendard. Je sais que tu es une princesse modeste, Une modeste princesse, Une princesse sans richesse, D'un royaume imaginaire. Dix bras tendus pour te relever... Ce geste d'amitié, c'est la solidarité. Si tu es mal à l'aise, si tu es isolé, A l'étroit dans ton rôle d'individu atomisé, Saisis ta chance : la solidarité Quand on est solidaire, on y va à la vie, à la mort, On est toujours d'accord, Car on n'a jamais tort d'être solidaire et fier. De te tourner vers les autres. Fais preuve de solidarité. A la vie, à la mort, soutiens ta famille, soutiens tes copains, Toujours en accord, toujours solidaire et fier. Comme un seul corps, communauté de destin. Solidaire et fier ! On n'arrête pas le progrès (dommage !) La lumière des néons et l'air conditionné sont mon soleil et mon atmosphère. Je suis "civilisé", uniformisé et anonyme. On n'arrête pas le progrès, dommage ! La société a évolué, mais moi j'ai pas changé depuis le fond des âges : Je suis capable du meilleur et du pire. On n'arrête pas le progrès, dommage ! Mon coeur, mon âme sont tournés vers le ciel et vers des êtres de chair, Vers d'autres coeurs, vers d'autres âmes, pas des machines. On n'arrête pas le progrès, dommage ! Mon coeur, mon âme sont tournés vers le ciel et vers des êtres de chair, |
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