Entrevue Docteur Merlin

La musique de ce bon Docteur Merlin nous berce depuis plus de 15 ans maintenant ! Nous nous devions donc de lui rendre hommage ! Il a accepté de répondre aux questions du Coq Gaulois en totale exclusivité !

Pourquoi le nom de Docteur Merlin ?

Quelques mois après la grande campagne de presse de l'été 1979 sur (contre !) la Nouvelle Droite, dans un vide politicien abyssal, nous étions nombreux à chercher nos racines, et des buts d'engagement correspondants à nos sensibilités : Refus du monde marchand, du marxisme (à l'époque triomphant !), et refus d'une droite "de conviction" ringarde, passéiste, crispée sur des époques révolues, et traditionnelle jusqu'à la caricature.
Le Groupement de Recherches et d'Etudes pour la Civilisation Curopéenne (GRECE) nous a apporté à la fois réponses, et surtout questionnement ! Dans ce grand bouillonnement d'idées, les plus novatrices, comme les plus "anciennes", dans cet appel à la communauté, face à l'individualisme, le recours à un certain Paganisme a été l'une des clefs qui ont ouvert nos esprits.
Deux films "culte" s'imposèrent alors : "La vie de Brian" de Monthy Python pour le coté décalé, iconoclaste et rigolard, et "Excalibur" de Boorman pour le coté mythique, musical, enthousiasmant ! Le personnage de Merlin, cynique et réaliste, s'est imposé à moi lorsqu'il a fallu trouver un pseudonyme ; le titre de Docteur, clin d'œil à ma profession, permettait de me distancer, de ne pas trop me prendre au sérieux.

Quelles sont la ou les sources de votre inspiration pour les paroles ?

Ces sources sont bien diverses ! L'espoir de créer un répertoire à notre vision du monde m'a d'abord conduit à un répertoire "Païen", tantôt sérieux, tantôt parodique (NDLR. Certaines de ces chansons anciennes ont été rééditées dans le CD "Mémoire").
Puis il y eut les "coups de gueule", les prises de position sur certains grands sujets, les préoccupations familiales, amicales. J'ai d'ailleurs l'impression d'avoir abordé beaucoup de choses et c'est la raison pour laquelle, aujourd'hui, j'ai tendance à mettre en musique les textes des autres !

Dans vos albums vous employez des rythmes très variés. Comment définiriez-vous votre musique ?

Lorsqu'une chanson s'impose à moi (pour l'idée à développer, pour l'émotion vis à vis d'un texte), naturellement un style de musique s'impose lui aussi. Même si certains rythmes me sont chers (Java, Jazz, etc) je n'ai pas d'à priori, et mes musiques, telle Athéna sortant toute armée du cerveau de Zeus, essayent de mettre en valeur l'idée de base.


Trois questions associées. Chantez-vous pour votre plaisir ou pour convaincre ou pour les deux ? Quel message essayez-vous de faire passer dans vos chansons ? Que représente pour vous l'engagement métapolitique ?

Si j'ai choisi la chanson pour m'exprimer c'est parce que je pense qu'une chanson sue par cœur, chantée des dizaines de fois, écoutée chez soi, entre amis, dans sa voiture, est plus "efficace" que n'importe quel discours. Mais c'est aussi, bien sûr, un moyen d'expression naturelle chez moi, et j'en éprouve beaucoup de plaisir !
Toutefois, je pense être foncièrement un militant, tantôt politique, tantôt métapolitique (tout dépend d'où et à qui l'on parle !).
N'ayant ni l'ambition, ni sans doute le talent, pour devenir professionnel, j'ai préféré m'en tenir au rôle de chanteur engagé, en espérant que mes musiques, mes refrains, puissent devenir pour certains, des mots de passe pour notre avenir Européen. J'ai eu d'ailleurs, ces derniers mois, l'occasion de chanter en Allemagne, en Italie, en Belgique, ce qui est somme toute, la reconnaissance d'une certaine utilité dans ma façon de mener le combat !

Dans un entretien avec le chanteur engagé allemand Frank Rennicke paru dans la revue Résistance N°7 de 1998 (revue du mouvement NR), l'auteur de l'interview trouve le style des chansons de Rennicke "assez proche de celui de notre barde national le Docteur Merlin". Une autre analogie m'a frappé. Rennicke insiste dans cet entretien sur le fait qu'il a 5 enfants ce qui est aussi votre cas. Il ajoute "Nous ne défendrons pas notre peuple avec des gens non nés". Qu'en pensez-vous ?
J'apprécie le talent de Frank Rennicke, avec lequel nous débutons malgré le handicap de la langue, un échange de lettres (prologue à des réalisations communes ?)
Ses déboires avec la Justice (?) de son pays m'ont scandalisé et j'envisage de traduire sa chanson "Heitmatland" en français, pour participer à la lutte pour notre liberté d'expression (NDLR. Cette chanson est également appelée "Das Heimatvertriebenen-Lied". Rennicke a eu des problèmes judiciaires à son sujet. Il s'agit d'une ballade dans laquelle le chanteur se lamente sur la colonisation de son pays).
Frank Rennicke a fait, comme moi, le choix d'une famille nombreuse. Comme moi, il sait que la dénatalité de nos peuples est une question fondamentale. Je l'ai d'ailleurs abordée dans plusieurs de mes chansons (NDLR. Exemple la chanson "Europe" où l'on peut lire "Tu es vieux continent, comme une vieille femme qui contemple ses rides en attendant la mort devant un berceau vide, refais nous des enfants ou passe ton chemin.").
Plus que des incitations individuelles, que pourrait proposer un état par exemple, c'est d'une foi en l'avenir dont notre peuple a besoin. A l'élaboration de cette foi, chacun doit apporter sa contribution, qu'il ait ou non des enfants (certains écrivains, restés sans descendance, ont sans doute apporté beaucoup à la cause nataliste !). C'est pourquoi j'espère que pour cette cause, les 6 cordes de ma guitare seront plus efficaces que le fait d'avoir 5 enfants.
Le Dr Merlin en famille.


 Parmi vos chansons quelles sont vos préférées ?

Je n'ai ni enfants, ni chansons préférées. Chaque chanson a été écrite à un moment donné pour répondre à un besoin, à une émotion. Bien sûr, certaines vieillissent mal ! D'autres ont des succès qui m'étonnent parfois. J'essaye d'abord d'émouvoir, de faire plaisir, de sensibiliser, et je dois reconnaître (toute modestie mise à part) que certaines, après plusieurs années, me sont toujours aussi chères (Louise, Pépé, etc...)


Dans le passé assez lointain vous avez enregistré plusieurs chansons dont les paroles sont de Guillaume Faye. Après une longue absence de la scène de la résistance européenne, Faye a fait un retour en force avec en particulier son livre "La colonisation de l'Europe" qui a marqué beaucoup d'esprits. Que pensez-vous de ce livre ? Pensez-vous reprendre une association avec Faye pour des paroles de chansons ?

Je rencontre régulièrement G. Faye, notamment lorsque nous sommes invités à l'étranger, et nous reprenons le cours d'une vieille amitié, reprenant quasiment certaines conversations là où nous les avions laissées. Nous ne sommes pas toujours d'accord et je m'interroge sur son positionnement, qui me paraît un peu bancal, à cheval entre la politique et la métapolitique. Il m'a promis de nouveaux textes, l'avenir dira si "l'alchimie" se reproduira !


Quels sont maintenant vos projets ?

L'éclatement du mouvement national en France a été très préjudiciable au combat culturel (livres, revues, disques) et nous sommes revenus au temps des catacombes !
Les exigences techniques que je me suis imposé dans mon dernier album, ont un coût, et je ne souhaite pas revenir en arrière ! Nous verrons si dans un avenir proche, des possibilités se font jour. J'ai dans ma musette quelques titres !


Le mot de la fin ?

Ils sont bien peu nombreux ceux qui donnent la parole à des courants musicaux marginaux. Merci donc au "Coq Gaulois" de m'accueillir sur son site. Il est réconfortant de trouver des gens qui sont à la fois "Intéressés" et "Désintéressés" !
Bien sûr, je n'ai pas vendu des dizaines de milliers d'albums, mais de nombreux témoignages m'ont prouvés que mes chansons dépassaient souvent leurs ambitions ! L'orgueil, qui est une qualité s'il n'est pas stérile, sera sans doute pour moi, de n'avoir pas été inutile.


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