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Si nous ne
sommes pas et ne serons jamais fans de Karl Zéro - bien
au contraire - il faut bien avouer que le travail qu'il a réalisé
sur Jacques Chirac avec ce documentaire est assez fort : faire
une biographie non autorisée et au vitriol d'un président
encore en exercice est, disons-le, assez courageux. Il suffit
de voir la présentation qu'en font eux-mêmes les
réalisateurs pour en comprendre l'esprit : "Un
hommage à notre plus grand acteur français. De
1967 à nos jours, Jacques Chirac est apparu tous les jours
à la télévision : des millions d'heures
de gestes d'automate, de diction saccadée, de cavalcades
fiévreuses." Réalisé uniquement
à partir d'images d'archives, ce film-documentaire est
en fait basé sur l'imitation de Chirac par Didier Gustin
qui devient la voix off du Président racontant sa vie
et sa carrière depuis son entrée au gouvernement
Pompidou en 1967 jusqu'à aujourd'hui. |
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L'idée
est de montrer à travers ses propres discours et citations
comment il a menti, a trahi et s'est contredit pendant des années.
Quelques exemples : lorsque, Premier Ministre de Giscard, il
déclare qu'il n'avait "aucune intention de démissionner"
puis dépose, quelques jours plus tard sa démission
; annonçant comme Maire de Paris qu'il "se baignerait
dans la Seine avant l'an 2000" ; comme candidat champion
de la "fracture sociale" qui constate, après
deux mandats, la montée endémique du chômage
; comme chantre de l'antiracisme qui est à l'origine du
fameux "le bruit et l'odeur" ; comme auteur
d'un plaidoyer pro-européen en 2005 comparé à
sa diatribe sur les dangers provoqués par l'entrée
de l'Espagne dans la CEE en 1976, le tout montrant à merveille
la versatilité politique d'un opportuniste dénué
de conviction. Chirac résume lui-même d'une formule
cynique : "Plus c'est gros et mieux ça passe".
Ce film-documentaire rappelle aussi au passage quelques éléments
du passé idéologique de Chirac : il a signé
en 1950 l'Appel de Stockholm, a été sympathisant
communiste, a vendu L'Humanité, s'est retrouvé
dans une cellule du P.C
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Comédie
sur le pouvoir, c'est donc une attaque en règle que certains
trouvent proche du style de Michael Moore. Pour autant, il faut
quand même réaliser qu'en se voulant incorrect,
Karl Zéro ne fait ici qu'effleurer l'insolence et la satire,
notre cher Président pouvant encore dormir longtemps sur
ses deux oreilles. Il ne développe aucune analyse politique
et se contente de plaquer sur un grand nombre d'images étonnantes
et inédites un texte parfois un peu lourd. Il aurait été
au contraire intéressant d'insister sur les agissements
contradictoires et sans vision de Chirac pour montrer avec encore
plus d'insistance comment encore une fois nous avons été
manipulés et abusés.
S'il a
quand même été élu César du
meilleur film documentaire, un curieux hasard doit être
noté puisque la direction de Canal+ annonça la
fin du "Vrai journal" à Karl Zéro quelques
jours avant sa sortie sur les écrans
Quoiqu'il en
soit, si certains rient de voir autant de mensonges et de malhonnêtetés
démontrées, il faut plutôt en pleurer puisque
son auteur à été notre Président
pendant 12 ans ! Et c'est d'autant plus attristant que la relève
ne semble pas plus brillante
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