Fight Club

USA - 1999. Réalisation : David Fincher.
Acteurs principaux : Edward Norton, Brad Pitt, Helena Bonham Carter.

Jack ne souhaite qu'une chose : s'évader de son quotidien monotone. Très vite, il rencontre Tyler Durden, un vendeur de savon charismatique à la philosophie tordue et décalée. Ensemble, ils décident de créer un club de combat clandestin dont les règles s'établissent partout progressivement. Règle n° 1 : ne pas parler du Fight Club. Règle n° 2 : ne pas parler du Fight Club…
Tiré d'un roman de Chuck Palahniuk prestigieusement récompensé aux Etats-Unis, Fight Club est réalisé par David Fincher, qui a fait Seven dont la qualité n'est plus à prouver même si le registre est totalement différent. A sa sortie, Fight Club a créé pas mal de controverse : film culte pour certains et objet de scandale pour d'autres, ce qui est généralement la marque d'un film d'un grand intérêt. Ce que personne ne peut en tout cas nier, c'est le jeu grandiose de Brad Pitt et d'Edward Norton qui sont tout simplement géniaux dans leur rôle respectif. Précisons d'ailleurs qu'une certaine rumeur avance qu'ils auraient dû être nominés aux Oscars pour ce rôle mais que l'aspect très politiquement incorrect du film les en a directement écarté. Plusieurs choses étaient fortement reprochées à l'esprit du film : l'aspect prétendument fascisant de la philosophie développée, quelques phrases chocs mais surtout l'utilisation de graisses humaines pour la fabrication de savons, qui a semblé à certains constituer une allusion douteuse à certains procédés utilisés il y a une soixantaine d'années dans un autre contexte…

Provocateur et lucide, ce film est en fait un appel à la Révolution marquant le vide spirituel de la société contemporaine.
Aucun film n'a jamais été aussi loin dans l'insolence et le politiquement incorrect.
Il remet en cause le fondement même de notre système, de nos existences, et ouvre les yeux sur ce que nous sommes réellement en menant une critique acerbe de la société de consommation.
Il en profite pour réhabiliter au passage la violence comme élément à part entière de la nature de l'homme, loin de toute dévirilisation.
Dévirilisation, c'est justement un des thèmes également abordé, et plus généralement le mâle, présenté comme cet être fragile qui ne sait plus où il en est après 30 ans de féminisme, une prise de conscience de sa sensibilité et une déresponsabilisation totale.


Pour illustrer cela, voici un petit florilège de phrases ou dialogues clés issus du film et dont on pourrait croire qu'ils sont tirés d'une des chansons les plus convaincues du dernier album d'IDF :
"On est les sous-produits d'un mode de vie devenue une obsession" ;
"Les choses qu'on possède finissent par nous posséder" ;
"C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire ce que l'on veut" ;
"Vous n'êtes pas votre travail, vous n'êtes pas votre compte en banque, vous n'êtes pas votre voiture, vous n'êtes pas votre portefeuille" ;
"La publicité nous fait courir après des voitures et des fringues, on fait des boulots qu'on déteste pour se payer des merdes qui nous servent à rien. On est les enfants oubliés de l'Histoire. On n'a pas de but ni de vraie place. On n'a pas de grande guerre. On n'a pas de grande dépression. Notre grande guerre est spirituelle. Notre grande dépression, c'est nos vies. La télévision nous a appris à croire qu'un jour on serait tous des millionnaires, des dieux du cinéma ou des rocks star mais c'est faux et nous apprenons lentement cette vérité".

Ces phrases sont presque du militantisme, et sont quasiment présentées à part dans le cadre du film, comme un message explicite, à part entière.


Dans un style différent mais avec certaines thématiques communes, "Survivant" est le deuxième roman de Chuck Palahniuk, alors si vous avez aimé Fight Club, vous savez ce qui vous reste à faire… Allez, bonne lecture !