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"Le
film le plus nul depuis l'invention du cinéma"
pour le Figaro. "Un film passionnant et violent, qui
laisse en état de choc" pour la revue Studio.
A n'en pas douter, lorsqu'un film parvient à éveiller
des impressions aussi contradictoires, c'est qu'il y a matière
à commenter. Ce film c'est "Assassins" du réalisateur
et acteur Mathieu Kassovitz. Pourquoi parler d'un tel réalisateur
sur un site comme le nôtre ? Il est certain que les idées
de Kasso' ne sont pas les nôtres, il suffit de se souvenir
de ses films "La Haine" ou "Métisse"
pour s'en convaincre. Pourtant, "Assassin(s)" mérite
qu'on s'attarde sur ce film très politiquement incorrect.
Voyons donc tout ça
Monsieur
Wagner est un artisan du crime. Depuis plus de quarante ans,
il est payé pour tuer des gens. Et depuis plus de quarante
ans, il pratique son métier avec l'amour du travail bien
fait, comme une éthique ambiguë mais réelle,
et selon lui nécessaire. En rencontrant Max, un jeune
chômeur, Wagner pense avoir trouvé en lui, son successeur.
Il va s'appliquer à lui enseigner son savoir-faire et
son sens de l'éthique... Mais les temps ont changé...
Et l'éthique n'est plus ce qu'elle était... |
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Une chose
est sûre, le scénario n'est pas banal ; la transmission
du crime et de son éthique. comme un artisanat. Initialement
court métrage, ce film est souvent présenté
comme essentiellement basé sur la critique de la violence
pure. Pourtant, l'axe clef de cette uvre n'est pas tant
cette violence dénoncée que la critique de ses
causes. Et quelles sont les causes (au moins partielles) qui
sont ici analysées ? Ce sont les médias au sens
général mais surtout plus particulièrement
la télé. Une citation de Kassovitz est sur ce point
intéressante : "Après l'expérience
de Cannes en 1995 pour La Haine, qui m'apprend beaucoup sur "les
media" et leur manque d'éthique et d'intelligence,
au profit de produits fait pour vendre aux plus grands nombres,
je deviens très violent envers les journalistes, les accusant
de manque de conscience morale et politique. Ceux-ci ne comprennent
pas qu'on puisse les attaquer (surtout quand l'attaquant à
de bonnes critiques) réagissent comme des enfants et deviennent
agressifs." En effet, comme l'annonce ici le réalisateur,
ce film a été très mal reçu par les
médias, il suffit de se souvenir pour exemple de la citation
faite du Figaro. Dans le même esprit, il a été
littéralement hué par le public de professionnels
et d'amateurs de cinéma lors de sa première projection
au festival de Cannes ! |
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Pourquoi
tant de haine ? "Assassin(s)" montre très clairement
la responsabilité des pouvoirs publics et des médias
dans l'évolution de la société vers une
violence toujours plus grande et aveugle. "Toute société
a les crimes qu'elle mérite" affirme-t-il. La
télé est omniprésente dans le film et rythme
l'ensemble des étapes que franchissent les personnages
dans leur déchéance. Certains scènes sont
d'ailleurs très fortes et sont sans ambiguïtés
sur le message délivré : ainsi, celle où
l'enfant de 14 ans, devenu tueur à gage, crible de balles
le cadavre de la femme qu'il vient de tuer après avoir
s'être abruti quelques minutes devant la télé
allumée de la victime. |
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Plus généralement,
ce film est excellemment bien fait au niveau cinématographique,
truffé de petites allusions mais aussi novateur sur biens
des plans. Un tour de force a par exemple été de
choisir Michel Serrault pour le rôle du vieux tueur à
gage. Alors que nous connaissons tous cet acteur pour ses rôles,
disons "rigolards", on est surpris par la justesse
et le caractère convaincant de son interprétation.
Dans le même esprit, le film se base sur plusieurs ruptures
dans la narration par le personnage principal, ce dernier changeant
selon les moments du film ; sans vouloir dévoiler une
évolution clef du film, des surprises existent donc quant
au personnage principal, puisqu'on ne peut pas parler ici de
"héros". Ce qui est certain c'est que ce film
ne suit pas les règles conventionnelles du cinéma
commercial qui veut que le héros gagne à la fin
ou que le méchant soit puni ! |
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Au-delà
de ces éléments cinématographiques, il est
essentiel de retenir l'aspect politiquement incorrect et très
critique de ce film sur le caractère néfaste de
la télé, film qui répétons-le a été
mis au pilori par les médias. Il est d'ailleurs intéressant
d'observer que "l'idiot utile" qu'était devenu
Kassovitz avec "La Haine" en renforçant la victimisation
des banlieues, a vu les médias se retourner contre lui
lorsqu'il a osé faire un film qui ne correspondait pas
à ce que les médias et le politiquement correct
exigeaient. Retour de boomerang dirait-on !
Quoiqu'il
en soit, encore après ce film, n'oubliez pas, comme le
chante si bien le groupe de RIF IDF : "Cassez vos télévisions
!". |
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