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Céline
est un auteur sur lequel beaucoup d'encre a coulé : génial
écrivain pour les uns, ignoble antisémite pour
les autres, une seule chose est certaine, c'est un personnage
qui éveille beaucoup de curiosité. Son profil est
atypique, docteur en médecine, il est l'auteur d'uvres
très variées : roman, théâtre, pamphlets
et même ballets (il était fasciné par les
danseuses), même s'il est surtout connus pour certains
de ses romans plus précisément. Personnage atypique
et torturé, il adopte une vision sinistre de la vie, du
monde, éternel désabusé. |
Son roman
clé, qui est d'ailleurs son premier, est le fameux "Voyage
au bout de la nuit", publié en 1932, qui lui vaut
une notoriété immédiate. Caractérisé
par un style parlé, une abondance de vocabulaire et un
réalisme accru, il chronique la violence d'une époque
difficile, l'enfer d'un ordinaire médiocre. Frôlant
le prix Goncourt, ce livre est unique du fait de son écriture
très particulière, hachée, avec de longues
phrases rythmées mais aussi par son vocabulaire populaire,
argotique et parfois grossier, adoptant un style proche des gens
et du quotidien. Il est d'ailleurs intéressant
de noter que certains travaux littéraires ont été
menés par d'autres auteurs visant à rédiger
un dictionnaire du vocabulaire spécifique créé
ou utilisé par Céline dans ses romans. Son objectif
est de restituer l'ensemble des usages de la langue de Céline
et d'en démontrer le particularisme, son vocabulaire étant
un élément clef pour comprendre son oeuvre. L'accueil du "Voyage" fut d'ailleurs surprenant
à l'époque puisqu'il dépassa les clivages
traditionnels en trouvant un écho très favorable
autant dans les milieux anarchistes que dans le monde religieux,
attisant les sympathies à droite comme à gauche.
Le "Voyage" est le roman essentiel de Céline
mais il ne faut pas pour autant oublier "Mort à crédit",
ouvrage central également qui confirma son style et sa
renommée. |
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Céline
est également connu pour un autre ouvrage "Bagatelles
pour un massacre" écrit en 1937 (dans un style proche
de "l'École des cadavres" de 1938). Ce
livre a été interdit et est encore aujourd'hui
introuvable en version papier. Il est cependant
facilement disponible sur le net en format pdf grâce à
des logiciels de recherche de type e-mule. Pourquoi
cette interdiction ? Les commentaires de certains critiques suffiront
: il "mêle des pages d'une confondante beauté,
sur l'écriture ou la danse, à des satires d'une
rare virulence contre les Juifs". Caractérisé
par un fort antisémitisme et publié à une
époque pour le moins particulière sur ce sujet,
ce livre sera source d'un rejet de Céline et de son uvre,
rejet qui produit encore ses effets aujourd'hui. Cette
exclusion est accentuée par le soutien public et sans
ambiguïté que Céline marque pendant la guerre
en faveur de la collaboration, sans pour autant adhérer
à un parti ou remplir de fonction officielle. Cet
ensemble d'éléments lui vaudra, à la fin
de la guerre, d'être rangé parmi les collaborateurs.
Il s'exilera au Danemark et subira le statut d'"auteur maudit". |
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Il ne reviendra
sur le devant de l'actualité qu'en 1957, avec "D'un
château l'autre". Il mourra peu de temps après
en 1961. Son uvre reste cependant d'actualité et
fait l'objet de débats qui se recentrent de plus en plus
sur le particularisme littéraire de son uvre délaissant
enfin l'analyse de ses idées. Par exemple, l'acteur Fabrice
Luchini a réalisé, il y a quelques années,
un grand nombre de lectures publiques de Céline rencontrant
un immense succès et confirmant l'intérêt
du public pour l'uvre de cet auteur. Synthèse des
différentes opinions sur cet écrivain, une citation
d'Alain Finkelkraut peut être reproduite, ce dernier pouvant
difficilement être suspecté de préjugés
favorables : "Y a-t-il donc deux Céline ? Comment
vivre avec ce double héritage ? [
] Philippe
Sollers affirme que la France bien pensante s'est débarrassée
sur Céline de sa propre culpabilité. Elle avait
été antisémite et vichyssoise. Il était
le bouc émissaire idéal. Elle a réduit le
romancier au pamphlétaire et voué celui-ci aux
gémonies pour pouvoir continuer à bien penser et
à se mentir à elle-même". |
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