Concerto del ventennale (Concert des vingt ans)

Traductions réalisées par le camarade "Edgir" ! Un grand merci à lui !!!

 

PADOVA 17 GIUGNO 1974 (1)
(PADOUE 17 JUIN 1974) (1)

Citadin arrête-toi, regarde par ici,
Arrête-toi ne te dérobe pas, c'est ta ville
Celle qui à présent se macule de sang
Lorsque avec le silence on brise chaque rêve.

Et toi, le bourgeois, regarde-toi, voilà ce que tu es,
Regarde-toi et ait honte, toi aussi tu le sais
Que la lâcheté te coupe les jambes
Et ma mort n'a pas d'importance pour toi.

Citadin arrête-toi, à présent tais-toi,
C'est le silence complice de qui est vaincu
C'est le silence hypocrite de qui, souvent, ment,
De qui, par intérêt ou par peur, se vend.

Et toi aussi, lâche brigadiste rouge,
Même si ton nom je ne peux plus le prononcer,
Même si ton nom restera inconnu,
Même si tu m'as tué je ne suis pas muet

Et je continue à chanter ma chanson,
Pour qui, comme moi, a une opinion
Un idéal sacré suffisamment élevé,
Mon âme est vivante, c'est ça l'important

Citadin arrête-toi regarde-moi dans les yeux,
Je parviens à comprendre que ça ne te plaît pas
Ces trous qui te font baisser les yeux
Sont les coups tirés par la haine communiste.

Citadin arrête-toi, regarde par ici,
Arrête-toi ne te dérobe pas, c'est ta ville,
C'est ta ville,
C'est ta ville.

(1) Écrite à la mémoire de Giuseppe Mazzola et Graziano Giralucci, militants du FdG de Padoue
assassinés au siège du MSI par un commando des Brigades rouges.

 

SUNGLASSE'S POLICEMEN BLUES

À fond de train dans la rue principale
Passe une auto de la police
Elle passe à fond de train et tous phares allumés
Elle arrive et s'arrête devant le tribunal
Mais pourquoi ces agents portent-ils toujours des lunettes ?

Que font les agents devant le tribunal ?
Ils font tous une escorte pour Monsieur le Procureur,
Ils ont des insignes dorés, des menottes américaines,
Ils ont les mains sur la mitraillette, ils sont prêts à tirer
Mais pourquoi ces agents portent-ils toujours des lunettes ?

Ils sont passés à l'action (qu'ont-ils fait ?)
Ils ont tiré du lit
Ma vieille voisine de palier
Mais pour quelle raison, ma voisine de palier ?

Le dispositif se déclenche, le mécanisme se met en marche,
Nombreuses sont les interpellations, nombreuses les arrestations,
Ils ont arrêté notre pharmacien
Sans parler du grand père de l'épicier,
Mais qui veux-tu (mais qui veux-tu) que ce soit
Sinon les agents avec les lunettes ?

La nuit tombe mais ici personne ne dort
Parce que tout le monde a peur des agents avec les lunettes,
Désormais personne n'est à l'abri,
Ils ont même arrêté le banquier bien connu
Mais pourquoi ces agents portent-ils toujours des lunettes ?

Ce matin à la sortie de l'école,
Je voulais m'acheter une glace,
Mais il n'y avait même pas la camionnette du glacier,
Parce qu'ils l'ont arrêté, le glacier,

Ils ont arrêté aussi Gino le charcutier,
Notre concierge et tous les balayeurs,
Ils sont même en train d'opérer une rafle
Dans les gares et devant les maternelles
Mais pourquoi ces agents portent-ils toujours des lunettes ?

Depuis peu j'attends qu'arrive mon tour,
Depuis qu'ils ont même embarqué mon confesseur,
Le curé, les soeurs et aussi l'aumônier,
Qu'attendent-ils, je suis prêt, je suis fatigué d'attendre
Désormais je l'ai compris, pourquoi ils portent toujours des lunettes.

Ce sont des lunettes vraiment spéciales,
Elles sont en verre trempé et obscurci
Pour voir les pistes plus noires,
Pour voir les pistes plus noires,
Pour voir les coups d'Etat,
Les escadrons, les voyous fascistes,
C'est un vrai festival.
Les généraux factieux, fascistes,
Les fromagers, les marchands de parapluies nazis,
Les tirailleurs, les cyclistes fascistes.
C'est un vrai festival.

 

A PIERO
(À PIERRE)

Sa seule faute, crier "J'en ai marre,
On ne peut pas aller de l'avant"
À Montini (1) et à Berlinguer, (2)
Et ainsi a commencé la énième folie,
Menottes, empreintes et la photographie
De face et de profil, de devant et puis de derrière
Ainsi ont-ils immortalisé le sinistre criminel. (bis)

Et puis nous savons comment les choses se passent,
En prison battu, les os brisés
À attendre un an, à attendre en vain,
Simulacre de justice, de type démocrate-chrétien. (bis)

"Avoue espèce d'imbécile" disait le magistrat,
"Tes camarades ont déjà parlé
Et signe ce PV et confirme tout,
Dis que tu es fasciste, noir comme le deuil". (bis)

"Non Monsieur le magistrat, moi je ne signe rien",
Telle fut sa réponse à ce ton prétentieux,
"Des dizaines de camarades m'ont précédé,
Moi, je m'appelle Pierre, pour le reste je suis muet." (bis)

Trois ans de condamnation pour reconstitution (3)
Avec les circonstances aggravantes de la direction du mouvement,
Voilà la réponse à son ton impertinent :
"Le régime se défend" disait le président. (bis)

Et après la condamnation du syndicat,
De l'évêque, du maire, de la télévision
Ce sale type sanguinaire souriait toujours
Il demanda à parler alors que déjà descendait le rideau. (bis)

"Je vous remercie messieurs pour les années obtenues,
Mais avant d'en terminer, permettez que je salue
Celui qui m'a condamné, il n'a vraiment rien compris,
La prison ne suffit pas pour venir à bout de moi. (bis)

"Trois ans passent vite pour qui doit juger,
Pour qui doit comprendre, pour qui doit venger
Des milliers de garçons dans toutes les villes
Déjà frappent dans leurs mains pour obtenir ma liberté. (bis)

"Et très très vite, vous verrez se déployer
Des milliers de bannières pour que l'on réouvre les cercueils
De ceux qui ont été tués par votre police,
De ceux qui ont osé s'opposer à la démocratie."

(1) Montini : Nom de Paul VI, pape crypto communiste.
(2) Berlinguer : ancien secrétaire général du Parti communiste italien.
(3) "Reconstitution du parti fasciste", délit du Code pénal qui, en Italie, permet facilement d'embastiller les nationalistes.

 

DEDICATO ALL' EUROPA
(DEDIÉ A L'EUROPE)

La douceur du fruit mûr
Et la rudesse du vent gelé
Et le pain et le sel
S'offrent à l'hôte sacré
Au nord, à l'est, au sud, à l'ouest, en Europe

Je chante de l'Europe, la paix romaine
Paix de charrue et d'épée
Je chante le sang offert en son honneur
Par les descendants de la glace et du soleil
Au nord, à l'est, au sud, à l'ouest, en Europe

Je chante la gloire de Rome
Le sceptre impérial du Rhin
Les ducs, les guerriers et leurs chanteurs
Qui vagabondent sereins à la recherche d'honneur
Au nord, à l'est, au sud, à l'ouest, en Europe

Je chante les frères qui ont toujours défendu
Contre le loup cruel la frontière de l'est
Je chante l'Europe des jours qui viennent
Je chante ses jeunes qui tombent dans les rues
Au nord, à l'est, au sud, à l'ouest, en Europe

On me demande s'il est convenable de chanter cette Europe
Je sais simplement que c'est juste, le reste ne m'importe pas
Je chante une Europe de sang, les chaînes qui nous entravent
Je chante et mon chant est dans le vent
Au nord, à l'est, au sud, à l'ouest, en Europe

 

CHAMPS ELYSÉES (ALAIN ESCOFFIER) (1)

Champs Elysées, un cri étouffé,
En plein Paris un jeune est brûlé.
Champs Elysées, entends la Seine
Qui chante en silence mais ce n'est pas du chagrin.
Coeur de l'Europe tu as battu une seconde,
Là dans cette rue aux Champs Elysées.
Coeur de l'Europe, Champs Elysées,
Répondent en coeur Rome et Bruxelles.
"Non il n'est pas mort" dit la Seine,
Le Rhin répond "je l'emmène avec moi"
Les Alpes chantent "il est en nous",
Les fjords crient "il est à l'intérieur de nous".
Les bois des montagnes, la Forêt noire
Murmurent doucement "certains ont encore de l'espoir" ;
À Prague, muet, sur la place il y a Jan (2),
Qui sourit tranquillement : "il est vivant et avec moi".
Un prénom, un nom pour l'Europe parce que
Désormais vit un héros sur les Champs Elysées
Alain Escoffier
Alain Escoffier.

(1) Alain Escoffier : militant du PFN qui le 10 février 1977 s'est immolé par le feu
devant les locaux de l'Areoflot sur les Champs Elysées en criant "communistes assassins !"
(2) Jan Palach : étudiant tchèque qui en janvier 1969 s'est immolé par le feu pour protester
contre l'invasion de son pays par les troupes soviétiques.

 

SULLA STRADA
(SUR LA ROUTE)

Routes d'Europe, fatigués, sales mais heureux
Prends de la vie ce que tu peux
Porte ton chant jusqu'en Roumanie,
Embrasse le blé de Budapest.
Cherche parmi les roches grises de Stonehenge
Des bras dans la nuit, bois le thé,
Parle avec les vents qui vont vers le nord,
Chante avec les lamas de Rikon.
Les forêts et les routes antiques de l'Armor ;
Magiques sont les villages des bretons,
Les nuages qui courent dans le ciel au-dessus de toi,
Rêve parmi les pierres de Carnac.
Prés et rochers de l'Irlande là-haut au nord
Gens de Belfast, durs comme de la roche
Et la croix d'or d'une foi qui vivra,
Les cornemuses et les mitraillettes sont pour Sands (1)
Fleurs et sourires sur la route vers le sud,
Qu'indique le lion "Tibi Pax",
Danse dans le château du rocher de Cison
Avec les poètes et les chevaliers.
Effleure les pierres du Pog de Montségur
On dit qu'il y a encore un troubadour
Avec le luth et un sourire peut-être en pleurant
Chantera-t-il encore doucement les antiques "gestes".
Routes d'Europe, fatigués, sales mais heureux
Prends de la vie ce que tu peux
Porte ton chant jusqu'en Roumanie
Embrasse le blé de Budapest.
Routes d'Europe, dans le sac à dos de la liberté,
Peut-être qu'un jour l'ombre s'enfuira,
Ses mains sales elle retirera du soleil,
Il y a un aigle dans le ciel,
Il y a un aigle dans le ciel,
Il y a un aigle dans le ciel au-dessus de toi.

(1) Militant nationaliste irlandais, mort en 1980 après 66 jours de grève de la faim dans une prison britannique.

 

PENSANDO AD UN AMICO
(EN PENSANT À UN AMI)

Les sorcières dansent sur le mont de la Madone,
Et parmi les chênes nains le grillon chante encore.
Un feu dans la nuit, un homme et une cloche,
Et l'oeil qui recherche dans le ciel de nouvelles étoiles ?
Et les antiques rites oubliés reviennent à l'esprit,
Comme les druides sévères, les visions magiques.
Mais ta longue recherche n'est pas encore apaisée,
Ton esprit n'est pas encore semblable à un lac des Alpes.

Gravir la montagne et de là regarder
Au loin ou bien tout près, à l'intérieur de soi.
Creuser jusqu'au tréfonds et faire tout sortir,
Mettre sur le tapis tout ce qui est négatif ;
Le dharma et l'alpinisme, la loi et le précipice,
La frénésie de briser les chaînes de bourgeois, la tranquillité.

Et puis moi je te parle et je ne peux m'empêcher de penser
À ce que nous étions il y a quelques années.
Journées de révolte avec les barres de fer à la main,
Durant des années le mouvement comme nouvelle famille pour toi et moi.
Auteurs hérétiques qu'alors nous découvrions,
L'Europe, cette vieille garce, nous glissait sans cesse des mains.

Et puis Pomaia et les Lamas, la mystique orientale
Les saisons d'espoir en toi
Les silences inconnus parmi les pins centenaires
Et nous autres polis et sérieux à méditer en file.
Et moi récalcitrant, je relisais "Révolte" (1),
En cherchant à expliquer ce qu'ensuite je ressentais.

Et puis tout s'est arrêté et chacun s'en est allé,
Et nous nous trouvons seuls encore ici à parler.
Mais tu sais, il faut chercher et sans cesse essayer à nouveau
Par cette porte infinie, nous tous nous devrons passer.

(1) "Révolte contre le monde moderne" de Julius Evola.

 

TERRA DI THULE
(TERRE DE THULÉ)

Tu portais au col ce talisman en or
Reçu du sage par un lointain matin,
Quand tu n'étais encore, au milieu des bois de chênes
Qu'un guerrier enfant
Qu'un guerrier enfant.

Tu te souviens de ton père chassant avec l'arc
Le premier cerf, une récompense déjà souhaitée,
Pêchant dans les fjords et puis dans le torrent
Sauver cet ours blessé
Sauver cet ours blessé.

La maison au retour était chaude et propre,
Ta mère était une femme vêtue de blanc,
Tu aimais embrasser ses tresses d'or
Pour toujours l'entendre chanter
Pour toujours l'entendre chanter.

Et puis se sont achevées ces douces années
Durant lesquelles chaque chose te semblait pure,
À présent tu es un homme et tu dois t'en aller,
L'épée et la hache tu devras porter.

Et puis tu as traversé le grand lac
Et tu as à nouveau rencontré le vieux sage,
Et il t'a dit d'une voix étouffée :
Dépêche-toi la guerre est déjà commencée.

Dans une plaine baignée de soleil,
Le peuple du Nord et aligné,
Blonds guerriers aux heaumes d'argent,
Le cercle et la croix claquent au vent.

Ton coeur bat sans cesse plus fort
Lorsqu'arrive le moment de donner la mort,
Alors tu étreins ton talisman,
Les runes gravées dans un lointain passé.

À présent que tu as connu le sang,
À présent que tu as traversé le feu,
La paix est revenue sur le camp,
La lune embrasse ta gorge déchirée.

Depuis peu, tu observes étonné ton corps,
Et puis un cœur de voix impérieuses t'appellent,
Il est temps de partir, tu changes d'habits,
Tu te revêts de blanc et de feuilles d'or.

Le bateau t'emporte au-delà des flots,
L'île verte semble t'attendre
À présent tu sais que pour l'éternité
Tu pourras chasser le cerf et la loutre.
Tu pourras chasser le cerf et la loutre.

 

NASCITA
(NAISSANCE)

Le daim boit à sa fontaine
Et mange dans ses mains ;
Vêtue d'antique soie blanche
Elle demeure sous le tilleul

Et son chant emplit la forêt
Jusqu'à la fin du jour

Et son ventre chaud nourrit une vie
Ainsi va le destin
C'est le seigneur de sa terre qui croît
Sa peau sera blanche

Elle attend l'aube et veille avec lui
Dans ses premiers gestes royaux

Cheveux d'or, don du soleil
Les yeux, deux gouttes offertes par le lac
La voix, un chant pour son peuple
Sur le trône du dragon il prendra place.

Avec lui, doux sera le jour.
Devenu homme, ton fils te laissera.

Le daim boit à sa fontaine
Et mange dans ses mains ;
Vêtue d'antique soie blanche
Elle demeure sous le tilleul.

 

GIORNATE DI SETTEMBRE
(JOURNÉES DE SEPTEMBRE)

Les journées de septembre
Un mois doux comme le miel
En respirant parmi les fougères
Je me sentais très bien
Je marchais avec mon père,
La fraîcheur de sa conversation
Me rappelait
Le parfum de la lavande,
Le parfum de la Provence,

Sur les traces du Baron (1)
On tentait de gravir
Ces cimes immaculées
Et d'apprendre à méditer

C'était simplement pour fuir
L'ennui industriel
Ou l'envie de ressentir
Des sensations naturelles
Des sensations plus normales

Un peu comme les vagabonds
Que chantait Jack Kerouac
Nous parvenions aux refuges
Trois joyaux au fond du coeur.

Ensuite nous prenions à gifles
Le bourgeois qui était en nous
Émotions schizophréniques
Dolomites (1) et Lagorai (2)
Dolomites et combien de problèmes

Et puis Nicola nous parlait
Du tantrisme tibétain
Du soufisme musulman
Intuitions ésotériques

Ce n'était qu'une histoire de province
De tagliatelle en sauce
Mais il était facile de rêver
De s'éprouver sans peine
De s'abandonner sans peine.

(1) Baron Julius Evola, auteur notamment de "Méditations du haut des cimes".
(2) Chaînes de montagnes italiennes.

 

ANNI DI PORFIDO
(ANNÉES DE PORPHYRE)

Les années sont passées, sont passées les saisons,
Tu te souviens des courses folles, ta vespa, les réunions,
Les premières cigarettes fumées dans la salle de bains
Le plaisir de brûler pour toujours les illusions,
Et nous autres parias et fous qui mettions le monde en pièce
Et puis sans y songer qui en recollions les morceaux

Les années sont passées, sont passées les saisons,
Les fêtes dans la pénombre, les pantalons "pattes d'eph"
Toi qui parlait alors de Poe et de Baglioni, (1)
Moi pendant ce temps j'improvisais pour toi de nouvelles chansons
Tu étais la seule à m'écouter et ça me semblait étrange,
Toi toujours très sérieuse, moi la rage en mains

Rêves perdus, volonté de tout lire,
Comme c'était bien de chevaucher un poney avec Bilbo et Frodon Baggins (2)
Boire une bière en paix au "Poney fringant" (3)
Pendant que Gandalf (4) contait ses récits en fumant l'herbe à pipe
Et face à ce monde stupide notre rébellion
Semblait avoir le mérite d'être une transgression nouvelle

Pour les autres tous les droits, pour nous la répression
Ces années dans le ghetto, dont nous tentions de nous évader
Mac Carthisme à l'envers, qui a dévoré aisément,
Les illusions et les barricades dressées avec pureté
Mais je crois qu'il est juste de tenir bon et de poursuivre
L'aventure commencée, parce que vivre c'est lutter !

(1) Claudio Baglioni : chanteur italien
(2) cf. Bilbo le Hobbit de J.R.R. Tolkien
(3) Ibid.
(4) Ibid

 

IL CONTADINO, IL MONACO, IL GUERRIERO
(LE PAYSAN, LE MOINE, LE GUERRIER)

Mains habiles, crinière emmêlée,
Peau bronzée, corps carré,
Homme de terre dis-moi qui tu es,
Et à ton Seigneur qu'offriras-tu ?

Je suis le frère de la terre brune,
Je vis dans les champs en suivant la lune
De mon patron, je sais le fier visage
Pour sa grandeur
Moi aussi je me recueille
Pour ma terre et sa couleur
Ma sueur en gage j'offrirai.

Barbe chenue, yeux enfoncés,
Mains fines et gestes sereins,
Homme de Dieu dis-moi qui tu es,
Et à ton Seigneur qu'offriras-tu ?

Je suis le vassal, mais uniquement de Dieu,
Même si je ne possède rien
Avec mes frères je travaille en silence,
Nous sommes les gardiens de l'antique savoir
Je sais que ma semence ne donnera jamais de fruit,
Voici le tribut qu'en gage j'offrirai.

Cheveux blonds, yeux rayonnants,
Haute stature, épée brillante
Homme de guerre dis-moi qui tu es,
Et à ton Seigneur qu'offriras-tu ?

Noble est celui qui connaît forêt et fleuve
Guerrier est celui qui n'attend pas la fin,
Jamais ma chevelure ne deviendra blanche,
Jamais mes membres ne tomberont de fatigue
J'aime le courage, la force et la vie
Et mon sang en gage j'offrirai.

 

CANTO DI UN CAVALIERE ERRANTE
(CHANT D'UN CAVALIER ERRANT)

Sur mon destrier,
Parmi les terres lointaines,
L'amour demeurera dans mon coeur.
Ton regard couleur de ciel,
Tes lèvres cerise,
Oh mon épouse, je te serai fidèle.
L'épée sur mon flanc,
Sur sa garde ton ruban,
La nuit étrangère sera plus douce
Pour toit les étoiles,
Pour couche les feuilles,
Pour rêve tes charmes.
Et dans mon errance
Hors de mon royaume,
Je donnerai un sens à ma vie guerrière,
Brandir au nom de la foi,
La lame de mort,
Pour la plus grande gloire de Son Nom
Et nous autres chevaliers,
Fidèles en amour,
Pour le Roi, pour Dieu nous saurons combattre,
Le sourire sur le visage,
La paix dans le coeur,
À la bataille avec notre Seigneur.
Durant l'errance salvatrice,
Je devrai accroître le désir sacré
Qui brille dans les armes.
Et pour notre ivresse
Par antique décret,
Je boirai le nectar sacré.
Et toi épouse acerbe
Solitaire durant ce temps,
Tu attends sereine que revienne ton Roi
Avec gloire et honneur,
Avec la fièvre de l'amour,
Avec une tunique désormais légère
Avec gloire et honneur,
Avec la fièvre de l'amour,
Ou que plus jamais je ne te revienne.

 

MILLO
(MILLO)

Chaux blanche parmi les cannes
Une maison de lagune
Sous le porche deux chiens
Le patron est en train de ronfler
Puis une voix forte et généreuse
Qui m'appelle sur la porte
Avec deux tapes sur l'épaule
"Entre, il y a à boire"
Mon frère est une chanson
Bâtie solide par la vie
Du vin noir qui fait du bien
Qui donne envie de bouger
Et j'aime à l'imaginer
Toujours à la chasse avec ses chiens
Sur une barque longue et plate
Le fusil à la main
À défendre avec rage
La lagune empoisonnée
Par le poison des modernes turkmènes
Les industriels
Mon frère est né antique
Presque l'archétype d'un monde
De paysages désormais disparus
Qu'il reflète parfaitement
Des sensations retrouvées
Le long des berges du fleuve
Avec le vent qui nous caresse
Nous autres de hier et de demain
Mon frère est une chanson
Bâtie solide par la vie
Du vin noir qui fait du bien
Qui donne envie de bouger.

 

DI LÀ DALL' ACQUA
(AU DELÀ DES FLOTS)

Navire qui m'emmène sur la route d'Istrie
Navire combien de ports as-tu vu, navire italien.
Navire qui traverse le Golfe de Venise
Agile, tu avances même par simple inertie.
Emmène-moi, rapide, sur la côte polesane (1)
Cours plus vite qu'un renard vers sa tanière
Et toi, belle dame, tu ne seras plus seule
Nous danserons ensemble dans les Arènes de Pola (2).

Écoute en silence la voix des flots
Elle te révélera sûrement des vérités profondes
Parce qu'en Istrie, est-ce que ça ne te semble pas étrange
Même les pierres parlent italien.

Nous sommes dans le Quarnaro (2) toujours plus proches
Seule nous borde la danse des dauphins
Et puis Arbe (3) et Veglia (4) nous regardent passer,
Même après cinquante ans on ne peut pas oublier.

Écoute en silence la voix des flots
Elle te révélera sûrement des vérités profondes
Parce qu'en Istrie, est-ce que ça ne te semble pas étrange
Même les pierres parlent italien.

Navire qui m'emmène sur la route de Junger
Navire, combien de gens se sont échappés de Fiume (6)
Pense à ces imbéciles qui à la télévision
Appellent "Dubrovnik" la belle Raguse

Écoute en silence la voix des flots
Elle te révélera sûrement des vérités profondes
Pour qu'en Italie, nous n'oublions pas
Combien a souffert le peuple d'Istrie.
Pour qu'en Italie, nous n'oublions pas
Combien souffre le peuple d'Istrie.

(1) Région d'Italie sur la côte Adriatique
(2) Ville italienne de l'Adriatique, devenue croate après la guerre et désormais appelée Pula
(3) Île italienne de l'Adriatique devenue croate après la guerre et désormais appelée Rab
(4) Idem
(5) Golfe de l'Adriatique
(6) Ville italienne de l'Adriatique, devenue croate après la guerre.

 

ANCHE SE TUTTI… NOI NO !
(MÊME SI TOUS… NOUS NON !)

Je me souviens encore de la chambre où je t'ai connu
Nous n'étions pas nombreux à fréquenter ce trou
Tu écrivais sur le mur, tout affairé,
Des paroles étranges mais sans équivoque.

Refrain
Même si tous… Nous non ! X 4

Peut-être était-ce seulement l'exutoire d'un garçon enragé
Mais moi, 20 ans après, je ne l'ai pas encore oublié
Parce que tu sais, certaines émotions, en particulier si elles sont sincères
Tu les conserves à l'esprit et elles deviennent des drapeaux

Les visages changent, messieurs, le temps passe
Mais ma vieille chanson s'élève encore dans le ciel.
Nous sommes en train de jeter aux orties, pour courir après le pouvoir
Notre foi la plus ancienne et nos raisons les plus authentiques.

Ils nous ont dit : "Les gars, quelqu'un s'est trompé,
À présent tout change, vive la loi du marché".
Mais il y a quelque chose qui détonne dans ce raisonnement
Quelque chose qui ne l'épargne pas, quelque chose qui reste dans le vent.
Ce sont les voix de tous ceux qui nous ont déjà laissé
Et il ne me semble pas qu'ils soient morts en criant "vive la loi du marché".

 

VIVERE DAVVERO (1)
(VIVRE VRAIMENT)

Ou vas-tu, mais ou cours-tu ?
Peut-être là où ton coeur est déjà !
Il suffit d'un instant
Et ce que tu es en train de vivre
Prend son envol et meurt

Ou es-tu à présent, là-haut où tu pensais ?
De là tu diras : " Réveillez-vous les gars !"

Refrain
Mais il n'y a qu'une façon
De ne jamais mourir
C'est de vivre vraiment.
Mais il n'y a qu'une façon
Et tu la connais
Et tu avais ce regard fier.

Comment faire à présent sans ton regard ?
Le regard vif de celui qui rêve et qui a la foi.
Moi je sais quoi faire
Outre ne pas oublier
Parce que, chacals, à présent lui il vous voit.

Moi je sais quoi faire,
Je n'éprouve plus de douleur
Avec ton sourire
Enfermé dans mon coeur

Moi je sais quoi faire
Je continue de rêver
Et ils ne pourront plus nous arrêter.

(1) Dédiée à Nicola Pasetto, militant et député du MSI puis d'AN et figure emblématique de la jeunesse nationaliste de Vérone au cours des années 1990, décédé prématurément dans un accident de voiture en 1997. Grand amateur de football, arbitre et fervent supporter, le stade d'une commune proche de Vérone porte désormais son nom.

Entrevue Discographie Paroles

270 bis Amici del Vento Aurora Compagnia Dell Anello  Delenda Carthago Hobbit Indole Intolleranza Londinium SPQR Massimo Morsello Non Nobis Domine Skoll Sotto Fascia Semplice Zeta Zero Alfa Lorien Perimetro

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