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(TERRE DE THULÉ) Reçu du sage par un lointain matin, Quand tu n'étais encore, au milieu des bois de chênes Qu'un guerrier enfant Qu'un guerrier enfant. Le premier cerf, une récompense déjà souhaitée, Pêchant dans les fjords et puis dans le torrent Sauver cet ours blessé Sauver cet ours blessé. Ta mère était une femme vêtue de blanc, Tu aimais embrasser ses tresses d'or Pour toujours l'entendre chanter Pour toujours l'entendre chanter. Durant lesquelles chaque chose te semblait pure, À présent tu es un homme et tu dois t'en aller, L'épée et la hache tu devras porter. Et tu as à nouveau rencontré le vieux sage, Et il t'a dit d'une voix étouffée : Dépêche-toi la guerre est déjà commencée. Le peuple du Nord et aligné, Blonds guerriers aux heaumes d'argent, Le cercle et la croix claquent au vent. Lorsqu'arrive le moment de donner la mort, Alors tu étreins ton talisman, Les runes gravées dans un lointain passé. À présent que tu as traversé le feu, La paix est revenue sur le camp, La lune embrasse ta gorge déchirée. Et puis un cur de voix impérieuses t'appellent, Il est temps de partir, tu changes d'habits, Tu te revêts de blanc et de feuilles d'or. L'île verte semble t'attendre À présent tu sais que pour l'éternité Tu pourras chasser le cerf et la loutre. Tu pourras chasser le cerf et la loutre. (EN PENSANT À UN AMI) Et parmi les chênes nains le grillon chante encore. Un feu dans la nuit, un homme et une cloche, Et l'oeil qui recherche dans le ciel de nouvelles étoiles ? Et les antiques rites oubliés reviennent à l'esprit, Comme les druides sévères, les visions magiques. Mais ta longue recherche n'est pas encore apaisée, Ton esprit n'est pas encore semblable à un lac des Alpes. Au loin ou bien tout près, à l'intérieur de soi. Creuser jusqu'au tréfonds et faire tout sortir, Mettre sur le tapis tout ce qui est négatif ; Le dharma et l'alpinisme, la loi et le précipice, La frénésie de briser les chaînes de bourgeois, la tranquillité. À ce que nous étions il y a quelques années. Journées de révolte avec les barres de fer à la main, Durant des années le mouvement comme nouvelle famille pour toi et moi. Auteurs hérétiques qu'alors nous découvrions, L'Europe, cette vieille garce, nous glissait sans cesse des mains. Les saisons d'espoir en toi Les silences inconnus parmi les pins centenaires Et nous autres polis et sérieux à méditer en file. Et moi récalcitrant, je relisais "Révolte" (1), En cherchant à expliquer ce qu'ensuite je ressentais. Et nous nous trouvons seuls encore ici à parler. Mais tu sais, il faut chercher et sans cesse essayer à nouveau Par cette porte infinie, nous tous nous devrons passer. (NAISSANCE) Et mange dans ses mains ; Vêtue d'antique soie blanche Elle demeure sous le tilleul Jusqu'à la fin du jour Ainsi va le destin C'est le seigneur de sa terre qui croît Sa peau sera blanche Dans ses premiers gestes royaux Les yeux, deux gouttes offertes par le lac La voix, un chant pour son peuple Sur le trône du dragon il prendra place. Devenu homme, ton fils te laissera. Et mange dans ses mains ; Vêtue d'antique soie blanche Elle demeure sous le tilleul. (LA COUTUME DU CERF BLANC) Demain célébrera L'antique coutume du cerf blanc Depuis des années abandonnée. Depuis des années abandonnée. Et défiera le cerf blanc Et une donzelle, la plus belle Embrassera le vainqueur. Embrassera le vainqueur. Est le plus valeureux des guerriers Il court dans les bois seul et au loin Et il poursuit le cerf sur son destrier. Et il poursuit le cerf sur son destrier. Enide est fille de roi, Qui tuera son blanc ami La belle Enide ne l'embrassera pas. La belle Enide ne l'embrassera pas. Pour toi j'ai chassé le cerf Dans la forêt il m'emmena Et son royaume il me montra. Et son royaume il me montra. Même si je vivais cent ans Un aussi noble seigneur Demeurera toujours un seigneur. (DEMAIN NOUS APPARTIENT) Et va humblement disparaître dans la vallée Et regarde les reflets d'argent du fleuve qui S'écoule serein et assuré. Observe le premier rayon de l'aube, Qui annonce la flamme du soleil. Lequel naît et devient de plus en plus grand Et triomphe de l'obscurité. Les ténèbres fuient les rayons du soleil, Dieu de joie et de chaleur, Dans les coeurs l'espérance ne mourra pas : Demain nous appartient. Vers l'immensité, Uni à ton cri de liberté, L'homme commence à lutter. Ceux qui profitent dans l'ombre, nous saurons les débusquer, Unis nous marcherons. L'usure et le poing nous vaincrons : Demain nous appartient. Personne ne pourra les effacer. Le sang, le travail, la civilisation, Nous chantons la tradition. La terre des aïeux, la foi immortelle, Personne ne pourra les effacer. Le peuple a triomphé du veau d'or. Demain nous appartient. (LE PAYSAN, LE MOINE, LE GUERRIER) Peau bronzée, corps carré, Homme de terre dis-moi qui tu es, Et à ton Seigneur qu'offriras-tu ? Je vis dans les champs en suivant la lune De mon patron, je sais le fier visage Pour sa grandeur Moi aussi je me recueille Pour ma terre et sa couleur Ma sueur en gage j'offrirai. Mains fines et gestes sereins, Homme de Dieu dis-moi qui tu es, Et à ton Seigneur qu'offriras-tu ? Même si je ne possède rien Avec mes frères je travaille en silence, Nous sommes les gardiens de l'antique savoir Je sais que ma semence ne donnera jamais de fruit, Voici le tribut qu'en gage j'offrirai. Haute stature, épée brillante Homme de guerre dis-moi qui tu es, Et à ton Seigneur qu'offriras-tu ? Guerrier est celui qui n'attend pas la fin, Jamais ma chevelure ne deviendra blanche, Jamais mes membres ne tomberont de fatigue J'aime le courage, la force et la vie Et mon sang en gage j'offrirai. (SUR LA ROUTE) Prends de la vie ce que tu peux Porte ton chant jusqu'en Roumanie, Embrasse le blé de Budapest. Cherche parmi les roches grises de Stonehenge Des bras dans la nuit, bois le thé, Parle avec les vents qui vont vers le nord, Chante avec les lamas de Rikon. Les forêts et les routes antiques de l'Armor ; Magiques sont les villages des bretons, Les nuages qui courent dans le ciel au-dessus de toi, Rêve parmi les pierres de Carnac. Prés et rochers de l'Irlande là-haut au nord Gens de Belfast, durs comme de la roche Et la croix d'or d'une foi qui vivra, Les cornemuses et les mitraillettes sont pour Sands (1) Fleurs et sourires sur la route vers le sud, Qu'indique le lion "Tibi Pax", Danse dans le château du rocher de Cison Avec les poètes et les chevaliers. Effleure les pierres du Pog de Montségur On dit qu'il y a encore un troubadour Avec le luth et un sourire peut-être en pleurant Chantera-t-il encore doucement les antiques "gestes". Routes d'Europe, fatigués, sales mais heureux Prends de la vie ce que tu peux Porte ton chant jusqu'en Roumanie Embrasse le blé de Budapest. Routes d'Europe, dans le sac à dos de la liberté, Peut-être qu'un jour l'ombre s'enfuira, Ses mains sales elle retirera du soleil, Il y a un aigle dans le ciel, Il y a un aigle dans le ciel, Il y a un aigle dans le ciel au-dessus de toi. (LA BALLADE DU "NOIR") Mais tu ne trouves pas que ce n'est pas bien beau, Pas bien beau que d'emprisonner Celui qui a pour seul tort de penser. Et tu te drapes de démocratie et tu te gargarises de liberté, (bis) Liberté, liberté, c'est quand c'est vous qui commandez, Démocratie, démocratie, c'est un truc à vous, pas à moi. Que te font-ils faire pour un maigre salaire ? Ils te font trahir, ils te font trahir Les idéaux que tu as juré de servir. Ils étaient quatre et ils m'ont insulté, Monsieur le brigadier je me suis défendu, Ils étaient quatre et ils m'ont insulté, Monsieur le brigadier je me suis défendu, J'étais seul mais un je l'ai étendu ! D'être votre ennemi, moi j'en suis honoré, J'en suis honoré parce que le matin Je dois me regarder dans la glace, je dois me raser, Je dois me regarder dans la glace, je dois me raser, Je dois contempler mon visage, Moi de visage, je n'en ai qu'un, Il n'est peut-être pas beau mais c'est toujours le même ; Vous de visages vous en avez tellement, Un pour chaque heure de la journée. Liberté, liberté, c'est quand c'est vous qui commandez, Démocratie, démocratie, c'est un truc à vous, pas à moi. La jeunesse se rebellera, Mais cette histoire doit se terminer, La jeunesse se rebellera, Au paiement, au paiement, au paiement de la note Au paiement de la note on assistera. Mais cette histoire doit se terminer, La jeunesse se rebellera, Au paiement, au paiement, au paiement de la note Au paiement de la note on assistera. (LA REVOLTE DES UNIVERSITÉS) Déplacements, travail, études, dis-moi ce que tu deviens. De toute façon un vrai travail on ne l'aura jamais, Ici seul s'en sort qui s'occupe de ses oignons, Toutes ces années à étudier, je me demande bien pourquoi. Il se sont fichus de nous avec toutes ces conneries, Le diplôme est garanti, on s'en bat les couilles. La file pour étudier et puis un coup de pied et dégage. Assez des amphis bondés, on n'y fait même plus attention On est déjà chômeurs, mais pourquoi est-ce qu'on s'emmerde ? Toutes vos jolies phrases nous ont cassé les couilles, À présent vous le découvrez ce qu'est la sélection Mais maintenant c'est à nous de la faire la révolution. Notre jeunesse nous l'avons bazardé Arrêtez de vous mettre toujours la tête dans le sable Croyez-moi l'heure a sonné, notre rage crie, Des universités hagardes ce qui peut-être vaut le coup La révolte, la révolte, d'une génération, La révolte, la révolte, du désespoir. La révolte, la révolte, d'une génération, La révolte, la révolte, du désespoir. |
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