Di là dall'acqua (Au delà des flots)

Traductions réalisées par le camarade "Edgir" ! Un grand merci à lui !!!

 

DI LÀ DALL' ACQUA
(AU DELÀ DES FLOTS)

Navire qui m'emmène sur la route d'Istrie
Navire combien de ports as-tu vu, navire italien.
Navire qui traverse le Golfe de Venise
Agile, tu avances même par simple inertie.
Emmène-moi, rapide, sur la côte polesane (1)
Cours plus vite qu'un renard vers sa tanière
Et toi, belle dame, tu ne seras plus seule
Nous danserons ensemble dans les Arènes de Pola (2).

Écoute en silence la voix des flots
Elle te révélera sûrement des vérités profondes
Parce qu'en Istrie, est-ce que ça ne te semble pas étrange
Même les pierres parlent italien.

Nous sommes dans le Quarnaro (2) toujours plus proches
Seule nous borde la danse des dauphins
Et puis Arbe (3) et Veglia (4) nous regardent passer,
Même après cinquante ans on ne peut pas oublier.

Écoute en silence la voix des flots
Elle te révélera sûrement des vérités profondes
Parce qu'en Istrie, est-ce que ça ne te semble pas étrange
Même les pierres parlent italien.

Navire qui m'emmène sur la route de Junger
Navire, combien de gens se sont échappés de Fiume (6)
Pense à ces imbéciles qui à la télévision
Appellent "Dubrovnik" la belle Raguse

Écoute en silence la voix des flots
Elle te révélera sûrement des vérités profondes
Pour qu'en Italie, nous n'oublions pas
Combien a souffert le peuple d'Istrie.
Pour qu'en Italie, nous n'oublions pas
Combien souffre le peuple d'Istrie.

(1) Région d'Italie sur la côte Adriatique
(2) Ville italienne de l'Adriatique, devenue croate après la guerre et désormais appelée Pula
(3) Île italienne de l'Adriatique devenue croate après la guerre et désormais appelée Rab
(4) Idem
(5) Golfe de l'Adriatique
(6) Ville italienne de l'Adriatique, devenue croate après la guerre

 

IL VOLO DEL FALCO
(LE VOL DU FAUCON)

Finalement libérés
De la grisaille quotidienne
Six heures de marche
Torrents, bois et prés
Et puis en respirant bien
On monte encore plus haut
Les conditionnements
Sont restés en bas,
Ainsi, la cime est proche
Montagne retrouvée
Silence, seul le vent
Sur la peau brûlée
Mais quelqu'un déjà observe
Silencieux et détaché,
Quelqu'un depuis longtemps
Prudent, s'est envolé
Et le faucon vole haut
Au-dessus de tes soucis
Planant sans fin
Il voit par-dessus nous autres
Et les aspects cachés
De son esprit antique
Révèlent des poèmes
Composés sur les hauteurs
Voler comme un faucon
Parfois ça peut servir
À clarifier les idées
À chercher à comprendre
Parmi tant de faux mythes
Quelque chose de plus vrai
Ni déçu ni repenti
Tel un faucon sincère
Et le faucon vole haut
Au-dessus de tes soucis
Planant sans fin
Il voit par-dessus nous autres
Et les aspects cachés
De son esprit antique
Révèlent des poèmes
Composés sur les hauteurs.

 

MILLO
(MILLO)

Chaux blanche parmi les cannes
Une maison de lagune
Sous le porche deux chiens
Le patron est en train de ronfler
Puis une voix forte et généreuse
Qui m'appelle sur la porte
Avec deux tapes sur l'épaule
"Entre, il y a à boire"
Mon frère est une chanson
Bâtie solide par la vie
Du vin noir qui fait du bien
Qui donne envie de bouger
Et j'aime à l'imaginer
Toujours à la chasse avec ses chiens
Sur une barque longue et plate
Le fusil à la main
À défendre avec rage
La lagune empoisonnée
Par le poison des modernes turkmènes
Les industriels
Mon frère est né antique
Presque l'archétype d'un monde
De paysages désormais disparus
Qu'il reflète parfaitement
Des sensations retrouvées
Le long des berges du fleuve
Avec le vent qui nous caresse
Nous autres de hier et de demain
Mon frère est une chanson
Bâtie solide par la vie
Du vin noir qui fait du bien
Qui donne envie de bouger.

 

PRO AQUIS

Instrumentale.

 

ADDIO A PERASTO (1)
(ADIEU A PERASTO)

Les gens de Cattaro
Réunis dans l'église
Les femmes de Perasto
Vêtues de noir
Amer est ce moment
Finalement arrivé
Que de larmes amères
Vous avez versé
Que de larmes de sang
Vous avez versé
Corse ou français
Tu as vendu la Dalmatie
L'Autriche arrive
Dans quelques minutes
Nous n'avons jamais fui
Ni vaincus ni peureux
Ni les tempêtes ni les vagues
Ne nous ont jamais vaincus
Ni les ennemis ni les vagues
Ne nous ont jamais fait plier
Ti con Nu, Nu con Ti (2)
Pour nous 400 ans
Se sont écoulés
Fidèles aux lions (3)
Comme des anges ailés
Un drapeau enterré
Durant des siècles invaincu
Sous l'autel
Jamais ne sera vaincu
Et alors qu'à Venise
La pourriture jacobine
Ivre, bât son plein
Et devient meurtrière
Nous autres de Perasto
Libres et fiers
Le coeur à San Marco (4)
Et le feu aux voiliers
Le coeur à Venise
Et le feu aux voiliers !
Ti con Nu, Nu con Ti.

(1) Ville de Dalmatie autrefois appartenant à la République de Venise.
(2) "Toi avec Nous, nous avec Toi". Mots prononcés en dialecte vénitien par le Capitaine Giuseppe Viscovich le 23 août 1797, en signe de fidélité à la République de Venise, lorsque la bannière de San Marco fut amenée une dernière fois sur Perasto avant que celle-ci ne passe aux mains des Autrichiens.
(3) Trois lions couronnés figurent sur les armes de la Dalmatie, le Lion de Saint Marc sur celles de Venise.
(4) Piazza San Marco, place principale de Venise.

 

DIO CHE AMAVI (a Hölderlin)
DIEU QUE TU AIMAIS (à Hölderlin)

Dieu que tu aimais visiter ces contrées
Et sous l'apparence d'un aigle
Personne ne m'a jamais enseigné
Par quelles routes
Atteindre tes cimes
Et si mon regard s'élève
Je ne trouve que ce soleil
Impassible et muet
Et la distance est telle
Qu'il se dérobe ou m'éblouit
Et je me sens perdu
Et puis je me souviens que sur le Mont Ida
Ou sur les rives du Rhin
Il y a plus de deux mille ans, ou beaucoup moins
Tu m'enlevas dans le ciel
Et à la douce quiétude
Moi seul, entre toutes les créatures, tu voulus arracher
Je me souviens des ailes ouvertes qui
Vers ton festin me laissèrent tomber.

 

MADRE TERRA
(MÈRE NATURE)

Ma terre pleure
Pour ses sources empoisonnées
Pour le plastique dans le pain
Pour les campagnes abandonnées
Pour l'usure organisée
Par les multinationales
Pour la chimie dans les champs
Transformés en hôpitaux
Mais sans honneur, non
Mais contre l'homme, non
On ne peut pas aller.

Ma terre pleure
Pour ses bois incendiés
Pour les antiques sources
Étouffées par les détritus
Pour les gênes du saumon
Implantés dans les fruits
Pour un monde révolté
Contre l'ensemble de la nature
Mais sans foi, non
Mais contre l'homme, non
On ne peut pas aller.

Ma terre espère
Que de ses cités
Les gens intoxiqués
S'en retournent aux champs
La force retrouvée
Qui coule dans nos veines
Notre mère nature
Nous guide et nous soutient
Mais sans amour, non
Mais contre l'homme, non
On ne peut pas aller.

 

VOLO SU ZARA

Instrumentale.

 

INCORONATE (1)

Tels cent joyaux sur le velours bleu
Telles des reines endormies
Toujours dans mon coeur
Je garderai le souvenir
Des roches blanches des Incoronate
Sur vos plages je me suis reposé
Et avec les vieux j'ai péché
Toujours avec moi
Je garderai à l'esprit
Des roches blanches des Incoronate
Toujours dans mon coeur
Je garderai le souvenir
Des roches blanches des Incoronate.

(1) Archipel de la côte dalmate, désormais en Croatie.

 

ANCHE SE TUTTI… NOI NO !
(MÊME SI TOUS… NOUS NON !)

Je me souviens encore de la chambre où je t'ai connu
Nous n'étions pas nombreux à fréquenter ce trou
Tu écrivais sur le mur, tout affairé,
Des paroles étranges mais sans équivoque.

Refrain
Même si tous… Nous non ! X 4

Peut-être était-ce seulement l'exutoire d'un garçon enragé
Mais moi, 20 ans après, je ne l'ai pas encore oublié
Parce que tu sais, certaines émotions, en particulier si elles sont sincères
Tu les conserves à l'esprit et elles deviennent des drapeaux

Les visages changent, messieurs, le temps passe
Mais ma vieille chanson s'élève encore dans le ciel.
Nous sommes en train de jeter aux orties, pour courir après le pouvoir
Notre foi la plus ancienne et nos raisons les plus authentiques.

Ils nous ont dit : "Les gars, quelqu'un s'est trompé,
À présent tout change, vive la loi du marché".
Mais il y a quelque chose qui détonne dans ce raisonnement
Quelque chose qui ne l'épargne pas, quelque chose qui reste dans le vent.
Ce sont les voix de tous ceux qui nous ont déjà laissé
Et il ne me semble pas qu'ils soient morts en criant "vive la loi du marché".

 

SOLSTITIUM

Des arbres les feuilles
Tombaient déjà
Dans les vieilles caves
Ils préparaient déjà le vin
Depuis des temps immémoriaux
Ils attendaient :
L'hiver l'année finira bientôt.
Le milan vole toujours
Dans les nuages
Il continuera
À chasser sa proie
Dans les bois
Ils ramassaient le houx :
Le gui, dans les cheminées,
Brûlera
Le vent et la tempête déjà se déchaînaient
Mais dans les vieilles caves
Le vin réchauffait
Les pères de son peuple le savaient :
La nuit la plus longue va arriver.
Et les vieux ménestrels
Racontaient
Les histoires vieilles de deux mille ans
Et puis ils parlaient
De dragons et de princesses
La nuit la plus longue va arriver
La longue nuit finira
Demain le soleil vaincra
Le froid et la peur il chassera
Et l'espoir reviendra
Le gel et la neige déjà diminuaient
Dans le coeur des gens
Déjà les pensées couraient
En même temps que les aïeux
Ils se souvenaient :
Hivers déjà vaincus
Voilà des années
Ils saluaient encore
L'année écoulée
Mais bientôt la nouvelle
Arrivera
Dans l'aube l'espérance
Ils saluaient
Le Soleil invaincu
Le Soleil invaincu
Le Soleil embrassera
Le jour nouveau.

Entrevue Discographie Paroles

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