Album "Vecchio ribelle" 1993 (10 titres)

Traductions réalisées par le camarade "Edgir" ! Un grand merci à lui !!!



TRAMA NERA (1977)
(COMPLOT NOIR)

Refrain
Complot noir, complot noir, il n'y a qu'avec toi qu'on fait carrière !
Complot noir, complot noir, tu apportes le bonheur.

Si tu veux améliorer ta situation
Et augmenter ton minimum retraite
Fais de suite une demande d'emploi
À l'une des chaînes de l'information télé.
Et chaque soir à huit heures trente,
La larme à l'oeil, la voix éteinte,
Raconte qu'à Milan il y a eu une panne de courant
Parce que quelqu'un a crié "Viva il Duce" !
Et que si les poules ne pondent plus
C'est sûrement un coup d'Ordre Nouveau.
Et puis si quelque gauchiste pose une bombe
Ne t'inquiète pas, le scénario, tu sais, on l'arrange
Et faire passer pour noir ce qui est rouge
Ça fait trente ans qu'ils le font de toute leur force.

Si tu es un gamin à qui il plaît
De faire la révolution en toute tranquillité,
Si tu aimes menacer la bourgeoisie
En défilant avec l'escorte de la police,
Si tu veux que ta petite amie te cite en exemple,
Si tu veux que le Parti soit content de toi,
Raconte d'une voix assurée comment tu as fait
Pour dénoncer immédiatement la terreur noire
En transformant en faisceau de licteur une vieille paysanne
Qui s'en allait aux champs avec un fagot (1) sur les épaules.

Et si ta petite amie t'a laissé tomber
En disant que tu lui sembles un peu niais
Ne t'inquiète pas, file raconter à toute cette foule :
Que qu'elle a été battue par les fascistes
Tu verras que se déplaceront même les ministres.
Et s'ils interviewent ensuite Loriana,
Tu verras qu'elle jugera les avoir vu.
Mais si malgré tout elle ne revient pas,
Laisse tomber et va au Quirinale (2)
Là tu trouveras sûrement un radical
Qui te consolera avec un rapport un peu anormal.

Si tu n'as jamais touché le gros lot,
Si c'est aujourd'hui jour de loyer,
Si, en pariant, tu as perdu quatre repas
Et que tu ne sais pas trop comment les payer,
Écoute, je t'explique comment faire
Et je te montre ce que ça peut te rapporter :
Adresse toi avec assurance à Panorama (3),
Ils le paieront un bon prix ton complot.
Raconte qu'un beau jour en passant par les bois,
Tu aperçus une clairière avec plusieurs types louches.
Et avec ces types louches il y avait :
Deux chars armés, un canon antiaérien,
Vingt-deux SS, un portrait de Benito, Jules César,
Quatre Légions, deux Svastikas,
Quinze fourchettes (non socialistes) (4)
Le Renard du désert,
Deux chiens de chasse, un cheval blanc,
Une tarte aux pommes.
Et tu auras l'exceptionnelle satisfaction
D'être promu héros national.

(1) Jeux de mots entre fascio (faisceau) et fascina (faucille)
(2) Quirinale : équivalent du Palais de l'Elysée
(3) Panorama : magasine de gauche… aujourd'hui racheté par Berlusconi.
(4) "Fourchettes socialistes" : allusion aux socialistes italiens qui avaient "un bon coup de fourchette" et se sont "gavés" en s'en mettant plein la panse avec l'argent public.

 

IL NOSTRO TEMPO (1978)
(NOTRE HEURE)

Nous arrivons de mille routes
Nous n'avons ni âge ni histoire
Et personne ne chantera notre gloire.
En rêvant à l'âge d'or nous jouons avec la vie,
Mais à notre tour nous avons débuté une partie.
Désolés pour les pauvres bien-pensants mesquins,
Mais à présent nous devons aller de l'avant.
Parce que notre heure a sonné, une heure de désespérés,
C'est désormais à nous de jouer, camarades.

Pour nous qui ne voulons ni de Marx ni du capital
Et qui savons désormais ce que vaut la démocratie,
Les paroles des vieux charlatans ne suffisent pas,
Nous en avons terminé avec vous, pour nous aujourd'hui c'est déjà demain.
Pour nous il n'y a plus de place dans un monde d'épaves,
Mais ce ne sera pas nous les vaincus.
Parce que notre heure a sonné, une heure de désespérés,
C'est désormais à nous de jouer, camarades.

Et sans hypocrisie nous savons aussi pêcher,
Mais après, nous on ne va pas raconter n'importe quoi pour se faire pardonner.
Nous ne sommes pas des héros ni des saints, nous portons notre croix,
Mais le monde aura demain une autre voix.
Avec la rage entre les dents nous semblons sans coeur,
Mais notre Honneur s'appelle Fidélité.
Et Fidélité signifie jurer sans duperie,
Et pour mille ans ne jamais trahir,
Chanter la jeunesse et le temps qui s'écoule,
Avoir toujours un rêve dans le coeur.
Avec votre progrès vous avez tué le ciel,
Mais le soleil brûlera votre voile.
Parce que notre heure a sonné, une heure de désespérés,
C'est désormais à nous de jouer, camarades.

 

SCUDERIO (1978)
(ECUYER)

Blanc écuyer qui demeure
Dans ta chambre à penser
Que lorsque viendra l'aube
Tu seras chevalier.
Même si ton coeur est lourd
Que les larmes ne baignent pas ton visage,
Dans la prière tu le sais
Cette nuit tu retrouveras un sourire
Et quand viendra l'aube
Elle n'amènera que la vie
Et ta parole sera sacrée
Durant une éternité.
Il était doux d'être un damoiseau,
Mais demain c'est un homme que verra le soleil.
Tu pourras t'en aller tranquille
Vers où l'honneur voudra te conduire.
Pourtant tu ne seras pas seul
Tu porteras une épée sur ton flanc.
Elle a deux tranchants
Parce que de toi elle attend la justice
La lance que tu porteras
Garde-la toujours avec toi,
Elle est droite comme ta route,
Elle tracera ton nouveau destin,
Et tu auras pour compagne
Une madone nommée humilité
Et ton épée sera le courage
Pour qui en aura besoin
Et ce sera une épée de feu
Pour qui ne prêche que l'impiété
Et ce sera une épée de glace
Contre qui veut faire mourir la vérité.
Si tu épouses la pauvreté
Mille trésors tu posséderas,
La terre sera ton lit,
L'eau et le feu tu aimeras
Et comme Notre Seigneur
Tu ne posséderas qu'une seule tunique,
Tissée de la douleur du monde,
Tu l'auras décorée de ton courage.
Suis l'étoile du nord
Au-delà des montagnes et des villes
Et si tu rencontres la mort
Accepte-la sans trembler,
Parmi les lys et les fleurs tu sais
Qu'enfin tu pourras te reposer.

 

AFGHANISTAN (1980)

Sur les trottoirs gris
Qui se déroulent lentement face à moi
Se dégourdit cette grande ville.
Les sachets sur lesquels est écrit "Prisunic"
Sont les sous-titres d'un film
Intitulé "Civilisation",
Ce sont les résidus, que veux-tu,
D'une étrange société.
Votes, congrès et conférences
Nous ont farci le crâne d'inepties
Pour construire la société.
L'Europe vaut tant au kilo,
L'Italie est un nom dénué de sens,
Et l'Occident, ou est-il ?
Masqué dans sa lâcheté,
D'un monde sans dignité
Mais le napalm brûle les villes,
Qu'est-ce que ça fait, ce n'est pas ici.
Là-bas c'est aussi pour toi que l'on meurt,
Mais que veux-tu que ça me fasse ?
Match, radio, et je m'en foutisme,
Vacances, Marx et respectabilité,
C'est ça le bonheur
C'est mieux de posséder et de donner peu,
Il est bien de se foutre de son prochain,
De toute façon, il s'en sortira.
Et la morale c'est celle-là,
Tu es toujours avec qui vaincra.
Mais le napalm brûle les villes,
Qu'est-ce que ça fait, ce n'est pas ici.
Là-bas c'est aussi pour toi que l'on meurt,
Mais que veux-tu que ça me fasse ?

Qu'ils se débrouillent donc tous seuls,
Avec des pierres contre les chars,
On verra bien comment ça va finir.
Et puis ce ne sont pas de bons chrétiens,
Ils sont un peu trop musulmans,
Mieux vaut les laisser où ils sont.
Et la morale on la connaît déjà :
Tu es toujours avec qui vaincra.
Je ne sais pas pourquoi, mais démocratie
Rime toujours avec veulerie.
La dignité nous l'avons vendue
Pour une croix sur un bulletin de vote
Et elle ne reviendra sûrement plus.
L'honneur se vend en tranches
Au petit marché des lâches
Et puis il est passé de mode.
Cher Occident te voilà : tu fais pitié à voir.
Cher Occident, avec toi s'achève une Civilisation.
La dignité nous l'avons vendue
Pour une croix sur un bulletin de vote
Et elle ne reviendra sûrement plus.
L'honneur se vend en tranches
Au petit marché des lâches
Et puis il est passé de mode.

 

DROGA (1980)
(DROGUE)

Cent mille lires, s'il vous plaît, vous me les donnez
Pour m'acheter un demi gramme de bonheur ?
Oui, je suis drogué peut-être un peu effrayé,
Le Système m'a fait cadeau de cette lâcheté qui est la mienne
Mais je vous suis reconnaissant des magnifiques idéaux
Que vous m'avez offert : " Nous sommes tous égaux
Nous descendons des cochons, vive la communauté ! "

Mélancolie, un nouveau trou et elle s'envole…
Mélancolie, un nouveau trou et elle s'envole…

Je suis votre fils pacifiste, communiste :
Dans la chambre les autocollants du Che à l'Atom Kraft
Je suis votre fils breveté antifasciste
Et diplômé avec mention en désillusions.

Mélancolie, un nouveau trou et elle s'envole…
Mélancolie, un nouveau trou et elle s'envole…

Je suis un peu frustré, même le sexe m'a laissé tombé
Je pense m'être fait un peu avoir.
Brouhaha sans aucun sens mais au fond je suis content.
Je ne me souviens même plus de mon âge.
Ça me met juste un peu en rage quand je suis abruti
Vous me traitez comme un chiot perdu.
La pitié ne coûte rien et vous vous sauvez pour l'éternité.

Lucidité, un nouveau trou et on la retrouvera…
Lucidité, un nouveau trou et on la retrouvera…

Et maintenant mes chers amis moralistes et dealers
Je vous salue et je m'en vais.
Peut-être que cette fois-ci l'héroïne je l'ai coupé avec un peu d'hilarité !!!
Et en vous tournant le dos je retourne dans ma chambre
Et j'essaye de nouveau les funérailles que l'on me fera.

Mélancolie, un nouveau trou et elle s'envole…
Lucidité, un nouveau trou et on la retrouvera…
Mélancolie, un nouveau trou et elle s'envole…

 

PATRIA (1980)
(PATRIE)

Vieux tableau abandonné
Avec plus de moisissures que de couleurs,
Plumes au vent et tricolore :
Tableau qui a cent ans.
Yeux remplis d'émotion,
Lorsque passe le drapeau,
Yeux baissés des filles
Lors de leur première nuit.
Bien sûr un peu d'hypocrisie
Se mêlait à la morale,
Mais à la jeunesse il restait
Un espoir, un idéal.
Et l'Italie était ainsi
Et la Patrie était là aussi,
Et l'Italie était ainsi
Et la Patrie était là aussi.

Saints, héros, navigateurs
Ont fini au grenier,
De la cendre a refleuri
Cette Italie des partis.
Née d'un grand bourbier,
De l'horreur d'une place,
Où a poussé l'herbe voulue,
Par les lâches de toutes sortes.
Dans le regard des gens
Qui n'en ont rien à faire,
Dans le stupide idéal
D'un retour vers l'animal.

Si l'Italie c'est ça,
Comme Patrie ça ne me va pas.
Si l'Italie c'est ça,
Comme Patrie ça ne me va pas.

Dans les absurdes processions
Pour s'inscrire à l'ANPE
Dans l'inutile réalité
De mon Université.
Comme unique remède
À ton désespoir
Le Système t'offre
L'héroïne en soda.
Ils te font endosser un uniforme
Pour prêter serment à des bouffons
Qui ont fini par escroquer
Même ta fidélité.

Si l'Italie c'est ça,
Comme Patrie ça ne me va pas.
Si l'Italie c'est ça,
Comme Patrie ça ne me va pas.

Ma Patrie c'est mille voix
Qui s'unissent à la mienne.
Ma Patrie c'est un idéal
Ce n'est plus une géographie.

 

A CARLO (1986)
(À CARLO)

Durant les froides nuits, pour nous réchauffer le coeur
Nous avons parlé durant des heures,
Nous avons vécu comme dans la boue d'une tranchée,
En faisant de la vie quelque chose de vrai,
En mettant notre peau au bout de nos idées,
En lançant toujours notre coeur au-delà des étoiles.
Être compris même quand on parlait
D'aimer une femme lorsqu'elle était partie,
En fuyant le mirage d'une vie plus bourgeoise,
Nous laissant dans le coeur l'amertume plus les frais.
Et ne pas devoir expliquer que le coeur bat encore,
Dans les yeux il n'y avait pas la pitié qui ne console pas
Ne pas devoir expliquer que dans l'amour, même là,
Tu as donné un sens au mot Fidélité.
Et ne pas avoir à justifier l'envie de courage
Qui a toujours fait aimer les fleurs coupées en mai,
Sans poursuivre le mythe de la survie,
Aimer davantage le danger, un peu moins la prudence.
Mais le vent dans les cheveux peut-être nous perdra,
Mais le rêve dans mes yeux ne mourra pas.

Durant les froides nuits, pour nous réchauffer le coeur
Nous avons parlé durant des heures,
Nous avons vécu comme dans la boue d'une tranchée,
En faisant de la vie quelque chose de vraie,
En mettant notre peau au bout de nos idées,
En lançant toujours notre coeur au-delà des étoiles.
Fouiller les nuits à la recherche d'émotions
Pour montrer au monde comment rêve un fasciste,
En nous regardant dans les yeux avec notre ironie,
En brûlant le préjugé de la démocratie.
Et ne pas avoir peur d'aimer la défaite,
Trinquer à la face du monde et ne pas chercher de réconfort.
Ne pas devoir expliquer qu'au succès éphémère
Mieux valait préférer l'aventure.
Et ne pas être obligé d'interpréter les opinions,
Avec la certitude de ne pas être mal compris.
Des années de jeunesse bien dépensées
À poursuivre un sens et une vocation.
Mais le vent dans les cheveux peut-être nous perdra,
Mais le rêve dans mes yeux ne mourra pas.

 

ANDARE VIA (1986)
(PARTIR)

Il n'a plus aucun sens ce monde de carton,
De magazines et de publicités pour la télévision,
Qui te remplissent la tête de rêves et de chimères,
Qui n'ont même plus la couleur de ta propre fantaisie.
Il n'a plus aucun sens ce monde de vacances,
Dans les endroits les plus bondés ou les plus à la mode,
Ou sur les îles désertes pour tenter l'aventure
D'un bronzage vraiment exclusif
Ça n'a plus de sens d'aller en discothèque,
Pour le plaisir de se trémousser
Ça n'a plus de sens de rester hors du bar
À jeter nos idées pour un peu de vanité

Partir, loin,
Avec un peu de courage
Et une mitraillette en main
Pour une guerre qui n'est pas la mienne,
Pas pour l'argent mais pour voir,
Quelle race d'hommes je suis.
Partir, loin,
Pour tenter l'aventure
À la saveur un peu étrange,
Faire de la mort mon amie,
En poursuivant un rêve fou,
Au-delà des frontières de l'hypocrisie.

Il n'a plus aucun sens ce monde de carrière,
Ça n'a plus de sens l'argent et le succès,
Les divertissements, le sport et les jolies femmes,
Et puis ne pas même avoir le temps de parler avec moi-même
Il n'a plus aucun sens ce monde de politique,
Fait de pourcentages et d'équilibres,
De morale courbe et de paroles inutiles,
Vendues à la propagande tout comme sa propre dignité

Rester ici : un hôpital, un travail,
Un quotidien de douleur ou une routine...
Je ne sais pas, ma route, ma guerre,
Une incroyable folie, une aventure, mais c'est la mienne.
Enfermés dans l'obscurité d'une boîte, il y a mes rêves et mes fugues,
Mais ma guerre est toujours là, est toujours là...

 

ANNI SETTANTA (1986)
(ANNÉES SOIXANTE-DIX)

On les a appelées années de plomb,
Années dures, années de lutte dans le monde.
On les appelées années de feu,
Mais moi aussi j'y ai joué à ce jeu.
Et à présent qu'elles ont fini dans les journaux
Par remplir les colonnes des reportages,
Elles me semblent n'être plus celles de ma génération,
Celle nourrie de haine et d'un peu de folie.

Refrain
Années soixante-dix, années dans le coeur,
Années déchirées entre joie et douleur,
Années gravées dans la mémoire,
Années passées, années d'histoire.
Années racées pour qui ne s'excuse pas,
Pour qui n'est pas un repenti,
Pour qui ne craint pas les accusations,
Pour qui a toujours vécu avec le coeur sur la main,
En jouant ses vingt ans en première ligne.

Il ne m'en est pas resté grand chose et sûrement pas de la gaieté,
Mais ne touchez pas à l'histoire, cette histoire c'est la mienne.
Au diable les excuses, les raisons et les pleurnicheries,
Ce sont toujours les mêmes qui jouent les épiciers.
Mon histoire contient trop de noms,
Trop d'amis qui ont laissé trop de tâches de sang sur l'asphalte
Et je me fiche éperdument de la haine,
Mais je ne parviens vraiment pas à dire qu'il ne s'est rien passé.

Je m'en fous, je te le dis,
Si la main qui a tué,
Est aujourd'hui celle d'un brave professeur,
Il y en a même un qui est député…
L'assassin est un assassin,
Même lorsqu'il présente des excuses,
Le pardon, je le lui laisse,
Mais la partie n'est pas finie.
Et tant que j'aurai un souffle de voix,
Je démasquerai les maquereaux à la mémoire courte.
Les images de l'époque sont ici dans la mémoire
Et ils ne peuvent pas tricher comme ils l'ont fait avec l'histoire.

À présent tous veulent comprendre,
On trafique l'histoire, on continue à mentir.
Les juges complices, les journalistes puissants
S'étaient trompés, maintenant ils sont contents.
Mais les nuits sanglantes ne peuvent être arrêtées
Et les fantômes d'hier ne sont pas des marchandises que l'on jette.
Chaque jour écoulé est gravé dans le temps,
Le mensonge pour toujours se perdra dans le vent.

 

VECCHIO RIBELLE (1986)
(VIEUX REBELLE)

Comment mille ans peuvent-ils passer dans un sourire,
À la seconde d'un retour, dans ton royaume d'illusions.
Tu as trente ans et déjà un passé, presque d'un autre siècle.
Ce monde a coloré tes jours désormais perdus.
Il ne te semble pas vrai, ce soleil de liberté,
Mais encore moins vraie est cette réalité.
Cinq ans se sont écoulés, la condamnation d'un idéal,
Le régime s'est défendu à sa façon habituelle.
Ta jeunesse t'a fait cadeau d'une prison sans avoir pêché.
Et à présent, à présent que tu es revenu,
Tu vis dans un monde qui a trop changé.
Peut-être fut-ce un songe, mais tu ne peux oublier
Les antiques clameurs, les hurlements, la lutte...

Refrain

À l'Université, on combat à l'Université,
La politique, l'idéal et les rouges qui ne font pas peur.
On rêvait de triomphes sur les places,
Le sacrifice était un mythe et l'Europe une illusion.
À l'Université, on combat, à l'Université on ne cède
Pas même un mètre à la foule des hargneux.
Prague, Budapest, les chansons de la rage,
On tombait avec le sourire de se sentir des lions.

Mais les souvenirs, on le sait, sont des marchandises invendues
Et tu es surpris de les voir ressurgir.
En prison tu as rêvé de ces beaux visages rieurs
Désormais visages du passé, rêves perdus.
Et Anna ou est-elle ? Ou s'est-elle réfugiée ?
Elle voulait combattre toujours à tes côtés.
Elle a épousé un riche, comme ça elle a les vacances d'été,
Un yacht, la Sardaigne et peut-être même un amant.
Gianni est parti lui aussi, avec femme et enfants,
Pour un monde en couleur : une grande télé.
Peu d'amis sont restés, toujours peu, les fidèles,
Pour passer les soirées un verre à la main,
À la recherche d'un souvenir qui réchauffe les os
Face à la glace inutile de ce présent
Et retrouver dans l'ombre de soirées désormais usées
Un souvenir, une douleur, cette antique clameur...

Ne te tourmente pas, mon vieux rebelle,
Les temps changent, tu le sais toi aussi.
Même tes ennemis, les figures les plus aguerries,
Sont de tristes produits de l'époque, ce sont des moutons repentis.
Lève-toi, regarde-toi en face,
Tes yeux ne doivent pas s'abaisser.
Sois fier de l'avenir mais retourne-toi,
Ce passé tu l'as vécu pour de vrai.
Et ce ne sont plus les barreaux qui t'étreignent le coeur,
Mais comment peut-on oublier cette antique clameur...

 

IL TROVATORE (1980)
(LE TROUBADOUR)

[Texte en Français]
Elle vivait dans un château du moyen âge
Entouré par les créneaux et la forêt.
Les princes la demandaient en mariage
Un pauvre garçon chantait à ses côtés.
Et la princesse le regardait,
Et la princesse riait.
Elle était belle comme le jour,
Mais bien trop belle pour un troubadour

Elle vivait dans un château dans la forêt
Dans un endroit merveilleux il y de nombreuses années
Tous les princes voulaient l'épouser
Un poète lui chantait sa chanson
La princesse le regardait
La princesse rêvait
Elle était belle comme un trésor
Mais trop belle pour un troubadour.

Je ne vous raconterai pas la fin elle est trop triste
Bien sûr les petites princesses sont pour les rois
Elle devint une reine aux yeux tristes.
Elle pleura jusqu'au matin et elle oublia.
C'est une histoire d'autrefois
C'est peut-être bien mon histoire
Elle était belle comme un trésor
Mais trop belle pour un troubadour.

Entrevue Discographie

 Historique
Paroles

270 bis Amici del Vento Aurora Compagnia Dell Anello  Delenda Carthago Hobbit Indole Intolleranza Londinium SPQR Massimo Morsello Non Nobis Domine Skoll Sotto Fascia Semplice Zeta Zero Alfa Lorien Perimetro

France

Québec

Suède

Slovénie

Espagne

Italie

Allemagne