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Traductions réalisées par le camarade "Edgir" ! Un grand merci à lui !!! SAIGON (1977) D'un garçon, d'un marine du Tennessee Il était rouge le grand soleil sur la baie de Vientiane, Ta main, sa main, l'une dans l'autre et puis Au loin, au loin, le grondement sinistre des avions Combien de fois les as-tu entendu sur Saigon Et à présent, avec les yeux Avec les yeux fixés vers le ciel Tu demeures étendue dans un champ de riz Et maintenant tu as payé ce petit peu d'amour Sous les lâches mitraillettes des libérateurs Les assassins, les plus forts, les nouveaux vainqueurs, Ils ont laissé ton corps un peu sali de sang, Toute rouge est à présent la mort Sa faucille et son marteau Alors qu'arrive de la mer le parfum de l'Orient, Tu te demandes pourquoi, tu te demandes qui A creusé ces fosses, qui a détruit ce rêve de liberté Ça a été les Vietcong, les Russes les chinois, Le je m'enfoutisme des riches bourgeois, Ça a été les gamins des groupuscules assassins, Ça a été les gens comme il faut, les nouveaux moralistes Ça a été les syndicats, esclaves de nombreux maîtres, Ça a été les communistes de toutes les nations, Ça a été les pacifistes, ça a été les progressistes, Ça a été les défaitistes Dans un bois d'orchidées tu as joué avec l'amour D'un garçon, d'un marine du Tennessee. (LES AMIS DU VENT) Voici notre histoire, celle de ma génération : Venus de l'enfer avec le feu dans les veines, Nous lancerons nos chaînes vers le ciel. Et nous reviendrons, Europe, nous te le promettons. Europe, nous reviendrons, unis pour toi. Jouez aujourd'hui même avec votre jeunesse. Si la malédiction, nous la portons sur le dos Nous la brûlerons ensemble avec le premier chiffon rouge. Nous irons ailleurs pour construire nos nids. Ils brûleront nos maisons, mais quelle importance ça a, Dans les maisons de nos frères, de la place il y aura. De nos noms le mur de la prison déborde. Mais mille et mille fois s'entendra le chant De celui qui ce soir chante pour sa liberté. Au coeur de ma bannière, une croix brûlera. Et ils trembleront à nouveau, les pharisiens de toujours, Et leur argent alors ne servira à rien. Nous le verrons alors implorer notre pitié. Et qui aujourd'hui nous méprise, demain reviendra, Lâche comme toujours, vers nous avec humilité. Et nous, nous sèmerons notre liberté. Elle balayera au loin les fils de la trahison, Mais nous, nous serons debout : nous sommes les Amis du Vent. (ANGELOT) Pour regarder la vie étrange de l'humanité mondaine Comme un homme il s'habilla et les ailes il se couvrit Ainsi il apparut normal, tout comme un humain Chaque rue il explora pour découvrir l'humanité Il entendit soudain un énorme hurlement Il vit des hommes s'enfuir Il aperçut un homme qui disait "mort aux riches" Mais qui était assis dans une auto de grand luxe Et les gens tous à pieds qui criaient sur la chaussée "C'est ça la démocratie !" Ce peuple de Dieu est vraiment un peu crétin À une école il arriva et là rencontré deux élèves Un peu farfelus qui criaient comme des fous. Le premier tout excité qui disait "Socialisme, Finalement nous avons brisé les frontières du racisme" L'autre encore plus échauffé répétait "Mort à l'Etat ! Le fascisme et les culs-terreux (1) Sont des chiens à bastonner". Désormais règne aussi à l'école Et même l'ange elle désespère. Va savoir de quelle contrée Il vit une splendide jeune fille encore en fleur Mêmes les anges ont un coeur et il y a place pour l'amour Avec les mains un peu tremblantes il se mit devant elle "Comme vous êtes belle douce jeune fille Si vous le permettez, Mademoiselle, nous nous voyons demain matin" "Tu peux aller te faire voir, sale macho prétentieux" Lui répondit la gamine en agitant sa jolie main "Mon utérus est géré par le responsable du parti Sale macho chauvin, hors de ma vue". Même l'amour est à présent contaminé Par la débilité de cet Etat. Et il arrive sur une place en repensant à la jeune fille Il aperçoit ensuite une soutane, une noire houppelande Il demande : "Excusez-moi, mais qui êtes-vous ?" "Jeune homme, je suis un prêtre" "Finalement j'ai trouvé un serviteur de qui m'a envoyé" "Doucement, le pêcheur, je ne connais pas ton seigneur" Répondit le prêtre excité et pour tout dire un peu énervé "Mon Dieu, dans cette société, s'appelle aujourd'hui syndicat Et à Marx, chaque soir, je consacre ma prière". De cette terre, moi je m'en vais" ! Il revint près du Seigneur, qui est le créateur des hommes, Et lui dit : "Doux Jésus, sur la terre moi je n'y vais plus Ils sont fous ces humains, même lorsqu'ils sont chrétiens" "Tu as raison le chérubin Ne t'en fais pas mon pauvre petit, tout est bien étrange là en bas Et la faute, ce n'est pas la tienne. Ce fût une erreur d'atterrissage, tu es parti avec courage Mais même Dieu parfois se trompe Tu as fini, hélas, en Italie." (CHANT DE PRISON) D'y plaquer quatre accords, D'y coller deux mots, De se mettre à chanter des histoires. Le secret pour réussir Pour percer sur le marché C'est de chanter les injustices Du pauvre et du déshérité. Et il y a celui qui chante le désespéré Qui a fini à San Vittore (1) Parce qu'un jour sur le marché Affamé, il a volé un chou-fleur. Et il y a celui qui chante le petit vieux Qui a fini à San Vittore Parce qu'un litron de gros rouge L'a fait chanter avec trop de bonne humeur. Et il y a celui qui chante cette dame Qui a fini à San Vittore Parce que pour nourrir ses enfants Elle vendait à tous un peu d'amour. Et les gens s'émeuvent, Et les gens ont le coeur sur la main Ils achètent le disque et se sentent concernés Par ce désolant drame humain. Mais moi en revanche je chante Des gens qui ne font pitié à personne, Parce que ce sont mes proches, Je connais chacun d'eux. Et moi je chante le Camarade Qui a fini à San Vittore Parce qu'un jour sur la place Il a défendu contre les flics les trois couleurs. Et moi je chante le Camarade Qui a fini à San Vittore Parce qu'il voulait que change Ce monde sans honneur. Et moi je chante les Camarades Qui finissent toujours dedans, Pour que le régime, sans la moindre peur, Puisse vivre content. Et moi je chante les Camarades Qui sont dedans sans motif, Hormis celui d'être vivants Sans s'en être excusés. Et moi je chante les Camarades Qu'en bas, à Rome, on a enfermé Parce que le ministre ne voulait pas Que le P.C.I. soit mécontent, Parce que même si l'on sait Que ceux qui tirent ce sont les communistes Le criminel, c'est beaucoup mieux De le rechercher parmi les Fascistes. Et moi je chante pour vous Camarades, Qui ce soir êtes seuls, Parce que derrières ces barreaux Nos coeurs sont avec vous. (FOURCHETTES NATIONALES) Dans cette Italie étrange et démocratisante : Pour se faire des gros sous-sous, des jolies lires et des bons dollars, Pour remporter le grand prix de l'attrape-millions. Pique de la main gauche, pique de la main droite, Et aux contribuables vide même la cave : Mais ne t'inquiètes pas, tu ne dois pas avoir peur Si tu es socialiste, la police ne te touche pas. Parti, Parti, Parti socialiste : La meilleure garantie du monde antifasciste Fourchettes, Fourchettes, Fourchettes nationales Pour gagner des milliards sans redressement fiscal. Apprends le métier à la perfection Et fais toi enseigner par le preux Giacomino (2) Comment d'une adjudication on tire un petit milliard De plus Mancini (2) pourra t'enseigner Comment en Italie tu peux chaparder à gogo Si tu roules l'Etat ainsi que l'électeur Au lieu d'un seul fauteuil, ils t'en donneront deux. Et laisse aux fascistes les redressements fiscaux, Poursuis sereinement ton chemin Parce que très vite l'occasion passera à ta portée Tu auras toi aussi une plaine calabraise Pour y faire un grand trou pour l'eau pluviale Tu y feras implanter un centre sidérurgique Et là, des milliards, tu en gagneras plus de cent. Tu diras que la leçon tu l'as apprise Et avec le grand maître et tous ses compagnons Tes gains somptueux tu pourras dépenser. Jusqu'à ce que, prends garde, ça pourrait arriver, L'Italie se lasse de tes détournements Et alors tu seras pris à coup de pieds, mon pauvre, Et tu finiras par terre avec le maître Giacomino. (2) Giacomo (Giacomino) Mancini, secrétaire du Parti socialiste italien, au coeur de scandales financiers dans les années 70. (FRANC TIREUR) Tombé là-bas à Florence avec une balle en plein coeur : On était en avril, le printemps commençait Ils l'ont eu à la tombée de la nuit. Vingt ans, Vingt ans : c'est peu pour mourir ! Mais mieux vaut crever pour vivre que vivre pour mourir. Ils l'ont fusillé à Ponte Vecchio là-bas sur l'autre rive. À présent ils sont ensemble, ils ne peuvent plus se séparer Et ils glissent lentement sur l'eau vers la mer. Même l'enfer ne pourra désormais les séparer : Ils ont prouvé avec les bombes, avec le désespoir Qu'on ne meurt pas de faim mais d'humiliation. Enfuis-toi gamine ! Enfuis-toi gamine ! Le sang ne doit pas toucher ta fleur. Le ciel est tout rouge, du feu il a la couleur Et brûle encore la vie de qui croit en l'honneur, Mais là-bas sur l'autre rive, on entend encore tirer Quelqu'un se bat encore et ne compte pas flancher. (JOURNALISTE DU REGIME) Je sais raconter des sornettes de qualité supérieure. J'écris dans des journaux d'opinion Et dans des quotidiens à large diffusion. Déjà tout petit j'étais toujours prêt À faire un compte-rendu détaillé Des bêtises des enfants Pour obtenir du maître d'école des sous-sous. Mais lorsque je devins un grand dadais, Je compris que je pouvais en empocher davantage Si on lieu du compte-rendu exact J'en rajoutais un peu dans mon récit. Et un jour je devins tout à fait un homme, Et soudain une occasion s'est présentée, Je me suis retrouvé par hasard sur la voie du journalisme À brandir la bannière de l'antifascisme. Finalement mon imagination Fut mise au service de la police, Ainsi j'ai inventé des coups d'Etat, des bombes et des complots noirs Et de mes lecteurs j'ai augmenté le nombre. Je devins un journaliste à la mode Et toute la société à présent fait mon éloge, Mais comme je suis avide d'honneur Je me suis transformé en héros de la résistance Je construis des bulles de savon, De toute façon le journal (1) les publie ensuite Et plus les sornettes sont cousues de fil blanc, Plus les gens les reprennent en coeur Parfois ça me surprend moi-même Que les gens hurlent ; " c'est vrai, c'est vrai ! " Dès que je prends en main un stylo Ou que j'agite l'antenne de la RAI (2), Je suis le costumier de la vérité, En tant que grand artiste je la façonne suivant mon bon vouloir : Et si 4 et 4 font 8 je lance les dés et j'en fais 48. J'ai écrit qu'en Italie on fait un coup d'Etat, Que des fachos cruels ont posé des bombes, Mais en réalité il s'agissait d'un vieillard mal-en-point Qui a crié : " quelle merde cet Etat ". Et je peux raconter que les brigades rouges, Sont des bobards, sont des complots inventés Et vous savez je n'ai aucun scrupule De toute façon je sais qu'après, tous vous me croyez. J'ai des poumons de grand champion, Je sais gonfler toute situation, Je pousse, je relâche, je freine, je fais et je défais, De toute façon je sais qu'à cet Etat je plais. Et je plais beaucoup parce que moi je suis beau Lorsque je raconte qu'avec un marteau Un petit gauchiste un peu apeuré A détruit par jeu le siège d'un parti. Pourtant au fond j'ai un peu exagéré, Si tu savais combien de bombes et de complots j'ai inventé, Si tu savais combien de morts ma plume a provoqué Si tu savais combien de haine j'ai déversé. Qu'importe si j'ai les poches pleines d'or, Qu'importe si je suis couronné de lauriers, Moi avec mon stylo j'ai envoyé à l'abattoir, Ce qu'en Italie il y avait de plus beau, Ce qu'en Italie il y avait de plus beau, Ce qu'en Italie il y avait de plus beau, Je suis un journaliste du régime, Je sais raconter des sornettes de première qualité. J'écris dans des journaux d'opinion, Et dans des quotidiens à large diffusion. (2) "RAI" : radio télévision italienne (LA RONDE) À faire de ma vie une table ronde Une place je veux te faire, toi qui est ma favorite, Une place pour ma mort, une place pour ma vie, Une place pour mon courage, une place pour la peur, Une place pour la morale, une place pour l'aventure ; Et même la conscience aujourd'hui n'a plus de prétentions Ils ont dit que la morale n'est qu'hypocrisie Et ils prennent une femme et la violent dans la rue Puis ils disent qu'il s'est agit d'un acte prolétaire Comme ça même le gouvernement n'a plus rien contre. Avec le café au lait, pendant le repas, au salon et en cuisine. Peur, plus que tout, de devenir un des leurs, Peur de me réveiller un jour et d'être Aldo Moro. (1) Pour ne pas mourir de rire en voyant certaines têtes, Qui parlent convaincus de la démocratie Puis votent communiste, mouais, pour moi c'est de la folie. Et face à elle un éclat de rire on peut même le faire, Mais aujourd'hui il y a un décès un peu particulier Et il n'y a pas de remède pour pouvoir le supporter Il s'agit de la mort de l'intelligence humaine, Qui te pousse à perdre toute patience, Quand le soir à la maison tu allumes la télévision, Et que tu observes la culture de cette nation italienne. Plus de voyages, ni de découvertes, ni même d'expéditions. Ou peut-être qu'un voyage quelqu'un peut encore le faire Avec la drogue il peut partir en commençant à rêver Et à casser les vitrines puis partir en expédition Avec en poche "L'Unità" (2) et à la main un beau bâton. Et même à découvrir il n'y a presque plus rien, Aujourd'hui, le porc tu peux le faire sous le nez des gens. Parce que le monde tourne, que change toute chose Si la terre est une ronde qui ne s'arrête jamais Aujourd'hui même celui pour qui ça va bien, demain aura des ennuis. Et toi parle, chante, joue, ris jusqu'à n'en plus pouvoir Parce que bientôt disparaîtra pour toujours la couleur rouge. (2) Journal du P.C.I. (LA LUNE ET LE CHEVALIER DU SOLEIL) Peins ton bouclier d'argent et de noir. Approche-toi, je veux te parler : Je veux t'indiquer la voie vers le ciel. Attends que le jour baisse la tête Et que la lune allume des lumières de fête ; Et sous la lune le soir resplendit, Il resplendit fort dans cette nuit noire. Tue ton roi : tu seras le maître du ciel, Et son sang - le sang du Soleil - Enferme-le dans un écrin recouvert de violettes. Et puis jette ton épée dans le lac : Elle sera transformée en émeraude par l'enchanteur. Et moi - la Lune - je régnerai pour l'éternité : Le sang fera fondre la glace de l'hiver". Je ne peux à ton calice boire avec avidité ! Moi, au Soleil, je lui dois ce corps, Le pouvoir sur le monde, les plus belles choses, Mais encore plus belle, pour moi, est ma foi, L'épée et la ta terre que foule mon pied, Le Soleil et la chaleur qui inonde la terre Voilà mon roi, pour lui je ferai la guerre ! Je défendrai ses fleurs contre la nuit froide, Moi je l'ai juré au chaud été : Il aura ses jours de fraîcheur et la mauve fleurira Moi je l'ai juré au doux automne : Il aura les feuilles jaunes et la vie grandira, Moi je l'ai même juré au vieil hiver : Avec la glace et avec le gel, je combattrai pour l'éternité ! Je suis né avec le soleil dans le coeur Mon roi ne mourra pas mais c'est le chevalier qui meurt". Referme la blessure ton sang m'aveugle, Dans le Soleil, dans le sang, le printemps reviendra Voici que pointe l'aube et c'est moi qui meurs avec la nuit." Dans le Soleil, dans le sang, le printemps reviendra Voici que pointe l'aube et c'est moi qui meurs avec la nuit." (NE PARLE PAS) C'est beaucoup mieux de ne pas dire un mot, Ils t'ont enseigné à ne pas protester De toute façon tu n'as rien à dire. Allez, ferme les yeux ne regarde pas, C'est beaucoup mieux de ne rien voir non plus, Ils t'ont enseigné à courber la tête, De toute façon il n'y a rien voir. Allez, dit oui, ne fais pas d'histoire, Ils t'ont enseigné à ne pas penser, De toute façon tu n'as rien à redire. C'est ainsi qu'est née la nouvelle société, Des montagnes jusqu'aux campagnes Est arrivé le communisme et la liberté. Dans les champs blonds de l'Ukraine, Ils t'ont enseigné à ne pas te souvenir, De toute façon il n'y a que la douleur dont tu puisses te souvenir, De ta maison il ne reste qu'une charpente, Sous tes champs il n'y a que du sang, Et ici en Sibérie il s'efface doucement, Comme le soleil qui se couche tellement lointain. Avec les blindés dans les villes, Mais cette Europe, patrie des lâches A appelé cela démocratisation, Et par le monde se diffuse cette odeur âcre Qui corrode celui qui a vendu son honneur, Mais les assassins à l'étoile rouge Devront payer jusqu'à la dernière fosse (1) Mais les assassins à l'étoile rouge Devront payer jusqu'à la dernière fosse (1). (RETOUR) Automne à la gare, ta femme n'est pas là. Tu salues les vieux amis qui ont vu la bataille, Tu marches dans les rues, lentement, lentement. Tu te sens comme un chien, il ne te reste plus qu'un uniforme, Deux glaives et ton honneur, le courage et une blessure. Revenir du désert, se sentir encore plus seul. Le vieux bar à l'angle, l'église rasée. Et les regards hostiles autour de toi, pas un mot, Quelqu'un t'observe et déjà voudrait ta peau. Et les yeux d'une femme qui regarde avec compassion Les vingt ans de celui qui a perdu, dans tes gestes un peu sauvages. Parce que tes dix-huit ans, tu les as joués avec la mort. Chaque jour, chaque instant tu as construit ton destin. Pour défendre un idéal, un honneur piétiné. Parce qui trahit septembre ne sera jamais pardonné. Ils continuent à te fixer derrière le judas d'une porte, Tu fais peur même vaincu, ce sont des lâches sans noms. Parce qu'à présent que les planqués ont brûlé ton monde, Toi tu rappelles encore des souvenirs qui ne seront pas oubliés. Ces années encore vertes dans ta chemise noire Demain, demain, tu devras recommencer À montrer au monde ce qu'est une foi véritable. À l'époque tu l'as joué pour un instant de fierté. Ces années encore vertes dans ta chemise noire Demain, demain, tu devras recommencer À montrer au monde ce qu'est une foi véritable. (TROIS HISTOIRES) Que de voitures encore en circulation à cette heure de la nuit. Pourquoi es-tu sortie de cette porche cochère, Les cheveux en bataille et déjà démaquillée ? Tu as laissé tombé ce soir ce monde de statues, Peut-être est-ce seulement ce soir que finalement tu as compris Que ton corps n'est pas un joujou sale Parce un gros bourgeois s'amuse un peu à faire des cochonneries. Peut-être est-ce seulement ce soir que tu as rêvé d'amour, Pas l'amour bavé pour te convaincre à te donner. Tu l'as rêvé dans un pré recouvert de fleurs Qui ne connaît pas la sueur, les draps et les coussins. Que de voitures encore en circulation à cette heure de la nuit. Pourquoi es-tu sortie de cette grille, Avec les yeux déjà éteints, avec les bras endoloris ? Tu a laissé tombé ce soir ce monde de "neige", Peut-être est-ce seulement ce soir que finalement tu as compris Que ton existence, non, ce n'est pas la drogue qui la crée Ils ont joué avec toi parce que c'était à la mode "Liberté pour la drogue" ont crié les camarades, Pour tuer ton âme ils ont troué tes mains. Peut-être est-ce seulement ce soir que tu as rêvé à la vie, Ce soir tu peux encore sentir bon le mimosa. Que de gens encore dans les rues à cette heure de la nuit. Pourquoi es-tu sortie de cette maison avec les larmes aux yeux et les mains sur ton ventre ? Tu a laissé tombé ce soir ce monde d'esclaves, Peut-être est-ce seulement ce soir que finalement tu as décidé Que ton enfant tu le garderas jusqu'au bout, Les camarades et le Parti, il n'y a pas que ça au monde. Ils se sont servis de ton corps, de l'ignorance, de la faim Pour montrer aux gens comme était beau l'avortement Ils t'ont traité de folle parce que de toute façon tu n'es qu'un numéro dans la foule, Juste bonne à brandir une pancarte sur la place. Que de lumières encore allumées à cette heure de la nuit. Et vous ce soir vous devenez des femmes, Finalement des femmes véritables Libérées de la liberté du sexe, de la liberté de la drogue, de la liberté de l'avortement. Libertés créées pour se servir de vous, dans un lit ou même sur les places Comme les images d'un carrousel Et à présent suivez votre chemin Ce soir vous avez la liberté d'être des femmes. |
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