Album "Girontodo" 1978 (12 titres)

Traductions réalisées par le camarade "Edgir" ! Un grand merci à lui !!!


SAIGON (1977)

Dans un bois d'orchidées tu as joué avec l'amour
D'un garçon, d'un marine du Tennessee
Il était rouge le grand soleil sur la baie de Vientiane,
Ta main, sa main, l'une dans l'autre et puis
Au loin, au loin, le grondement sinistre des avions
Combien de fois les as-tu entendu sur Saigon
Et à présent, avec les yeux
Avec les yeux fixés vers le ciel
Tu demeures étendue dans un champ de riz
Et maintenant tu as payé ce petit peu d'amour
Sous les lâches mitraillettes des libérateurs

Ils s'appellent toujours libérateurs
Les assassins, les plus forts, les nouveaux vainqueurs,
Ils ont laissé ton corps un peu sali de sang,
Toute rouge est à présent la mort
Sa faucille et son marteau
Alors qu'arrive de la mer le parfum de l'Orient,
Tu te demandes pourquoi, tu te demandes qui
A creusé ces fosses, qui a détruit ce rêve de liberté…
Ça a été les Vietcong, les Russes les chinois,
Le je m'enfoutisme des riches bourgeois,
Ça a été les gamins des groupuscules assassins,
Ça a été les gens comme il faut, les nouveaux moralistes
Ça a été les syndicats, esclaves de nombreux maîtres,
Ça a été les communistes de toutes les nations,
Ça a été les pacifistes, ça a été les progressistes,
Ça a été les défaitistes…
Dans un bois d'orchidées tu as joué avec l'amour
D'un garçon, d'un marine du Tennessee.

 

AMICI DEL VENTO (1978)
(LES AMIS DU VENT)

S'il y a mille histoires que le vent emporte au loin,
Voici notre histoire, celle de ma génération :
Venus de l'enfer avec le feu dans les veines,
Nous lancerons nos chaînes vers le ciel.

Refrain
Et nous reviendrons, Europe, nous te le promettons.
Europe, nous reviendrons, unis pour toi.

Réveillez-vous mes frères, debout, ne dormez plus :
Jouez aujourd'hui même avec votre jeunesse.
Si la malédiction, nous la portons sur le dos
Nous la brûlerons ensemble avec le premier chiffon rouge.

S'ils dénouent le noeud qui aujourd'hui nous tient unis,
Nous irons ailleurs pour construire nos nids.
Ils brûleront nos maisons, mais quelle importance ça a,
Dans les maisons de nos frères, de la place il y aura.

Ils ont fait des lois et des imbroglios pour nous faire taire,
De nos noms le mur de la prison déborde.
Mais mille et mille fois s'entendra le chant
De celui qui ce soir chante pour sa liberté.

Et mille bras tendus le monde reverra,
Au coeur de ma bannière, une croix brûlera.
Et ils trembleront à nouveau, les pharisiens de toujours,
Et leur argent alors ne servira à rien.

Et qui aujourd'hui fait la loi, demain rampera,
Nous le verrons alors implorer notre pitié.
Et qui aujourd'hui nous méprise, demain reviendra,
Lâche comme toujours, vers nous avec humilité.

Sur notre terre un vent soufflera,
Et nous, nous sèmerons notre liberté.
Elle balayera au loin les fils de la trahison,
Mais nous, nous serons debout : nous sommes les Amis du Vent.

 

ANGIOLETTO (1978)
(ANGELOT)

Sur la terre un chérubin débarqua un beau matin
Pour regarder la vie étrange de l'humanité mondaine
Comme un homme il s'habilla et les ailes il se couvrit
Ainsi il apparut normal, tout comme un humain

Avec entrain il se mit en marche vers la ville
Chaque rue il explora pour découvrir l'humanité
Il entendit soudain un énorme hurlement
Il vit des hommes s'enfuir
Il aperçut un homme qui disait "mort aux riches"
Mais qui était assis dans une auto de grand luxe
Et les gens tous à pieds qui criaient sur la chaussée
"C'est ça la démocratie !"

Cela, l'ange ne le comprenait pas
Ce peuple de Dieu est vraiment un peu crétin
À une école il arriva et là rencontré deux élèves
Un peu farfelus qui criaient comme des fous.
Le premier tout excité qui disait "Socialisme,
Finalement nous avons brisé les frontières du racisme"
L'autre encore plus échauffé répétait
"Mort à l'Etat ! Le fascisme et les culs-terreux (1)
Sont des chiens à bastonner".

C'est vraiment de l'incohérence et la débilité humaine
Désormais règne aussi à l'école
Et même l'ange elle désespère.

Il déboucha ensuite dans une rue
Va savoir de quelle contrée
Il vit une splendide jeune fille encore en fleur
Mêmes les anges ont un coeur et il y a place pour l'amour
Avec les mains un peu tremblantes il se mit devant elle
"Comme vous êtes belle douce jeune fille
Si vous le permettez, Mademoiselle, nous nous voyons demain matin"
"Tu peux aller te faire voir, sale macho prétentieux"
Lui répondit la gamine en agitant sa jolie main
"Mon utérus est géré par le responsable du parti
Sale macho chauvin, hors de ma vue".
Même l'amour est à présent contaminé
Par la débilité de cet Etat.

Et le Chérubin marche lentement tout attristé
Et il arrive sur une place en repensant à la jeune fille
Il aperçoit ensuite une soutane, une noire houppelande
Il demande : "Excusez-moi, mais qui êtes-vous ?"
"Jeune homme, je suis un prêtre"
"Finalement j'ai trouvé un serviteur de qui m'a envoyé"
"Doucement, le pêcheur, je ne connais pas ton seigneur"
Répondit le prêtre excité et pour tout dire un peu énervé
"Mon Dieu, dans cette société, s'appelle aujourd'hui syndicat
Et à Marx, chaque soir, je consacre ma prière".

"Ah quelle tristesse, quel désespoir
De cette terre, moi je m'en vais" !

Il retourna dans les cieux, l'angelot désespéré
Il revint près du Seigneur, qui est le créateur des hommes,
Et lui dit : "Doux Jésus, sur la terre moi je n'y vais plus
Ils sont fous ces humains, même lorsqu'ils sont chrétiens"
"Tu as raison le chérubin
Ne t'en fais pas mon pauvre petit, tout est bien étrange là en bas
Et la faute, ce n'est pas la tienne.
Ce fût une erreur d'atterrissage, tu es parti avec courage
Mais même Dieu parfois se trompe
Tu as fini, hélas, en Italie."

(1) Terrone : terme péjoratif qui désigne aussi les habitants du sud de l'Italie

 

CANTO DI GALERA (1978)
(CHANT DE PRISON)

Il suffit de prendre une guitare,
D'y plaquer quatre accords,
D'y coller deux mots,
De se mettre à chanter des histoires.
Le secret pour réussir
Pour percer sur le marché
C'est de chanter les injustices
Du pauvre et du déshérité.
Et il y a celui qui chante le désespéré
Qui a fini à San Vittore (1)
Parce qu'un jour sur le marché
Affamé, il a volé un chou-fleur.
Et il y a celui qui chante le petit vieux
Qui a fini à San Vittore
Parce qu'un litron de gros rouge
L'a fait chanter avec trop de bonne humeur.
Et il y a celui qui chante cette dame
Qui a fini à San Vittore
Parce que pour nourrir ses enfants
Elle vendait à tous un peu d'amour.
Et les gens s'émeuvent,
Et les gens ont le coeur sur la main
Ils achètent le disque et se sentent concernés
Par ce désolant drame humain.
Mais moi en revanche je chante
Des gens qui ne font pitié à personne,
Parce que ce sont mes proches,
Je connais chacun d'eux.
Et moi je chante le Camarade
Qui a fini à San Vittore
Parce qu'un jour sur la place
Il a défendu contre les flics les trois couleurs.
Et moi je chante le Camarade
Qui a fini à San Vittore
Parce qu'il voulait que change
Ce monde sans honneur.
Et moi je chante les Camarades
Qui finissent toujours dedans,
Pour que le régime, sans la moindre peur,
Puisse vivre content.
Et moi je chante les Camarades
Qui sont dedans sans motif,
Hormis celui d'être vivants
Sans s'en être excusés.
Et moi je chante les Camarades
Qu'en bas, à Rome, on a enfermé
Parce que le ministre ne voulait pas
Que le P.C.I. soit mécontent,
Parce que même si l'on sait
Que ceux qui tirent ce sont les communistes
Le criminel, c'est beaucoup mieux
De le rechercher parmi les Fascistes.
Et moi je chante pour vous Camarades,
Qui ce soir êtes seuls,
Parce que derrières ces barreaux
Nos coeurs sont avec vous.

(1) Prison de Milan

 

FORCHETTE NAZIONALI (1) (1978)
(FOURCHETTES NATIONALES)

Est née une coutume vraiment passionnante
Dans cette Italie étrange et démocratisante :
Pour se faire des gros sous-sous, des jolies lires et des bons dollars,
Pour remporter le grand prix de l'attrape-millions.
Pique de la main gauche, pique de la main droite,
Et aux contribuables vide même la cave :
Mais ne t'inquiètes pas, tu ne dois pas avoir peur
Si tu es socialiste, la police ne te touche pas.

Refrain
Parti, Parti, Parti socialiste :
La meilleure garantie du monde antifasciste
Fourchettes, Fourchettes, Fourchettes nationales
Pour gagner des milliards sans redressement fiscal.

Si ensuite tu veux être encore plus protégé
Apprends le métier à la perfection
Et fais toi enseigner par le preux Giacomino (2)
Comment d'une adjudication on tire un petit milliard
De plus Mancini (2) pourra t'enseigner
Comment en Italie tu peux chaparder à gogo
Si tu roules l'Etat ainsi que l'électeur
Au lieu d'un seul fauteuil, ils t'en donneront deux.

Brandis les drapeaux avec les voleurs nationaux
Et laisse aux fascistes les redressements fiscaux,
Poursuis sereinement ton chemin
Parce que très vite l'occasion passera à ta portée
Tu auras toi aussi une plaine calabraise
Pour y faire un grand trou pour l'eau pluviale
Tu y feras implanter un centre sidérurgique
Et là, des milliards, tu en gagneras plus de cent.

Et quand les gros sous-sous tu auras accumulé
Tu diras que la leçon tu l'as apprise
Et avec le grand maître et tous ses compagnons
Tes gains somptueux tu pourras dépenser.
Jusqu'à ce que, prends garde, ça pourrait arriver,
L'Italie se lasse de tes détournements
Et alors tu seras pris à coup de pieds, mon pauvre,
Et tu finiras par terre avec le maître Giacomino.

(1) Allusion aux socialistes Italiens qui avaient "un bon coup de fourchette" et se sont "gavés" en s'en mettant plain la panse avec l'argent public.
(2) Giacomo (Giacomino) Mancini, secrétaire du Parti socialiste italien, au coeur de scandales financiers dans les années 70.

 

FRANCO TIRATORE (1978)
(FRANC TIREUR)

Voici la ballade d'un franc-tireur
Tombé là-bas à Florence avec une balle en plein coeur :
On était en avril, le printemps commençait
Ils l'ont eu à la tombée de la nuit.

Refrain
Vingt ans, Vingt ans : c'est peu pour mourir !
Mais mieux vaut crever pour vivre que vivre pour mourir.

Il avait une petite amie, une petite amie blonde,
Ils l'ont fusillé à Ponte Vecchio là-bas sur l'autre rive.
À présent ils sont ensemble, ils ne peuvent plus se séparer
Et ils glissent lentement sur l'eau vers la mer.

Ils se tiennent par la main, ils ne veulent plus se quitter,
Même l'enfer ne pourra désormais les séparer :
Ils ont prouvé avec les bombes, avec le désespoir…
Qu'on ne meurt pas de faim mais d'humiliation.

Passe-moi la mitraillette, passe-moi un chargeur
Enfuis-toi gamine ! Enfuis-toi gamine !
Le sang ne doit pas toucher ta fleur.
Le ciel est tout rouge, du feu il a la couleur
Et brûle encore la vie de qui croit en l'honneur,
Mais là-bas sur l'autre rive, on entend encore tirer
Quelqu'un se bat encore et ne compte pas flancher.

 

GIORNALISTA DI REGIME (1978)
(JOURNALISTE DU REGIME)

Je suis un journaliste du régime,
Je sais raconter des sornettes de qualité supérieure.
J'écris dans des journaux d'opinion
Et dans des quotidiens à large diffusion.
Déjà tout petit j'étais toujours prêt
À faire un compte-rendu détaillé
Des bêtises des enfants
Pour obtenir du maître d'école des sous-sous.
Mais lorsque je devins un grand dadais,
Je compris que je pouvais en empocher davantage
Si on lieu du compte-rendu exact
J'en rajoutais un peu dans mon récit.
Et un jour je devins tout à fait un homme,
Et soudain une occasion s'est présentée,
Je me suis retrouvé par hasard sur la voie du journalisme
À brandir la bannière de l'antifascisme.
Finalement mon imagination
Fut mise au service de la police,
Ainsi j'ai inventé des coups d'Etat, des bombes et des complots noirs
Et de mes lecteurs j'ai augmenté le nombre.
Je devins un journaliste à la mode
Et toute la société à présent fait mon éloge,
Mais comme je suis avide d'honneur
Je me suis transformé en héros de la résistance
Je construis des bulles de savon,
De toute façon le journal (1) les publie ensuite
Et plus les sornettes sont cousues de fil blanc,
Plus les gens les reprennent en coeur
Parfois ça me surprend moi-même
Que les gens hurlent ; " c'est vrai, c'est vrai ! "
Dès que je prends en main un stylo
Ou que j'agite l'antenne de la RAI (2),
Je suis le costumier de la vérité,
En tant que grand artiste je la façonne suivant mon bon vouloir :
Et si 4 et 4 font 8 je lance les dés et j'en fais 48.
J'ai écrit qu'en Italie on fait un coup d'Etat,
Que des fachos cruels ont posé des bombes,
Mais en réalité il s'agissait d'un vieillard mal-en-point
Qui a crié : " quelle merde cet Etat ".
Et je peux raconter que les brigades rouges,
Sont des bobards, sont des complots inventés
Et vous savez je n'ai aucun scrupule
De toute façon je sais qu'après, tous vous me croyez.
J'ai des poumons de grand champion,
Je sais gonfler toute situation,
Je pousse, je relâche, je freine, je fais et je défais,
De toute façon je sais qu'à cet Etat je plais.
Et je plais beaucoup parce que moi je suis beau
Lorsque je raconte qu'avec un marteau
Un petit gauchiste un peu apeuré
A détruit par jeu le siège d'un parti.
Pourtant au fond j'ai un peu exagéré,
Si tu savais combien de bombes et de complots j'ai inventé,
Si tu savais combien de morts ma plume a provoqué
Si tu savais combien de haine j'ai déversé.
Qu'importe si j'ai les poches pleines d'or,
Qu'importe si je suis couronné de lauriers,
Moi avec mon stylo j'ai envoyé à l'abattoir,
Ce qu'en Italie il y avait de plus beau,
Ce qu'en Italie il y avait de plus beau,
Ce qu'en Italie il y avait de plus beau,
Je suis un journaliste du régime,
Je sais raconter des sornettes de première qualité.
J'écris dans des journaux d'opinion,
Et dans des quotidiens à large diffusion.

(1) "Corrierone" : allusion au Corriere della sera
(2) "RAI" : radio télévision italienne

 

GIROTONDO (1978)
(LA RONDE)

Aide-moi jeune fille à la tresse blonde
À faire de ma vie une table ronde
Une place je veux te faire, toi qui est ma favorite,
Une place pour ma mort, une place pour ma vie,
Une place pour mon courage, une place pour la peur,
Une place pour la morale, une place pour l'aventure ;

La morale n'existe pas, ils en changent tous les mois,
Et même la conscience aujourd'hui n'a plus de prétentions
Ils ont dit que la morale n'est qu'hypocrisie
Et ils prennent une femme et la violent dans la rue
Puis ils disent qu'il s'est agit d'un acte prolétaire
Comme ça même le gouvernement n'a plus rien contre.

La peur, celle-là est importante, tu la retrouves chaque matin
Avec le café au lait, pendant le repas, au salon et en cuisine.
Peur, plus que tout, de devenir un des leurs,
Peur de me réveiller un jour et d'être Aldo Moro. (1)

Du courage, il en faut pour affronter les crises
Pour ne pas mourir de rire en voyant certaines têtes,
Qui parlent convaincus de la démocratie
Puis votent communiste, mouais, pour moi c'est de la folie.

La mort naturelle est un évènement tout à fait normal
Et face à elle un éclat de rire on peut même le faire,
Mais aujourd'hui il y a un décès un peu particulier
Et il n'y a pas de remède pour pouvoir le supporter
Il s'agit de la mort de l'intelligence humaine,
Qui te pousse à perdre toute patience,
Quand le soir à la maison tu allumes la télévision,
Et que tu observes la culture de cette nation italienne.

Même l'aventure aujourd'hui a changé,
Plus de voyages, ni de découvertes, ni même d'expéditions.
Ou peut-être qu'un voyage quelqu'un peut encore le faire
Avec la drogue il peut partir en commençant à rêver
Et à casser les vitrines puis partir en expédition
Avec en poche "L'Unità" (2) et à la main un beau bâton.
Et même à découvrir il n'y a presque plus rien,
Aujourd'hui, le porc tu peux le faire sous le nez des gens.

Mais la vie après tout est une grande satisfaction,
Parce que le monde tourne, que change toute chose
Si la terre est une ronde qui ne s'arrête jamais
Aujourd'hui même celui pour qui ça va bien, demain aura des ennuis.
Et toi parle, chante, joue, ris jusqu'à n'en plus pouvoir
Parce que bientôt disparaîtra pour toujours la couleur rouge.

(1) Chef de la démocratie chrétienne, abattu par les Brigades rouges en 1978
(2) Journal du P.C.I.

 

LA LUNA ED IL CAVALIERE DEL SOLE (1978)
(LA LUNE ET LE CHEVALIER DU SOLEIL)

"Va, chevalier, sur ton chemin,
Peins ton bouclier d'argent et de noir.
Approche-toi, je veux te parler :
Je veux t'indiquer la voie vers le ciel.
Attends que le jour baisse la tête
Et que la lune allume des lumières de fête ;
Et sous la lune le soir resplendit,
Il resplendit fort dans cette nuit noire.

Si tu veux régner sur la nuit et sur le gel
Tue ton roi : tu seras le maître du ciel,
Et son sang - le sang du Soleil -
Enferme-le dans un écrin recouvert de violettes.
Et puis jette ton épée dans le lac :
Elle sera transformée en émeraude par l'enchanteur.
Et moi - la Lune - je régnerai pour l'éternité :
Le sang fera fondre la glace de l'hiver".

"Non, Lune, non, moi je suis un chevalier,
Je ne peux à ton calice boire avec avidité !
Moi, au Soleil, je lui dois ce corps,
Le pouvoir sur le monde, les plus belles choses,
Mais encore plus belle, pour moi, est ma foi,
L'épée et la ta terre que foule mon pied,
Le Soleil et la chaleur qui inonde la terre
Voilà mon roi, pour lui je ferai la guerre !

Moi j'en ai fait le serment au printemps :
Je défendrai ses fleurs contre la nuit froide,
Moi je l'ai juré au chaud été :
Il aura ses jours de fraîcheur et la mauve fleurira
Moi je l'ai juré au doux automne :
Il aura les feuilles jaunes et la vie grandira,
Moi je l'ai même juré au vieil hiver :
Avec la glace et avec le gel, je combattrai pour l'éternité !
Je suis né avec le soleil dans le coeur
Mon roi ne mourra pas mais c'est le chevalier qui meurt".

"Non ne t'ouvres pas les veines ce soir,
Referme la blessure ton sang m'aveugle,
Dans le Soleil, dans le sang, le printemps reviendra
Voici que pointe l'aube et c'est moi qui meurs avec la nuit."
Dans le Soleil, dans le sang, le printemps reviendra
Voici que pointe l'aube et c'est moi qui meurs avec la nuit."

 

NON PARLARE (1978)
(NE PARLE PAS)

Silence, ne parle pas,
C'est beaucoup mieux de ne pas dire un mot,
Ils t'ont enseigné à ne pas protester
De toute façon tu n'as rien à dire.
Allez, ferme les yeux ne regarde pas,
C'est beaucoup mieux de ne rien voir non plus,
Ils t'ont enseigné à courber la tête,
De toute façon il n'y a rien voir.
Allez, dit oui, ne fais pas d'histoire,
Ils t'ont enseigné à ne pas penser,
De toute façon tu n'as rien à redire.

C'est ainsi qu'ils ont créé la nouvelle morale,
C'est ainsi qu'est née la nouvelle société,
Des montagnes jusqu'aux campagnes
Est arrivé le communisme et la liberté.

Tu te souviens de ta maison,
Dans les champs blonds de l'Ukraine,
Ils t'ont enseigné à ne pas te souvenir,
De toute façon il n'y a que la douleur dont tu puisses te souvenir,
De ta maison il ne reste qu'une charpente,
Sous tes champs il n'y a que du sang,
Et ici en Sibérie il s'efface doucement,
Comme le soleil qui se couche tellement lointain.

Ils sont passés comme ils le font à chaque fois,
Avec les blindés dans les villes,
Mais cette Europe, patrie des lâches
A appelé cela démocratisation,
Et par le monde se diffuse cette odeur âcre
Qui corrode celui qui a vendu son honneur,
Mais les assassins à l'étoile rouge
Devront payer jusqu'à la dernière fosse (1)
Mais les assassins à l'étoile rouge
Devront payer jusqu'à la dernière fosse (1).

(1) Les foibe (pluriel de foiba) sont les fosses dans lesquelles furent jetés des milliers d'italiens par les partisans communistes à partir de 1943. Elles évoquent le génocide programmé des Italiens de l'Istrie, de la Dalmatie de la Vénétie Giulia et la "purification politique" de la zone du Frioul qui devait devenir la 7e République fédérée de Yougoslavie, selon le dessein poursuivi non seulement par les partisans slaves de Tito mais également par les partisans italiens garibaldiens qui avaient rejoint avec armes et bagages le IXe corps slovène. Les foibe furent ouvertes immédiatement après le 8 septembre 1943. Des hordes de partisans slavo-communistes s'acharnèrent sur des hommes et des femmes sans défense. Les atrocités se poursuivirent jusqu'en 1947, ne touchant pas uniquement les fascistes ou les combattants de la RSI, mais quiconque était susceptible de représenter un danger pour le projet d'annexion de cette partie de l'Italie à la Yougoslavie.

 

RITORNO (1978)
(RETOUR)

Un jour après l'autre et tombent les feuilles,
Automne à la gare, ta femme n'est pas là.
Tu salues les vieux amis qui ont vu la bataille,
Tu marches dans les rues, lentement, lentement.
Tu te sens comme un chien, il ne te reste plus qu'un uniforme,
Deux glaives et ton honneur, le courage et une blessure.
Revenir du désert, se sentir encore plus seul.
Le vieux bar à l'angle, l'église rasée.
Et les regards hostiles autour de toi, pas un mot,
Quelqu'un t'observe et déjà voudrait ta peau.
Et les yeux d'une femme qui regarde avec compassion
Les vingt ans de celui qui a perdu, dans tes gestes un peu sauvages.
Parce que tes dix-huit ans, tu les as joués avec la mort.
Chaque jour, chaque instant tu as construit ton destin.
Pour défendre un idéal, un honneur piétiné.
Parce qui trahit septembre ne sera jamais pardonné.
Ils continuent à te fixer derrière le judas d'une porte,
Tu fais peur même vaincu, ce sont des lâches sans noms.
Parce qu'à présent que les planqués ont brûlé ton monde,
Toi tu rappelles encore des souvenirs qui ne seront pas oubliés.

Tu as amené avec toi ton printemps,
Ces années encore vertes dans ta chemise noire
Demain, demain, tu devras recommencer
À montrer au monde ce qu'est une foi véritable.

Et à présent que ton fils réclame déjà la richesse.
À l'époque tu l'as joué pour un instant de fierté.

Tu as amené avec toi ton printemps,
Ces années encore vertes dans ta chemise noire
Demain, demain, tu devras recommencer
À montrer au monde ce qu'est une foi véritable.

 

TRE STORIE (1978)
(TROIS HISTOIRES)

Que de gens, que de lumières,
Que de voitures encore en circulation à cette heure de la nuit.
Pourquoi es-tu sortie de cette porche cochère,
Les cheveux en bataille et déjà démaquillée ?
Tu as laissé tombé ce soir ce monde de statues,
Peut-être est-ce seulement ce soir que finalement tu as compris
Que ton corps n'est pas un joujou sale
Parce un gros bourgeois s'amuse un peu à faire des cochonneries.
Peut-être est-ce seulement ce soir que tu as rêvé d'amour,
Pas l'amour bavé pour te convaincre à te donner.
Tu l'as rêvé dans un pré recouvert de fleurs
Qui ne connaît pas la sueur, les draps et les coussins.

Que de gens, que de lumières,
Que de voitures encore en circulation à cette heure de la nuit.
Pourquoi es-tu sortie de cette grille,
Avec les yeux déjà éteints, avec les bras endoloris ?
Tu a laissé tombé ce soir ce monde de "neige",
Peut-être est-ce seulement ce soir que finalement tu as compris
Que ton existence, non, ce n'est pas la drogue qui la crée
Ils ont joué avec toi parce que c'était à la mode
"Liberté pour la drogue" ont crié les camarades,
Pour tuer ton âme ils ont troué tes mains.
Peut-être est-ce seulement ce soir que tu as rêvé à la vie,
Ce soir tu peux encore sentir bon le mimosa.

Que de lumières, que de voitures,
Que de gens encore dans les rues à cette heure de la nuit.
Pourquoi es-tu sortie de cette maison avec les larmes aux yeux et les mains sur ton ventre ?
Tu a laissé tombé ce soir ce monde d'esclaves,
Peut-être est-ce seulement ce soir que finalement tu as décidé
Que ton enfant tu le garderas jusqu'au bout,
Les camarades et le Parti, il n'y a pas que ça au monde.
Ils se sont servis de ton corps, de l'ignorance, de la faim
Pour montrer aux gens comme était beau l'avortement
Ils t'ont traité de folle parce que de toute façon tu n'es qu'un numéro dans la foule,
Juste bonne à brandir une pancarte sur la place.

Que de gens, que de gens,
Que de lumières encore allumées à cette heure de la nuit.
Et vous ce soir vous devenez des femmes,
Finalement des femmes véritables
Libérées de la liberté du sexe, de la liberté de la drogue, de la liberté de l'avortement.
Libertés créées pour se servir de vous, dans un lit ou même sur les places
Comme les images d'un carrousel
Et à présent suivez votre chemin
Ce soir vous avez la liberté d'être des femmes.

Entrevue Discographie

 Historique
Paroles

270 bis Amici del Vento Aurora Compagnia Dell Anello  Delenda Carthago Hobbit Indole Intolleranza Londinium SPQR Massimo Morsello Non Nobis Domine Skoll Sotto Fascia Semplice Zeta Zero Alfa Lorien Perimetro

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