Album "Decimo - Dixième" 2003 (14 titres)

Traductions réalisées par le camarade "Edgir" ! Un grand merci à lui !!!

 

CARA AMICA
(CHERE AMIE)

Note des auteurs : Cette chanson a diverses lectures et ses origines appartiennent à une sphère extrêmement intime. C'est un voyage, de l'imagination, du désir et de quelque chose d'autre. Que chacun fasse le sien.

Chère amie de ma vie entière
Je ne peux mieux t'expliquer
Mais disons pour nous comprendre
Que c'est lorsque je dors que je suis le plus éveillé
Et qu'alors que je suis là dans le lit
Se passent des choses que je ne t'ai jamais dites
Certaines fois, ma mie, je sors des draps
Et ce que je laisse étendu à tes côtés
Est seulement ce dont je suis le plus fatigué
Certaines fois je dois m'en aller
Et tu ne peux venir avec moi
Parce que la route que je dois parcourir
Je ne peux l'enseigner à personne d'autre
Je peux simplement te dire ce en quoi je crois le plus fermement
Qu'il y a un sentier couvert de givre
Qui disparaît dès qu'arrive le matin
Et à la fin de nos jours
De la maison tu viens et à la maison tu t'en retournes
Allons à la maison, allez !
Allons à la maison, allez !
Allons à la maison
Allons à la maison.

 

LIBERTARI
(LES LIBERTAIRES)

Note des auteurs : Difficile de le croire, à l'écouter aujourd'hui, mais il s'agit d'une ballade du 18e siècle. Le texte est une traduction, relativement fidèle à l'original, de la chanson des rebelles écossais, les "Jacobites", fidèles à Jacques II Stuart, le légitime souverain renversé par Guillaume III d'Orange. Bien évidemment les flics et les rebelles sont les mêmes dans chaque pays et à chaque époque.

Libertaires mais seulement de nom
Vous entendrez, vous entendrez
Libertaires mais seulement de nom
Vous comprendrez

Libertaires mais seulement de nom
Vous, vous parlez mais il y en a qui meurent

Libertaires mais seulement de nom
Vous entendrez, vous entendrez
Libertaires mais seulement de nom
Vous comprendrez

Ce qui est bien et ce qui est mal
Pour la loi, pour la loi,
Ce qui est bien et ce qui est mal
Pour la loi

Entre le couteau du brigand et le noeud coulant de la police (1)
Sais-tu me dire ce qui est le mieux
Pour la loi, pour la loi,
Ce qui est bien et ce qui est mal
Pour la loi

Mais le tambour sonne doucement dans la nuit, dans la nuit
Le tambour sonne doucement dans la nuit
Pour nous appeler au combat
Pour notre liberté
Le tambour sonne doucement dans la nuit, dans la nuit
Le tambour sonne doucement dans la nuit

Ma femme, si je ne reviens pas
À mes fils, à mes fils
Ma femme, si je ne reviens pas
À mes fils tu diras
Qu'il faut aussi savoir accepter de mourir
Si tu veux la liberté
Ma femme, ma femme
Si tu veux la liberté
Mon fils

Mais le tambour sonne doucement dans la nuit, dans la nuit
Le tambour sonne doucement dans la nuit
Pour nous appeler au combat
Pour notre liberté
Le tambour sonne doucement dans la nuit, dans la nuit
Le tambour sonne doucement dans la nuit.

(1) Allusion au "suicide" de Ninno de Angelis, militant de Terza Posizione et frère du chanteur, dans les locaux de la police en 1980.[NdT]


NON SCORDO
(JE N'OUBLIE PAS)

Note des auteurs : Ce morceau part du souvenir de l'assassinat de Mikis Mantakas en 1975, pour parcourir dix ans de martyrs. Qui n'a pas de mémoire n'a pas de futur. Moi, je n'oublie pas.

Moi je ne peux oublier
Ma rage et la honte
De voir un garçonnet
Déjà cloué au pilori
Pour avoir voulu dire
"Moi je ne peux oublier
Un passé digne
Pour lequel j'éprouve de l'honneur"
Il a été traîné
Dans les couloirs de l'école
Avec une pancarte autour du cou
Sur laquelle était écrit un mot
Qui pour nous signifiait
Quelqu'un ayant un idéal
Mais qui pour tout le monde
Était le symbole du mal
Et nous, nous sommes encore là
Pour nous souvenir
Et nous, nous sommes encore là
Face à ceux qui veulent oublier
Moi, je ne peux plus effacer le souvenir
De son corps sur le pavé (1)
Et de la fleur qui avait éclose
De son sang coagulé
Et une ordure de journaliste
Préparait déjà une histoire
Au scénario éculé
Pour en salir la mémoire
Jusqu'à dire
Que c'était l'un de ses camarades
Qui lui avait tiré dans la nuque
En profitant du bordel
Pour faire retomber la faute
Sur ces malheureux gauchistes
Injustes victimes
Du fascisme et de ses duperies
Mais nous, nous sommes encore là
Pour nous souvenir
Et nous, nous sommes encore là
Face à ceux qui veulent oublier
Moi je ne crie pas vengeance
Je ne m'attends pas à la transparence
Cette maudite terre
Ne connaît pas la justice
Je veux simplement me souvenir
Sans déranger les morts
Mais pour qu'au moins nos fils
Ne connaissent pas de telles injustices
Et nous, nous sommes encore là
Pour nous souvenir
Et nous, nous sommes encore là
Face à ceux qui veulent oublier
Pour mille et mille et mille et mille ans.

(1) Le 28 février 1975, l'étudiant grec Mikis Mantakas, militant des Fuan [organisation étudiante du MSI NdT] fut abattu lors d'un assaut contre le local de la section de Via Ottaviano à Rome, lancé par des extrémistes de gauche qui venaient du tribunal où se déroulait le procès des militants de "Pouvoir Ouvrier".

 

OCEANO DI GUERRIERI
(OCÉAN DE GUERRIERS)

Note des auteurs : Vétérans d'une guerre perdue, vous rentrez à la maison et vous ne voyez que désintérêt, désillusions et charlatans et des vantards qui piétinent la mémoire de vos morts pour mieux se draper dans leur propre gloire. Quel serait votre rêve le plus cher sinon celui d'entendre à nouveau sonner au loin la cornemuse et de voir réapparaître derrière les collines une mer de drapeaux ?

Pourquoi devrais-je vivre
Pour qui devrais-je mourir
Il n'y a plus rien à faire
Il n'y a plus rien à dire
Je dois seulement penser
À gagner les sous
Pour retourner le lendemain travailler
Tous les amis sont casés
Il n'y a plus de frères
Il n'y a plus de camarades
Un seul fleuve
Perdu en mille petits ruisseaux
Une seule progression
Dispersée en mille ruelles
Mais là-bas
Là-bas à l'horizon
Je vois monter la marée
D'un océan de guerriers
Hommes et femmes
Unis comme hier
La marée qui monte
D'un océan de guerriers
J'ai rêvé que nous étions
Un unique destin
Un seul chant unanime
Sur un unique chemin
Non plus occupés
À dresser des barrières
Pour servir les intérêts
Des assoiffés de pouvoir
Non plus divisés
Une unique réalité
L'unique bannière
D'une seule identité
D'un seul océan
S'écoulent mille petits ruisseaux
Sur une seule place
Débouchent mille ruelles
Mais là-bas
Là-bas à l'horizon
Je vois monter la marée
D'un océan de guerriers
Hommes et femmes
Unis comme hier
La marée qui monte
D'un océan de guerriers
Hier pour aujourd'hui
Demain comme hier
La marée qui monte
D'un océan de guerriers.


SALVE SOLE
(SALUT SOLEIL)

Note des auteurs : Le dernier jour en prison est comme un second accouchement. Presque, on ne parvient pas à s'en aller. Dehors il y a le soleil, mais derrière toi, dans l'obscurité, demeurent ceux avec qui tu as pleuré et ri pendant une durée qui te semble la vie entière. Comment faire pour s'arracher à eux et comment peux-tu ne pas le faire ? Une partie de ton coeur reste derrière ce mur tant que tous ne sont pas dehors.

Salut Soleil
Salut chant des oiseaux
Salut miettes de pain
Salut matin
Qui ouvrira toutes les cellules
Salut à toi ma femme
Que le lendemain emporte
Salut pluie
Salut vent de tempête
Salut étoiles dans le ciel
Dans la nuit noire
Salut mes amis
Et mes compagnons des jours passés
Salut à vous mes frères
Et mes compagnes
De tous mes rêves
Et si demain n'était pas comme aujourd'hui
Et si se terminaient
Cette nuit mes soucis
Et si au matin
Nous n'étions plus voisins
Ne m'oubliez pas
Parce que moi je n'oublie pas
Ne m'oubliez pas.

 

SETTEMBRE NERO
(SEPTEMBRE NOIR)

Note des auteurs : Terre Sainte, terre martyre, terre de Palestine. Chaque garçon qui tombe est une blessure dans notre coeur. Cette chanson a été écrite en 1978, le martyr n'a pas cessé et la liberté est encore longue à venir.

Le monde nous a taxé
De brigands et d'assassins
De tueurs de femmes et d'enfants
Mais personne ne veut voir
Les corps déchirés de nos fils sous les blindés
Les camps dévastés
Par le feu américain
Sur nos corps
Par les hyènes de Sharon

Refrain
Mais au milieu des dunes
Se dresse la mitraillette de Septembre noir
Sur la Palestine, est désormais ressuscité l'esprit guerrier

Nous n'en pouvions plus
Du bâton de berger
Nos fils préfèrent le fusil
La haine qu'ils ont goûtée avec le lait de leur mère
Explose maintenant dans les avions de El Al
Nous n'en pouvions plus
De porter sur les épaules
La domination d'une race de marchands
Si avec l'or ils ont acheté
Ma maison et ma terre
Ma liberté, elle, se paye avec le sang

Ils crient tout en brûlant nos maisons
Ils chantent la paix et violent nos femmes
L'aide pour le plus riche
La baïonnette pour les moribonds
Voilà leurs lois
Mais Mahomet nous montre la route à suivre
Notre Allah, nous lui rendons hommage avec le TNT
À qui prêche la paix en massacrant mon peuple
Dans le Coran notre dieu répond "Guerre !".

 

CLARETTA E BEN
(CLARETTA ET BEN)

Note des auteurs : Il y a des chansons qui tombent directement du ciel. On connaît la main qui les a écrites mais honnêtement on ne peut pas dire qui en est le véritable auteur : on se lève un matin et la chanson est là, belle et prête. Nous n'en sommes que les interprètes.

Réveillez-vous là-haut
Secouez-vous
Je vois le ciel comme une bannière
Comme un aigle au milieu des nuages
Qui ressurgit de la mémoire
Peut-être est-ce un hymne
Ou seulement un songe
Le souvenir d'une chanson
Mais à présent elle grandi
Comme le rythme
D'une marche dans mon coeur
Ils ont dansé sur leur corps
Ils ont craché sur leur nom
Ils ont caché leur tombe
Mais ils ne peuvent pas les effacer
Tu peux les voir, tu sais
Ils sont tous là
Avec les bras tendus vers le soleil
Ils sont tous là
Moi je les vois
Il pleut des fleurs sur Piazzale Loreto (1)
C'est une place remplie de rêves
Une armée d'amis chers
Mille âmes de ceux qui sont tombés
Mais dans le souvenir ils n'ont pas été tués
Ce sont les jeunes de Acca Larentia (2)
Et les garçons en chemises noires
Nos frères de Primavalle (3)
Et les martyrs de l'Emilie (4)
Et à présent ils sont là
Ils sont toujours là
Ils sont revenus marcher encore
Sortis des cellules
Des fosses (5)
Des recoins de la mémoire
Mille sont devant moi
Mille sont derrière
Et mille autres de chaque côté
C'est difficile
Mais j'y crois
Il pleut des fleurs sur Piazzale Loreto
Et moi j'ai le coeur noir (6)
Et tant de gens
Me voudraient au cimetière
Mais moi j'ai le coeur noir
Et je m'en fous et je crache
Au visage du monde entier.

 

(1) Place de Milan où furent exposés les cadavres de Mussolini et de sa maîtresse Clara Petacci, pendus à des crocs de bouchers.

(2) Le 7 janvier 1978 en sortant d'une réunion de la section du MSI de Via Acca Larentia à Rome, trois jeunes nationalistes essuient un feu croisé d'armes automatiques. Franco BIGONZETTI (20 ans) et Francesco CIAVATTA (18 ans) sont blessés à mort. Vincenzo SEGNERI, blessé à un bras, parvient à rentrer et à refermer la porte blindée. Il décédera durant son trajet à l'hôpital. Aussitôt la nouvelle diffusée, les camarades accourent vers la section. La tension est à son comble. L'indifférence et l'arrogance des journalistes présents dépassent toutes les limites. Un journaliste de la RAI jette par mépris (ou par distraction) son mégot dans la flaque de sang de Francesco. La réaction des camarades présents est immédiate. Les forces de l'ordre chargent et lancent des grenades lacrymogènes. Stefano RECCHIONI, militant du Fronte della Gioventù, est blessé par un projectile tiré par le Capitaine des carabiniers. Il décédera deux jours plus tard à l'hôpital. Le massacre est revendiqué par les Noyaux Armés de Contre-pouvoir territorial au nom de "l'antifascisme militant". Les membres présumés du commando furent tous acquittés pour insuffisance de preuves. Depuis, les camarades romains commémorent chaque année l'anniversaire du massacre.

(3) En 1973 à Rome est incendiée l'habitation du secrétaire de la section MSI de Primavalle. dans le brasier périssent deux de ses fils, Virgilio et Stefano.

(4) Région d'Italie.

(5) Les foibe (pluriel de foiba) sont les fosses dans lesquelles furent jetés des milliers d'italiens par les partisans communistes à partir de 1943. Elles évoquent le génocide programmé des italiens de l'Istrie, de la Dalmatie de la Vénétie Giulia et la "purification politique" de la zone du Frioul qui devait devenir la 7e République fédérée de Yougoslavie, selon le dessein poursuivi non seulement par les partisans slaves de Tito mais également par les partisans italiens garibaldiens qui avaient rejoint avec armes et bagages le IXe corps slovène. Les foibe furent ouvertes immédiatement après le 8 septembre 1943. Des hordes de partisans slavo-communistes s'acharnèrent sur des hommes et des femmes sans défense. Les atrocités se poursuivirent jusqu'en 1947, ne touchant pas uniquement les fascistes ou les combattants de la RSI mais quiconque était susceptible de représenter un danger pour le projet d'annexion de cette partie de l'Italie à la Yougoslavie.

(6) C'est-à-dire de la même couleur que certaines chemises.

 

ERI BELLA
(TU ÉTAIS BELLE (1))

Note des auteurs : Belle et rebelle. Un jeu de mot toujours actuel. Une petite amie belle, simple et pure. C'est le rêve de chacun. Trop souvent, c'est simplement un rêve.

Il était beau ton sourire
Et la main que tu me donnais
Était belle et me serrait
Et elle m'aidait à crier

C'était beau d'être ensemble
Sur les bancs et les divans
C'était bien de me désaltérer
Avec l'amour que tu me donnais

Tu étais belle, tu étais belle, tu es rebelle

Et tu es morte dans un couvent
Ou sur le billard d'un chirurgien
Et tu es morte au centre de consultation
Ou tu es nue dans un journal
Et à présent tu contemples les jours passés
Et tu vis recluse chez toi
Peut-être penses-tu à moi et me souris-tu
Et m'imagines-tu dans les rues

Tu étais belle, tu étais belle, tu es rebelle

Et tu as tout oublié
Et moi je suis peut-être en train de mourir
Je suis en train de mourir à l'école
Je suis en train de mourir au travail
Peut-être ensanglanté au commissariat
Peut-être debout au tribunal
Ou étendu sur une place
Ou détruit dans une cellule

Tu étais belle, tu étais belle, tu es rebelle.

(1) Jeux de mots entre "eri bella" (tu étais belle) et "e ribella" (et rebelle).

 

C'E IN TE
(IL Y A EN TOI)

Comment pourrais-je, je ne le sais pas
Te dire normalement
Comme un autre te le dirait
Que même quand on ne dirait pas
Je veux être avec toi
Mais quelque chose m'appelle
Pour t'expliquer
Je peux dire que je me sens plus près de toi
Que quiconque d'autre qui me vient à l'esprit
Moi, je te vois avec moi
Il y a pour moi
Il y a quelque chose
Qu'il n'y a pas chez les autres,
Mais que je trouve en toi
Je sais qu'à me voir ainsi
Je ne t'apporte pas la sécurité
Pas plus qu'à quiconque
Mais je voudrais vraiment que tu me vois
Comme si j'étais un peu plus proche de toi
Je serai loin et pourtant
Moi aussi je sais aimer
Peut-être de façon un peu étrange
Il y a pour moi
Il y a quelque chose
Qu'il n'y a pas chez les autres,
Mais que je trouve en toi
Il y a pour moi
Il y a quelque chose
Qu'il n'y a pas chez les autres,
Mais que je trouve en toi.

 

UNA NOTTE ALL'IRISH OVER
(UNE NUIT À L'IRISH OVER)

Note des auteurs : Il existe vraiment. C'est un pub du quartier Vescovio de Rome. Inutile de dire ce que l'on y faisait ; tout ce que l'on fait dans une bièrerie, y compris se saouler, pleurer sur son sort, se lamenter à propos de la vie, des femmes et (évidemment) du prix de la bière !

Avec la pluie qui tombe
Et le froid qui m'assaille
Je ne supporte pas les lumières
Et le bordel dans les bars
Je suis un malade sans soins
Je n'ai plus un rond
Et je traîne dans les rues de Rome

La fille du docteur
Aux yeux comme la mer
Et si tu plonges dedans
Tu risques de t'y noyer
Et si tu ajoutes en plus
Que je ne sais pas nager
Chaque fois que je la rencontre
Je commence à m'inquiéter
Apporte-moi une bière
Que je me la descende
Et porte m'en une autre
Qu'une seule je ne la sens même pas
D'accord, je suis un ivrogne
Mais que veux-tu que j'y fasse
Chaque fois que je ne bois pas
Me vient envie de vomir
Et à présent le soir tombe
Et moi je fonds comme de la cire
Et il me semble entrer
Dans la scène d'un film
Quand elle disait "Mon amour
Je ne veux plus te quitter"
Et que pourtant elle disparaissait
Sans même un pourquoi
J'aurais pu être en Afrique
À chasser le lion
Alors que je suis resté ici
À m'emmerder
Je pensais que c'était l'amour
Mais c'est du bidon
Et pourtant elle m'a fendu
Le coeur à coup de hache
Et porte moi à boire
Qu'au moins je me console
Verse ce que bon te sembles
Parce que de toute façon je bois tout
Et si tu es un vrai ami
Et que tu ne veux pas me faire de peine
Chaque fois qu'il se vide
Remplit mon verre
Et à présent le ciel s'éclaircit
Et la bouche se fait amère
Et la tête me bat
Comme si c'était un tam-tam
On se voit ce soir
Si l'esprit s'éclaircit
Et si elle ne revient pas
Tant pis pour moi.


EL BANDIDO
(LE BANDIT)

Note des auteurs : Oscar Wilde disait qu'un homme n'était pas intéressant si l'on ne dit pas sur lui quelque chose de mal. Un certain nombre d'entre nous sont vraiment extrêmement intéressants si l'on considère toutes les saloperies qui ont été dites et qui se disent. Infréquentables, inacceptables, discutables. Si nos ennemis parlaient en bien de nous nous pourrions nous demander "où nous sommes nous trompés ?" Mieux vaut être bandit qu'homologué.

Que m'importe à présent de mourir
Je suis un fou dans la nuit
Avec un compte à régler
Des lumières et des sirènes
Je ne cherche pas la compagnie
Les bruits de la nuit
Le chant de la police
Et je te cherche
Je suis el bandido
Je suis el bandido
Qui dans la nuit noire
Fait peur, fait peur, fait peur
Me voilà, j'arrive
À notre rendez-vous
Je brûlerai durant une minute
Je serai Dieu l'espace d'un instant
Dans la nuit la peau brûle
Et le vent balaye au loin
Le chant de la police
Et c'est toi qui es
Avec el bandido
Qui dans la nuit noire
Fait peur, fait peur, fait peur.

 

EHI ! GARDIA
(EH ! LE GARDE)

Note des auteurs : Portrait ironique de tous les prétentieux en uniforme (et ils sont une infinité !) : vigiles, policiers, concierges, contrôleurs, gardiens de musées, mais également gardiens de la pureté idéologique, extrémistes en paroles, policiers de la pensée et moralistes. Et caïds et petits mafieux en général, même sans uniforme. Le flic est une catégorie de l'esprit !

Garde, garde
En quoi ça te regarde
En quoi ça te regarde, le garde ?
Garde, garde
En quoi ça te regarde
En quoi ça te regarde, le garde ?
Tu te pavanes dans ta tenue bleue
Petit Rambo de la ville
Entre toi et un voyou de banlieue
Peux-tu me dire quelle différence il y a ?
La différence, c'est moi qui te l'ai dit
Tu préfères faire l'argousin
Parce que tu n'as pas le courage de voler

Oh-Eh-Oh-Eh-Ah
Garde, garde
Oh-Eh-Oh-Eh-Ah
Esclave du système
Oh-Eh-Oh-Eh-Ah
Garde, garde
Oh-Eh-Oh-Eh-Ah
Prends garde à tes couilles !

Autrefois, faire le garde et faire l'espion
Était un bon symptôme d'ignominie
À présent à force de faire des films
Ils t'ont même rendu la dignité
Et désormais tu peux opprimer autant que tu le veux
Tu es un respectable citadin
Les gens tolèrent tes crimes
Peu importe si tu es un assassin

Oh-Eh-Oh-Eh-Ah
Garde, garde
Oh-Eh-Oh-Eh-Ah
Esclave du système
Oh-Eh-Oh-Eh-Ah
Garde, garde
Oh-Eh-Oh-Eh-Ah
Prends garde à tes couilles !

 

BOMBER NERO
(BOMBER NOIR)

Note des auteurs : A la fin des années 80, un génial chroniqueur de La Repubblica inventa le mot de "naziskin" et déforma la réalité italienne en entraînant ses collègues dans l'un des délires collectifs les plus fantasmagoriques qui ait jamais touché une catégorie sociale non analphabète. De ce monde de papier et d'encre naquît la plus liberticide des lois de la République de l'après-guerre civile, dite Loi Mancino.

Ce n'est pas le gouvernement
Ce n'est pas la Démocratie chrétienne
Qui ont réduit l'Italie dans cet état
Ce n'est pas la Mafia, ce n'est pas la Loge P2
Ni la P3, ni la P4
Ce qui a véritablement détruit l'Italie
C'est ce garçonnet avec le bomber noir
Avec le crâne rasé
Avec le bras tendu
Et qui crie Sieg Heil, Sieg Heil, Sieg Heil, Sieg Heil

Et ce n'est pas Pippo (1)
Ce n'est pas Carra (2)
Qui nous ont crétinisé à ce point
Et ce n'est pas non plus la publicité
Qui nous a rempli le crâne de bla-bla
Ce qui a détruit la culture italienne
C'est encore ce fils de pute
Qui aime Hitler et Mussolini
Qui dévore les petits enfants
Et qui crie Sieg Heil, Sieg Heil, Sieg Heil, Sieg Heil

Ce n'est pas le SISMI (3)
Le SISDE (4) ou la CIA
Ni cet Etat policier
Qui a sali de sang chaque rue
En 50 ans de Démocratie
Le seul véritable assassin
C'est ce garçonnet avec le bomber noir
Avec le crâne rasé
Avec le bras tendu
Et qui crie Sieg Heil, Sieg Heil, Sieg Heil, Sieg Heil

Mais le ciel est de plus en plus bleu !

(1) Pippo : présentateur vedette italienne, équivalent de Drucker
(2) Raffaele Carra : présentatrice vedette italienne
(3) SISMI : Services secrets militaires
(4) SISDE : Services secrets civils

 

270BIS

Note des auteurs : C'est notre hymne. Tout ce que nous voudrions dire à ceux qui, de façon professionnelle, décident de la vie des autres en fonction de leurs propres intérêts et (trop souvent) des intérêts de plus puissants qu'eux.

Excuse-moi, Monsieur le magistrat
Juste une question avant d'être enfermé
Quel que soit notre délit
C'est un droit qu'on ne peut refuser
Une seule question
Monsieur le magistrat :
Aujourd'hui qui te paye
Hier qui t'a payé ?

Pour chacune de tes signatures sur le mandat d'arrêt
Il y une autre signature
Sur un chèque versé
Sur un compte en Suisse
Ou en Amérique du Sud
Avec un chiffre astronomique

Si la personne recherchée est un pauvre type
Tu te fais payer par l'avocat
Si la personne recherchée est un haut magistrat
Alors là, tu ne la touches jamais

Et l'on peut faire ce que bon nous semble
Voler, frapper, arrêter et subvertir
Détruire et puis reconstruire le pouvoir
Sans jamais payer
Quoi que l'on fasse

Excuse-moi, Monsieur le magistrat
Juste une question avant d'être enfermé
Quelque soit notre délit
C'est un droit qu'on ne peut refuser
Une seule question
Monsieur le magistrat :
Aujourd'hui qui te paye
Hier qui t'a payé ?

Entrevue Discographie Paroles

270 bis Amici del Vento Aurora Compagnia Dell Anello  Delenda Carthago Hobbit Indole Intolleranza Londinium SPQR Massimo Morsello Non Nobis Domine Skoll Sotto Fascia Semplice Zeta Zero Alfa Lorien Perimetro

France

Québec

Suède

Slovénie

Espagne

Italie

Allemagne